Le conflit en Iran accélère les ventes de voitures électriques

L’actualité géopolitique, avec les prix du carburant qui continuent d’augmenter, favorise-t-elle la transition vers l’électrique ? Oui, estime l’économiste Flavien Neuvy, alors que le Mondial de l’Auto ouvre ses portes ce lundi à Paris.

« Il y aura bien un avant et un après guerre en Iran », affirme dans La Matinale Flavien Neuvy, directeur de l’Observatoire Cetelem, qui analyse les tendances de consommation, notamment dans l’automobile. L’observatoire a publié récemment une étude internationale sur le secteur, montrant que le prix est le facteur déterminant dans le choix d’une voiture.

« On a gagné à peu près deux ans à deux ans et demi dans la transition vers l’électrique », estime l’économiste, s’appuyant sur la trajectoire des ventes de véhicules 100% électriques. Selon lui, sans le conflit en Iran, « le niveau de vente électrique que nous avons actuellement tous les mois, nous l’aurions eu plutôt fin 2028 ou même début 2029. Donc oui, c’est une accélération ».

Modèles plus petits et moins chers

Flavien Fleuvy note que l’accélération des ventes « s’accompagne aussi d’une accélération des constructeurs qui proposent de nombreux nouveaux modèles et en particulier des modèles plus petits (…) et donc des modèles moins chers et plus accessibles pour les ménages ».

Le Salon de l’auto marque ainsi l’avènement de l’électrique, dans un contexte chahuté par un pétrole poussé à la hausse par les conflits au Moyen-Orient et en Ukraine. Le week-end dernier, les événements se sont bousculés, avec des attaques sur l’aéroport de Ryad et l’annonce par Donald Trump d’un cessez-le-feu « énergétique » entre Kiev et Moscou.

L’électrique a-t-elle (enfin) trouvé sa clientèle?

Selon l’économiste, « celles et ceux qui achètent un véhicule électrique en sont très contents globalement. Et on le voit dans le renouvellement des véhicules, ceux qui ont déjà une voiture électrique restent en électrique. Ça veut dire qu’il n’y a pas de déception à l’usage ».

Flavien Fleuvy estime aussi que les freins à l’achat (disponibilité des bornes de recharge et autonomie) « sont en train de s’estomper au fil du temps ». Il note également que l’écart de prix avec les modèles thermiques se réduit de plus en plus, notamment grâce aux modèles plus petits.

Alléger les normes de sécurité pour les citadines?

Les constructeurs européens font toujours face une forte concurrence des modèles chinois, moins chers. A ce titre, Flavien Fleuvy plaide pour alléger les normes de sécurité pour les citadines (les petites voitures conçues pour une utilisation en ville).

Il appelle à une évolution de la réglementation européenne, afin que les constructeurs européens puissent alléger les équipements électroniques embarqués à bord des voitures en ville. « On ne peut pas demander à une petite citadine qui va rouler exclusivement en ville d’avoir autant d’équipements de sécurité passive qu’une grosse berline qui va rouler tout le temps sur autoroute », selon lui.

Flavien Fleuvy précise que les constructeurs devront toutefois « en vendre beaucoup », car « l’industrie automobile reste quand même une industrie de masse, de volume ».

Cyril Okoi, an electric vehicle owner, charges his electric vehicle at his home in Lagos, Nigeria, August 6, 2026. REUTERS/Sodiq Adelakun

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