Débats. COP28 : sortir des énergies fossiles ou capter les émissions de CO2 ?

Pour la première fois depuis la COP21, un bilan mondial de l’action climatique doit être présenté, négocié et adopté à la COP28 de Dubaï. Quel est le chemin parcouru depuis les accords de Paris en 2015 ? L’UE milite pour une sortie progressive du pétrole, du gaz et du charbon. Les pays pétroliers aimeraient continuer à produire en développant le captage et le stockage du carbone qu’ils émettent. Un accord sur une sortie progressive des énergies fossiles est-il possible ?

L’un des sujets cruciaux de la COP28 est la sortie des énergies fossiles, qui seront plus que jamais au cœur des négociations entre les pays participants.

Pétrole, gaz, charbon : ces énergies fossiles sont responsables du réchauffement climatique et représentent toujours 82% de la production énergétique mondiale. Selon un rapport de l’ONU, cette importante production va encore augmenter. « Le rapport prévoit que la production de charbon va continuer à augmenter jusqu’en 2030 au moins, et la production de pétrole et gaz va continuer jusqu’en 2050. C’est beaucoup trop tard », déclare François Gemenne, politologue spécialiste de l’adaptation au réchauffement climatique.

Le sujet est incontournable pour espérer réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES), mais une grande partie de la communauté internationale hésite à s’en emparer face à la complexité des enjeux économiques et géopolitiques qu’il soulève. Pourtant, sans sortie programmée du pétrole, du gaz et du charbon, qui ont constitué les carburants de la croissance de l’humanité depuis le milieu du XIXe siècle, il est acquis que l’accord de Paris sur le climat restera lettre morte.

La consommation de la production des puits et des mines en exploitation ou en projet représente trois fois et demie notre « budget carbone », c’est-à-dire le volume d’émissions de GES que la planète peut s’autoriser pour ne pas dépasser un réchauffement de 1,5 °C, le seuil fixé dans le cadre de l’accord de Paris il y a huit ans. Or, même si le rythme de ces rejets a ralenti, leur quantité continue à augmenter. Quand bien même les promesses formulées lors des précédentes COP seraient tenues, la courbe des émissions sera tout juste inversée en 2030, et l’ampleur du réchauffement tutoiera les 3 °C à la fin du siècle.

L’équation peut être prise dans tous les sens, si la communauté internationale ne s’accorde pas sur un sursaut spectaculaire et programmé pour réduire la consommation d’énergies fossiles, le cycle infernal du réchauffement n’est pas près de s’arrêter.

Rôle crucial

Dans ce contexte, organiser la COP28 aux Emirats arabes unis, septième plus gros producteur de pétrole du monde, constitue un gigantesque paradoxe. Le président de la conférence, Ahmed Al-Jaber, est également PDG du groupe Abu Dhabi National Oil Company, qui prévoit d’accroître considérablement sa capacité de production pétrolière dans les prochaines années.

Ce paradoxe doit être mis à profit pour enfin mettre sur la table le principe d’une sortie des énergies fossiles. Car même si l’Organisation des Nations unies, l’Agence internationale de l’énergie et les organisations de protection de l’environnement mettent en exergue depuis des années le rôle crucial joué par le pétrole, le gaz et le charbon dans le changement climatique, le sujet est resté tabou lors des précédentes COP.

Même l’emblématique accord de Paris n’y fait pas référence de manière explicite, préférant parler de réduction des émissions de GES et d’objectif de limitation des températures, sans faire de lien direct avec la consommation des énergies fossiles.

Certains pays dépendent encore des énergies fossiles

La France veut mettre fin à l’énergie la plus polluante, le charbon, et convaincre les participants de la COP28 d’abandonner le financement de nouvelles centrales. Le chef de l’État défendra aussi le triplement des capacités d’énergies renouvelables d’ici à 2030. En attendant, certains pays sont encore très dépendants aux énergies fossiles. « Si nous ne donnons pas le signal de la phase terminale de l’énergie fossile telle que nous la connaissons, nous préparons notre déclin terminal », a alerté Simon Stiel, secrétaire exécutif de l’ONU sur le changement climatique. Les 197 pays participants ont jusqu’au 12 décembre pour faire le bilan des actions et trouver ensemble des solutions au réchauffement climatique.

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