France. La présence de l’extrême droite au second tour de la présidentielle n’est pas inéluctable

Tribune. Aucun des deux prédécesseurs de l’actuel président de la République n’a réussi à faire un second mandat alors que la Constitution les y autorisait. Il pourrait bien en être de même pour lui.

L’inversion du calendrier des deux élections majeures, celle du président et celle de l’Assemblée nationale, décidée en 2000 pour éviter les « cohabitations » a, en renforçant le caractère monarchique du pouvoir, de facto conduit l’exécutif à devenir rapidement minoritaire dans l’opinion, avec comme conséquence la difficulté extrême pour le président sortant d’être réélu. Il est néanmoins très vraisemblable qu’Emmanuel Macron souhaite se représenter.

Dans ces conditions, il semble aujourd’hui acquis, d’après les sondages d’opinion, mais aussi de l’avis de la plupart des commentateurs politiques, que les deux adversaires du second tour seront les mêmes qu’en 2017 et qu’environ la moitié de ceux de nos compatriotes qui ne s’abstiendront pas voteront en faveur de Marine Le Pen. Il n’est donc pas exclu, compte tenu des risques d’abstention, qu’elle soit élue.

Cette situation est-elle irréversible ? Elle est moins bloquée qu’il n’y paraît. Si les élections législatives précédaient l’élection présidentielle, la recomposition politique de l’Assemblée ne manquerait pas d’offrir de nouvelles possibilités d’alliances.

Dissoudre l’Assemblée nationale

Le Rassemblement national aurait sûrement plus d’élus qu’actuellement mais son score serait loin d’atteindre la moitié des suffrages des électeurs. Les cartes seraient dès lors profondément modifiées en ce qui concerne l’élection présidentielle consécutive.

Or il est très simple de réinverser le calendrier électoral. Cela ne demande aucune modification constitutionnelle ou législative. Il suffit que le président de la République informe les Français de sa décision de dissoudre l’Assemblée nationale avant la fin de son mandat, juste à temps pour que les élections législatives aient lieu avant les présidentielles. Plus tôt il ferait cette annonce, plus fort serait son impact.

Par Philippe Lazar – Le Monde

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