Italie : HRW réclame de meilleures conditions de vie pour les travailleurs étrangers des bidonvilles

L’ONG Human Rights Watch a appelé mardi les autorités italiennes à trouver des solutions pour les 10 000 migrants qui travaillent dans les champs agricoles du pays. Ces étrangers vivent dans des conditions déplorables dans des campements informels, sans accès à l’eau ou à l’électricité.

Ils vivent dans des fermes, des baraques, des tentes ou des caravanes. Environ 10 000 migrants sont contraints de dormir en Italie dans des bidonvilles construits avec des morceaux de tôle ou des bâches.

Dans un communiqué publié mardi 4 avril, Human Rights Watch (HRW) a demandé aux autorités italiennes de trouver des solutions pour améliorer les conditions de vie de ces travailleurs étrangers, employés dans le secteur agricole.

« Dans la plupart des campements informels où ils vivent, les migrants n’ont pas accès à l’eau courante, à des toilettes, au gaz, au chauffage ou à l’électricité », rappelle l’ONG.

Des migrants « payés à des salaires scandaleusement bas »

Un rapport publié en juillet 2022 révélait qu’environ 150 camps de ce type étaient disséminés dans tout le pays. Le phénomène touche principalement le sud de l’Italie mais concerne l’ensemble du territoire national.

Ces exilés, dont la majorité est sans-papiers, « sont contraints de travailler de longues heures » dans les champs du pays « dans des conditions épuisantes, payés à des salaires scandaleusement bas », signale encore HRW.

De plus, ils se retrouvent à la merci des caporali, des Africains installés depuis des années en Italie qui possèdent des fourgonnettes où ils entassent les travailleurs. Ils sont les intermédiaires entre les migrants et les propriétaires des exploitations agricoles. Un système qui favorise l’esclavage moderne.

Le gérant du domaine « paye au capo 7 ou 8 euros par caisse [de 300 kg], et lui donne seulement la moitié. Je dois aussi payer 5 euros au capo pour le voyage quotidien jusqu’au champ. C’est l’arnaque », avait raconté aux Observateurs de France 24 un travailleur malien, qui récoltait des tomates en échange de 3,50 euros par caisse.

Des nouveaux logements « inefficaces et contre-productifs »

Pour tenter de répondre au problème, maintes fois dénoncé par des ONG, les autorités locales ont construit, avec des fonds de l’Union européenne, des camps d’habitations temporaires connus sous le nom de « foresterie ». Ils consistent en une forêt de conteneurs en préfabriqués où s’entassent quatre personnes dans chaque structure.

« Des centaines de travailleurs sont logés dans un espace restreint, généralement avec des toilettes et des installations de lavage insuffisantes », note le communiqué.

Ces nouvelles habitations, généralement construites à côté de campements informels, sont en réalité devenues une extension des bidonvilles, déplore HRW.

« Ces dispositifs d’urgence sont inefficaces et contre-productifs. Ils ne font rien pour remédier à la ségrégation systématique des travailleurs migrants et aux violations quotidiennes de leurs droits fondamentaux, ni pour faciliter leur intégration sociale », insiste l’ONG. Elle demande à Rome de construire des « logements dignes et indépendants », qui permettraient de « favoriser leur inclusion et leur intégration sociales ».

Depuis 2016, au moins 14 personnes sont mortes dans ces bidonvilles en raison des conditions insalubres. Le dernier décès date de mi-janvier, dans la région des Pouilles. Un couple de migrants africains a péri dans l’incendie de sa cabane. Ils avaient allumé un feu pour se protéger du froid pendant leur sommeil.

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