Cinéma. « En roue libre », une réjouissante comédie en huis-clos avec Marina Foïs.. Vidéo

Incapable de sortir de sa voiture, une infirmière fatiguée par la vie se retrouve embarquée dans un périple automobile avec, à ses côtés, un jeune voleur en colère. « En roue libre », réalisé par Didier Barcelo, est une jolie comédie aux accents dramatiques qui touche au huis-clos thérapeutique.

Il y a des jours comme ça où l’on aurait mieux fait de rester couché. C’est ce que va apprendre à ses dépens Louise (Marina Foïs), infirmière lessivée dont la vie semble au point mort. Alors que la voix de Sacha Distel chante les paroles de « La belle vie » (« sans amours, sans soucis, sans problèmes… »), la quadragénaire se précipite en bas de son immeuble face à une contractuelle en train de lui coller un PV. Contrainte de déplacer son véhicule, elle se retrouve soudainement coincée dans sa vieille Volvo moutarde, prise d’angoisse, figée par la panique.

Louise roule alors, roule, roule encore, incapable de quitter son automobile que finit par voler Paul (Benjamin Voisin), un jeune homme déterminé à venger la mort de son frère. Le duo improbable s’engage dans un périple en direction du Cap Ferret, embarquant quelques passagers éphémères et excentriques.

>> A voir: la bande-annonce du film

Un road movie sans esbrouffe

Vétéran de la pub, Didier Barcelo signe, avec « En roue libre » son premier long métrage à l’âge de 60 ans. Une entreprise tardive dont la mise en scène sobre, simple, resserrée, est délestée de toute esbrouffe. La première réussite du film tient dans sa diversité de tonalités, le récit passant de la comédie loufoque au road movie existentiel, jusqu’à toucher au huis-clos thérapeutique puisque, on s’en doute, les raisons qui empêchent Louise de quitter sa voiture relèvent de la psychanalyse.

Le film navigue ainsi avec une relative aisance entre drôlerie et révélations intimes plus dramatiques, creusant au fur et à mesure de son trajet les aspérités de ses deux personnages écorchés par leur passé.

Pour que cela fonctionne, encore fallait-il, et c’est la seconde réussite de « En roue libre », un couple de comédiennes et de comédiens au diapason. On savait Marina Foïs virtuose dans l’art d’enchaîner, voire de cumuler le rire et les larmes, le comique et le tragique. Elle est ici idéale en femme parvenue à un point de rupture radical. Face à elle, Benjamin Voisin, révélé et confirmé dans « Eté 85 » de François Ozon et « Illusions perdues » de Xavier Giannoli, prouve toute l’étendue de son talent avec un rôle très différent de ceux de ses précédents films.

Marina Foïs et Benjamin Voisin dans le film "En roue libre" de Didier Barcelo. [Julien Panie - Memento Distribution]Marina Foïs et Benjamin Voisin dans le film « En roue libre » de Didier Barcelo. [Julien Panie – Memento Distribution]

Un voyage intérieur et extérieur

Si l’on peut regretter que « En roue libre » s’appuie un peu trop sur son seul duo guidé par une forme de résilience un poil téléphoné et qu’il relègue ses péripéties et ses personnages secondaires à des présences anecdotiques (ce vieil homme un rien zinzin, cette autostoppeuse électrosensible qui ne supporte pas les ondes des portables et des talkies-walkies ou ce psy obligé d’entamer une consultation dans l’habitacle de la Volvo), on a bien du mal à ne pas se laisser embarquer par ce voyage intérieur et extérieur, dont la délicatesse et la douce fantaisie pardonnent ses facilités.

Par Rafael Wolf/aq / RTS Culture

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