De rares images venues d’Iran racontent la répression de l’intérieur

De nouvelles manifestations massives se sont tenues ce week-end en Iran dans le cadre du mouvement de contestation contre le régime, qui persiste malgré la répression féroce. Dans ce contexte, l’émission Mise au Point a pu recueillir le témoignage rare d’un couple militant.

Le mouvement de protestation, porté principalement par les femmes et les jeunes, a commencé il y a tout juste un mois, quand la jeune kurde Massa Amini mourait trois jours après avoir été arrêtée par la police des moeurs, accusée de ne pas porter correctement le voile islamique. Il s’est désormais transformé en une contestation générale contre le régime conservateur et s’est structuré derrière le slogan « Les mollahs doivent déguerpir ».

Mais si la contestation bénéficie d’un large soutien de la part de la population dans le pays, elle n’en demeure pas moins extrêmement risquée. Des milliers de personnes ont déjà été arrêtées et plus de 200, selon les estimations, ont été tuées, dont de très jeunes manifestantes ou manifestants. Comme Nika, 16 ans, interpellée le 20 septembre et retrouvée par ses parents le 3 octobre dans une morgue. Ou encore Sarine, 15 ans, tuée le 23 septembre à Karaj, à l’ouest de Téhéran.

C’est dans ce contexte que l’émission Mise au Point de la RTS a pu recueillir le témoignage de deux personnes, Asal (prénom d’emprunt), une médecin de 28 ans, et son mari ingénieur, qui se sont filmés dans leur combat durant une semaine, malgré les risques encourus. Tant bien que mal, le couple témoigne de sa lutte, à visages cachés pour ne pas être arrêtés à leur tour.

« La raison pour laquelle nous avons accepté de faire ces vidéos, c’est parce qu’en Iran, aucun journaliste étranger n’a le droit de travailler. Et les journalistes iraniens sont tous au service du régime », explique Asal.

Un courage de chaque instant

Une tâche difficile, car la surveillance et les menaces sont partout. Caméras de surveillance, policiers, indicateurs et espions du régime: la République islamique, au pouvoir depuis 43 ans, veille consciencieusement à ce qu’aucune information ne filtre hors du pays. « Nous n’avons malheureusement pas pu filmer tout ce qu’on aurait voulu. Nous devons rester très prudents », poursuit la jeune Iranienne.

Asal fait partie des plus ferventes militantes, de celles qui résistent désormais au quotidien. Les jours où il n’y a pas de manifestations, elle sort se promener sans porter le voile, dans un acte de désobéissance civile. Un acte de résistance qu’elle ose même en plein supermarché, sous le regard médusé des autres clients.

Et leur lutte ne faiblit pas, portée par une grande colère enfouie depuis longtemps dans la société. « Tout le monde savait que cette colère cachée avait le potentiel d’exploser », explique encore Asal. « Ce qui se passe maintenant, ce n’est pas juste une protestation, c’est le début d’une révolution. Une révolution pour renverser la dictature religieuse! »

World Opinions – RTS info

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