Y aura-t-il un effet domino après l’affaire Google Analytics ?

Dans sa Carte blanche, Nozha Boujemaa s’interroge sur les conséquences en chaîne que pourrait avoir la mise au ban en Europe du service de mesure d’audience du géant américain.

L’autorité autrichienne de la protection des données a déclaré indésirable, voire illégal, l’usage de Google Analytics au regard du règlement européen sur la protection des données (RGPD), le 13 janvier. Cette décision a fait trembler le monde des services numériques et a provoqué une vague de stupéfaction chez les industriels dans l’espace européen. Google Analytics est très largement déployé sur des dizaines de millions de sites Web, soit plus de 80 % du marché mondial. Cette décision peut avoir des conséquences économiques potentiellement désastreuses.

L’autorité autrichienne a été suivie par son homologue néerlandaise. En France, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) a été saisie par l’association InterHop pour une demande de positionnement sur l’utilisation de Google Analytics par les entreprises dans le secteur de l’e-santé. Si cette position se confirme, Google Analytics pourrait bien être banni en Europe.

De quoi s’agit-il ? Google Analytics est un service gratuit développé par Google pour l’analyse d’audience d’un site Web – comme le nombre de visiteurs uniques, le nombre de pages vues, la durée moyenne des visites, etc. Ces données permettent de comprendre et d’optimiser les usages du Web.

L’enjeu des données personnelles

Ce qui pose problème, c’est le transfert des données personnelles des Européens aux Etats-Unis depuis que la Cour de justice de l’Union européenne (UE) a invalidé, le 16 juillet 2020, l’accord dit « Privacy Shield » (« bouclier de protection des données »), à l’initiative du militant autrichien de la vie privée Maximilian Schrems. Le Privacy Shield, un accord UE-EU conclu en 2016, autorisait les entreprises européennes à transférer des données personnelles aux Etats-Unis. Le juge européen a estimé que les programmes de surveillance américains ne sont pas compatibles avec les principes du RGPD. La Cour a affirmé que « les citoyens européens n’ont pas de recours effectifs aux Etats-Unis » leur permettant de maîtriser pleinement l’accès et l’usage de leurs données personnelles.

Dans le cas de Google Analytics, les mesures d’audience captent les adresses IP ainsi que des données dans les cookies qui permettent l’identification des personnes visitant un site et sont de ce fait considérés comme des données personnelles les rendant sujettes à la RGPD.

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