Google va exclure les cliniques pratiquant l’avortement de l’historique de géolocalisation

Cette annonce survient alors que les entreprises du numérique sont sommées de protéger les données personnelles, à l’aune de la décision de la Cour suprême des Etats-Unis de revenir sur l’arrêt Roe vs Wade.

Alors que de nombreux Etats devraient prochainement, aux Etats-Unis, interdire ou fortement restreindre l’accès à l’avortement après la décision prise par la Cour suprême du pays de revenir sur l’arrêt Roe vs Wade, Google a annoncé, vendredi 1er juillet, des mesures pour protéger certaines données des autorités.

Dans un communiqué, l’entreprise a annoncé qu’elle arrêterait de sauvegarder, dans l’historique de géolocalisation de ses utilisateurs, les visites dans des cliniques pratiquant l’avortement, mais aussi dans de nombreux lieux sensibles, comme les foyers pour victimes de violences conjugales, les cliniques de fertilité ou les centres de traitement des addictions. « Si nos systèmes détectent que quelqu’un a visité un de ces lieux, nous supprimerons ces entrées de l’historique de localisation peu après », explique Google dans un communiqué, ajoutant que cette nouvelle règle « prendra effet dans les prochaines semaines ». La firme ne précise pas, en revanche, si cette décision ne concerne que ses utilisateurs américains ou si elle a vocation à être appliquée à l’échelle mondiale.

Des données sensibles

Cette annonce survient alors que Google, comme de nombreux géants américains de la tech, est sommé depuis plusieurs semaines de prendre des mesures pour empêcher que les données de ses utilisateurs et utilisatrices puissent être utilisées par les autorités pour réprimer l’avortement.

Les données de géolocalisation, par exemple, pourraient être demandées par la justice pour déterminer si une personne s’est rendue dans une clinique pratiquant l’avortement. Elles pourraient également servir si les Etats qui s’apprêtent à interdire ou restreindre l’avortement cherchent également à punir le fait de se rendre dans un Etat voisin pour interrompre une grossesse. En mars, anticipant la future décision de la Cour suprême, des élus démocrates avaient demandé à Google de limiter la collecte de données de géolocalisation pour protéger ses utilisateurs.

L’incertitude continue, par ailleurs, de planer quant à la position qu’adoptera l’entreprise californienne lorsque, dans le cadre d’enquêtes judiciaires, les autorités d’Etats interdisant l’avortement lui demanderont des informations relatives à ses utilisateurs. « Nous continuerons de nous opposer aux requêtes [des autorités] qui sont trop larges ou légalement discutables », a assuré Google, et « nous prévenons les gens lorsque nous nous plions à des requêtes étatiques, sauf lorsque cela nous est interdit ou lorsque des vies sont en jeu. »

Dans un récent entretien accordé au Monde dans la foulée de la décision de la Cour suprême, l’experte Eva Galperin, directrice de la cybersécurité de l’Electronic Frontier Foundation, une organisation à l’avant-garde sur la protection de la vie privée, avait appelé les géants de la tech à revoir leur façon de collecter et stocker les données personnelles de leurs utilisateurs.

World Opinions – Le Monde

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