BNP Paribas mise en examen pour blanchiment d’argent du Gabon

La banque française BNP Paribas est soupçonnée d’avoir blanchi des dizaines de millions d’euros d’argent public provenant du Gabon. La justice française l’a mise en examen dans le cadre de l’enquête dite des « biens mal acquis ».

BNP Paribas a été mise en examen le 11 mai pour « blanchiment de corruption et de détournement de fonds publics », a appris cette semaine l’AFP d’une source proche du dossier et d’une source judiciaire. L’affaire concerne le luxueux patrimoine immobilier acheté en France à partir des années 1990 par la famille du défunt président gabonais Omar Bongo, décédé en 2009.

Cette inculpation de la première banque française a été prononcée par un juge d’instruction du pôle financier du tribunal de Paris chargé de l’enquête dite des « biens mal acquis », qui porte également et notamment sur le patrimoine de la famille de Denis Sassou Nguesso, président du Congo.

A partir de 1990, la famille Bongo a acheté 12 biens immobiliers entre Paris et Nice, pour un montant total de 32 millions d’euros. Afin de payer ces achats, des espèces ont transité entre le compte gabonais et le compte français de la société française Atelier 74. Celle-ci était chargée de dénicher et de rénover des biens immobiliers pour la famille du président gabonais.

« Rôle prépondérant » de BNP Paribas

Quelque 52 millions d’euros ont ainsi circulé entre 1997 et 2009, selon le rapport d’enquête. Ce fonctionnement atypique et les sommes en jeu auraient dû alerter la banque, mais aucun signalement n’a été réalisé – même après l’émission d’un chèque de 19 millions d’euros.

Les enquêteurs en concluent que BNP Paribas aurait « joué un rôle prépondérant » dans le système de blanchiment mis en place par la famille Bongo.

Treize personnes mises en examen

Aucun membre de la famille Bongo n’est inquiété à ce jour dans le cadre de cette information judiciaire ouverte en 2010 après une plainte de Transparency International.

Mais au moins treize personnes sont mises en examen, dont cinq membres de la famille Nguesso, l’ancien avocat d’Omar Bongo, et des intermédiaires français.

World Opinions – RTS info

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