Nouvelle-Calédonie : le Conseil d’Etat accorde un délai au gouvernement pour justifier le blocage de TikTok

Le Conseil d’Etat a accordé mardi vingt-quatre heures supplémentaires au gouvernement pour motiver l’interdiction de TikTok en Nouvelle-Calédonie, et apporter des preuves du rôle supposément joué par le réseau social dans les violences qui touchent l’archipel depuis huit jours.

L’instruction des recours en référé-liberté (procédure d’urgence) déposés vendredi par la Ligue des droits de l’homme (LDH), l’association La Quadrature du Net et plusieurs habitants de Nouvelle-Calédonie a ainsi été prolongée jusqu’à mercredi 12 heures.

Lors d’une audience mardi, la représentante du gouvernement, afin de justifier son blocage, avait mis en avant « la forte adéquation » du profil et de l’âge des émeutiers avec ceux des utilisateurs de la plate-forme. Ces derniers auraient utilisé l’application pour organiser leurs actions ainsi que pour « diffuser des vidéos violentes qui provoquent l’excitation de la population », a-t-elle poursuivi. Le gouvernement pourra verser au dossier des preuves de l’existence de ces vidéos, par exemple des captures d’écran.

Les requérants, eux, ont unanimement dénoncé « l’absence d’éléments concrets qui prouvent le lien présumé entre l’utilisation de TikTok et les violences », notamment des extraits de tels contenus issus du réseau social. Les associations de défense des libertés ont également fustigé une mesure attentatoire aux libertés d’information et d’expression.

« Tous les jeunes s’informent sur TikTok, c’est comme cela qu’ils ont accès à la presse nationale et internationale », a avancé l’avocate Nathalie Tehio, nouvelle présidente de la LDH et originaire de Nouvelle-Calédonie. Elles ont également pointé l’absence de fondement légal solide et le caractère disproportionné de cette décision.

Les forces de l’ordre ont procédé à 276 interpellations, a rapporté Gérald Darmanin

Depuis le début des émeutes, 84 policiers et gendarmes ont été blessés, a rapporté mardi Gérald Darmanin lors de la séance des questions au gouvernement des députés. Les forces de l’ordre ont procédé à 276 interpellations, dont 248 ont conduit à des gardes à vue, a précisé un peu plus tard le ministre de l’intérieur lors d’une audition à l’Assemblée nationale.

La stratégie de l’ultimatum d’Emmanuel Macron

C’est toujours la même méthode. Sur la Nouvelle-Calédonie comme sur d’autres sujets, Emmanuel Macron, pressé depuis quelques mois d’« avancer », a adopté un modus operandi qui lui est propre pour faire voter la modification du corps électoral, contestée par les indépendantistes : donner un temps de négociation aux loyalistes et aux indépendantistes ; leur fixer une date butoir pour conclure un accord, « avant la fin juin » ; en l’absence d’accord dans ce délai, se réapproprier le sujet pour trancher. « Passer en force », dénoncent de nombreux experts de la Nouvelle-Calédonie.

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