
L’Union européenne a annoncé des sanctions contre les colons israéliens particulièrement violents envers les Palestiniens en Cisjordanie occupée. Leurs avoirs seront gelés et ils seront interdits d’entrée sur le territoire européen. D’autres sanctions pourraient suivre et inquiètent en Israël.
Après des mois de blocage et un veto hongrois levé à la suite d’un changement de majorité dans le pays, l’Union européenne est finalement parvenue à s’entendre sur un accord pour sanctionner certains colons israéliens particulièrement extrémistes en Cisjordanie, où les violences coloniales se poursuivent (voir le reportage en encadré).
« Il était grand temps de sortir de l’impasse et de passer à l’action », a commenté la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas à l’issue de la réunion des ministres des Affaires étrangères lundi. Elle a annoncé que sept personnes coupables de violences, ainsi que leurs organisations, sont d’ores et déjà concernées.
Des sanctions contre des responsables du Hamas font également partie de cet accord politique. Douze responsables sont concernés. Une décision formelle des Vingt-Sept doit encore être prise pour que les sanctions entrent officiellement en vigueur. Leurs avoirs seront gelés et ils seront interdits d’entrée sur le territoire européen.
Nervosité côté israélien
Côté israélien, cette décision a rapidement été fustigée. Le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar a dénoncé une « comparaison moralement déformée », en référence à l’annonce simultanée de sanctions contre des responsables du Hamas. « Israël a soutenu, soutient et continuera de soutenir le droit des Juifs à s’installer au cœur de notre patrie », a-t-il réagi sur X.
Dans la même veine, Benjamin Netanyahu a fustigé une « faillite morale », tandis que son ministre de la Sécurité Itamar Ben Gvir, lui-même colon et coutumier des déclarations outrancières, a rebaptisé l’UE en « Union antisémite ».
Mais la virulence des réactions trahit une véritable inquiétude en Israël. Dans la presse, des diplomates décrivent en coulisses « une lutte acharnée, jusqu’à la dernière minute » pour éviter des sanctions élargies qui toucheraient les échanges économiques entre Israël et l’Union européenne, qui reste le premier partenaire commercial d’Israël.
Vers un élargissement des sanctions?
S’ils ont pour l’heure obtenu gain de cause, leur répit s’annonce de courte durée. De nombreux Etats-membres de l’UE, comme l’Espagne, souhaitent en effet aller plus loin en prononçant une restriction, voire une interdiction totale des échanges commerciaux avec les colonies illégales.
« La politique étrangère de tout pays, y compris de l’Union européenne, repose sur la crédibilité », a rappelé le chef de la diplomatie espagnole Jose-Manuel Albares. D’autres pays comme la France et la Suède réclament de leur côté des mesures pour limiter voire interdire totalement les exportations de produits en provenance des colonies israéliennes. Mais Kaja Kallas a reconnu lundi que cette proposition n’était toujours pas sur la table des Vingt-Sept.
Des discussions avec la Commission européenne vont se tenir afin de soumettre au plus vite des propositions en ce sens, a toutefois confirmé la cheffe de la diplomatie de l’UE. La Commission a proposé de suspendre le volet commercial de l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël, pour non-respect des droits humains par la partie israélienne. Mais là encore, faute de majorité au sein des 27, cette proposition n’a toujours pas été adoptée.
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