En Argentine, le “super-El Niño” empêche l’accès aux chutes du parc d’Iguaçu

L’Argentine se prépare à un “super-El Niño”, un phénomène climatique qui s’annonce particulièrement violent cette année. L’un des premiers effets mesurables et très impressionnant : l’augmentation drastique du débit du fleuve Iguaçu, qui rend dangereuse une partie du parc national des chutes qui portent son nom, les plus vastes et larges du monde, l’un des sites touristiques les plus côtés d’Argentine.

Les chutes d’Iguaçu sont l’un des joyaux naturels et touristiques de l’Argentine. Situées à la frontière avec le Brésil, elles sont composées de 275 chutes qui frappent le basalte au milieu d’une jungle tropicale classée parc national sur 67 000 hectares. Elles sont considérées comme les plus larges au monde – les chutes Victoria sont les plus hautes, et celles du Niagara ont le plus fort débit – et reçoivent chaque année 1,5 million de touristes du côté argentin.

Le clou du spectacle est sans doute la “Gorge du diable”, la chute la plus haute avec ses 80 mètres. Mais aujourd’hui, les touristes qui arrivent sur place voient son accès fermé. “D’ailleurs, les passerelles de la principale attraction des chutes ne sont même plus là, constate le quotidien Clarín. Le 3 août, on a commencé à les démonter, un travail qui a pris quarante jours. Il ne reste plus que les piliers de ciment sur le lit de la rivière.” Elles ont été retirées par crainte de les voir emportées par le courant.

Décision préventive

Cette décision a été prise pour préserver la sécurité des visiteurs après une série d’avertissements émis par les organismes brésiliens qui étudient l’activité hydrologique de la région. Clarín décrit “une crue considérable du fleuve Iguaçu”. “Le débit avait atteint les 6 580 m3 par seconde, dépassant le maximum permis en matière de sécurité.” À titre de comparaison, le débit moyen n’est que de 1 500 m3 par seconde, soit quatre fois moins.

La faute en revient à El Niño, un phénomène climatique qui, en réchauffant particulièrement les eaux de l’océan Pacifique équatorial, provoque une altération atmosphérique qui se manifeste par d’intenses précipitations. Cette année, il s’annonce particulièrement violent, “le plus puissant de ces quarante dernières années, qui durera au moins jusqu’à février 2027”, affirme TVP, la télévision publique argentine. “On prévoit des pluies bien plus intenses que de coutume, qui dépassent la capacité d’absorption des sols”, explique à ce média Matilde Rusticucci, chercheuse et professeure en sciences de l’atmosphère.

Pas un épisode isolé

Le phénomène a déjà commencé, dans le Nord-Est argentin et dans le sud du Brésil, dont les pluies alimentent le fleuve Iguaçu, lesquelles ne cessent d’augmenter durant ce printemps austral marqué par ce super-El Niño. “Cette première crue [de juillet] n’est pas un épisode isolé, raconte le quotidien La Gaceta. Le 2 septembre, le débit a atteint 8 370 m3 par seconde, cinq fois la moyenne historique. La situation a continué durant les jours suivants et le 12 septembre, on a enregistré un autre pic extraordinaire : 10 100 m3 par seconde.”

Le parc national d’Iguaçu n’a pas annoncé quand il rouvrira l’accès à la Gorge du diable. Récemment, il a été élu deuxième plus beau parc national du monde par la prestigieuse revue internationale spécialisée dans le tourisme Condé Nast Traveler, derrière Lençóis Maranhense, au Brésil, et devant Yellowstone, aux États-Unis.

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