« J’ai été blessé à Kharkiv, maintenant, j’essaye d’aller à Lviv » : la fuite d’étudiants étrangers en Ukraine

Le jour de l’attaque de l’Ukraine par la Russie, des étrangers vivant dans le pays ont contacté InfoMigrants. Comme la population ukrainienne, ils craignent pour leur vie. Parmi eux, Zhiar, étudiant en médecine originaire du Kurdistan, a été blessé dans un bombardement à Kharkiv, dans l’est de l’Ukraine. En proie à la panique, il essaie désormais de monter dans un train direction l’ouest. Témoignages.

La Russie a lancé une attaque armée sur l’Ukraine, jeudi 24 février, à l’aube. Des bombardements ont notamment touché les villes de Kharkiv, Marioupol, Odessa et Kiev. Dès jeudi matin, des milliers d’Ukrainiens ont commencé à prendre la route pour se rendre dans l’ouest et vers les pays frontaliers de l’Ukraine.

InfoMigrants a recueilli les témoignages d’étrangers installés en Ukraine. Comme la population locale, ils subissent de plein fouet cette attaque et cherchent à quitter le pays. C’est le cas de Zhiar. Ce jeune Kurde de 17 ans, étudiant en médecine, a été blessé, jeudi matin. Paniqué, il a raconté à InfoMigrants le début de sa fuite.

« J’ai été blessé tôt ce matin. J’étais dans mon appartement à Kharkiv [dans l’est de l’Ukraine, ndlr] où je vis avec ma sœur et mon cousin. J’ai entendu du bruit dehors alors je suis sorti sur le balcon voir ce qu’il se passait et j’ai été blessé à la jambe par un bombardement.

« On nous a dit que le prochain train partirait dans trois ou quatre jours »

Ma jambe est cassée. C’est très douloureux mais je n’ai pas pu être soigné à l’hôpital car il était déjà bondé. Je ne peux pas vraiment marcher donc ma sœur et mon cousin m’aident. Nous avons pris un taxi pour Kiev. Nous voulons aller à Lviv [dans l’ouest de l’Ukraine, ndlr] mais il n’y a plus de train. On nous a dit que le prochain partirait dans trois ou quatre jours. En quittant notre appartement, nous avons pris quelques vêtements, rien de plus. »

InfoMigrants a aussi pu échanger, jeudi, avec Izi. Ce Congolais vit depuis quatre ans en Ukraine, où il étudie le management. Izi vit à Jytomyr, à environ 140 kilomètres de Kiev, mais il se trouvait dans la capitale, jeudi matin, lors des premiers bombardements. Il cherche, lui aussi, à se réfugier dans l’ouest puis, si possible, à quitter l’Ukraine.

« J’ai entendu les bombardements au loin. Après, tout le monde, les étrangers comme les Ukrainiens, est sorti de chez soi avec des valises. La situation est mouvementée.

Je vais aller prendre des affaires chez moi à Jytomyr. Je vais prendre un petit sac avec des habits, mon diplôme, mon ordinateur portable. Puis je vais partir vers Lviv avec des personnes que j’ai rencontrées aujourd’hui : des Camerounais, des Congolais, des Maliens, des Nigériens… On s’est rencontré à la gare de Kiev. Mais finalement il n’y avait pas de train donc je suis rentré à Jytomyr en taxi.

« On va voir jusqu’où on peut aller »

On a décidé de se retrouver à Jytomyr et de traverser la frontière avec la Pologne. Personne n’est en sécurité ici. On va partir à sept en voiture. On va se diriger vers la Pologne et on va voir jusqu’où on peut aller en Europe de l’ouest.

Je vis en Ukraine depuis quatre ans. Je devais quitter la République démocratique du Congo (RDC) parce que j’étais menacé par l’ancien président. J’ai voulu venir faire mes études ici parce que je voulais venir en Europe et l’Ukraine, c’était moins cher. Je n’imaginais pas qu’il y ait une guerre ici. C’est stressant d’être loin de la famille, loin de tout dans cette situation. »

World Opinions – Info Migrants

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