Aux Etats-Unis, Donald Trump se met au centre de la bataille des élections de mi-mandat

Alors que le coût de la vie a fortement augmenté aux Etats-Unis, de nombreux Américains en font porter la responsabilité à Donald Trump. Son parti tente de remobiliser les électeurs avec le lancement mercredi de sa campagne pour les élections de mi-mandat à l’occasion d’une convention nationale exceptionnelle.

« On ne peut plus faire les courses, on ne peut plus mettre d’essence… Tout est devenu tellement cher! C’est simple, je sors du magasin avec un seul sac et j’en ai pour près de 60 dollars… C’est énorme! Et j’ai presque rien dedans…! Ça fait mal au cœur parce qu’on nous avait promis tellement et au final, on n’a rien », dénonce Amanda Jones à Dallas, après avoir fait des courses censées couvrir la moitié de la semaine.

Au Texas, les prix alimentaires ont augmenté de près de 4% et l’essence de près de 20% en un an. Une évolution à rebours des promesses de Donald Trump lors de la campagne présidentielle de 2024. « Pendant sa campagne contre Kamala Harris, il répétait que tout serait moins cher dès son arrivée au pouvoir. Mais rien n’a baissé. 

John Ellis, plombier, attribue lui aussi une partie de ces hausses aux choix de Donald Trump. « On s’est lancé dans une guerre qui a fait grimper le prix des transports, du diesel, et évidemment, ça se répercute sur l’alimentation », dit-il. Il confie perdre des clients à cause de la hausse des prix des matériaux qu’il répercute sur ses tarifs. « Les prix augmentent sans arrêt! »

Dans ses discours, Donald Trump relativise, voire balaie ces inquiétudes. Il assure que l’économie va bien et présente les critiques sur le coût de la vie comme un argument politique des démocrates.

« Plus Trump parle, plus les gens s’en détournent »

Mais cette communication inquiète jusque dans les rangs républicains, notamment chez les élus engagés dans les circonscriptions les plus disputées. Selon Politico, 45 élus et candidats républicains sur plus de 70 interrogés ont indiqué qu’ils ne se rendraient pas à la convention nationale républicaine exceptionnelle organisée par Donald Trump à Dallas les 9 et 10 septembre.

 Il faut remobiliser ces millions d’électeurs. Il a ce charisme particulier. Les gens adorent ses rassemblements et j’espère que ce sera contagieuxBill Maroney, électeur de Donald Trump

Jeremy Sutka, président des démocrates de Collin County, bastion conservateur historique au nord de Dallas qui pourrait basculer en novembre, est confiant. « Plus Trump parle, plus les gens s’en détournent, indique-t-il. Il n’a aucun contrôle, il ne pense qu’à lui. Ça ne nous dérange pas que les Républicains passent du temps là-bas plutôt que de faire du porte-à-porte pour comprendre les vrais problèmes du terrain. Ça nous aide d’une certaine façon, mais quoi qu’il arrive, on va rester mobilisés… »

« Les gens ont besoin de voir leur président »

Au Texas, la course au Sénat est devenue extrêmement serrée. Les démocrates espèrent ravir aux Républicains l’un des deux sièges de l’Etat, ce qui serait une première au Sénat depuis 1988. Les alliés de Trump investissent désormais des millions de dollars dans la campagne.

Bill Maroney, un électeur, insiste sur l’importance de la mobilisation du président: « Donald Trump doit intervenir! Les gens ont besoin de voir leur président, celui pour qui on a tous voté… Il faut remobiliser ces millions d’électeurs. Il a ce charisme particulier. Les gens adorent ses rassemblements et j’espère que ce sera contagieux, que ceux qui y vont transmettront cette énergie par effet multiplicateur. Il faut pousser les gens à se mobiliser une dernière fois pour ses deux dernières années. C’est donc capital qu’il s’implique. »

C’est précisément l’objectif de cette convention nationale, une première pour des élections de mi-mandat. Donald Trump veut mobiliser son électorat même si son nom ne figure pas sur les bulletins.

John Ellis y voit un aveu de faiblesse. « Je ne crois pas qu’un président ait déjà participé à une convention de mi-mandat de ce genre auparavant. L’argent dépensé et le nombre de personnes qui se déplacent ici, au Texas, montrent bien leur désespoir. Ils savent que s’ils perdent le Texas, ils seront en mauvaise posture. »

Transformer Donald Trump en moteur d’une élection à laquelle il ne participe pas, sans qu’il n’en devienne le boulet: le pari est risqué pour un président qui affiche l’un des plus faibles taux de popularité de sa carrière.

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