
C’est la plus haute biennale d’art du monde. Et pour cause, elle se situe à 3 500 mètres d’altitude, dans la région indienne de Ladakh, au cœur de l’Himalaya. La première édition, qui se tient jusqu’au 10 août, explore l’écologie et l’adaptation à l’environnement, à travers des œuvres qui s’inscrivent dans ce paysage unique.
C’est au milieu d’un décor époustouflant qu’a pris place la biennale d’art la plus haute du monde. Au sommet des montagnes himalayennes, dans la région indienne de Ladakh, plus précisément. La Biennale du Laddakh, dont la première édition est en cours jusqu’au 10 août, a réuni 20 artistes à plus de 3 500 mètres d’altitude.
“Cette biennale, unique au monde, a transformé un parcours de plus de 200 kilomètres reliant les villes de Leh à Kargil en une promenade artistique à ciel ouvert. Elle unit art moderne, traditions et conscience environnementale dans un cadre exceptionnel”, présente The Times of India, un quotidien de Bombay.
Monter un tel événement dans cette région du nord de l’Inde reste un défi. Car le Ladakh a été le théâtre ces dernières années de mouvements de protestations réclamant plus d’autonomie – depuis qu’en 2019 le gouvernement de Narendra Modi a aboli l’autonomie du Cachemire, en a détaché le Ladakh et l’a placé sous sa tutelle. Le territoire est aussi menacé par le changement climatique et par les tensions géopolitiques avec la Chine et le Pakistan.
Mais les coorganisateurs tenaient à relever ce défi, tant la Biennale du Laddakh se distingue, selon eux, à rebours de tant de biennales bondées et lucratives de par le monde. Ici, “rien n’est à vendre et nous voulons que les gens prennent leur temps”, affirme Raki Nikahetiya au quotidien britannique Financial Times. L’artiste sri-lankaise explique dans quelles conditions elle a cofondé ce qu’elle voudrait être une “anti-biennale” avec Tenzin Jamyang, un guide de montagne local, et un décorateur d’intérieur indien, Tenzin Jamyang.
Biodégradable et local
Sous le titre “Signals from another star”, douze artistes du Ladakh et huit étrangers ont été invités à explorer des thèmes écologiques et sociaux, dans des œuvres réalisées à partir de matériaux locaux et biodégradables. Ce thème “met en valeur le caractère unique et la diversité des sols et de l’environnement du Ladakh aux yeux du monde entier”, note The Indian Express.
Menacée par la fonte des neiges, cette région de monastères abrite aussi de nombreux savoir-faire artisanaux, que les artistes ont convoqués pour préparer cette édition pensée comme un champ de signaux ancré dans la mémoire de la région.
Ainsi l’Australien Shupiwe a travaillé en collaboration avec Rigzen, un céramiste du village de Likir, pour créer une installation vouée à se transformer lors de la Biennale, car l’argile de la région met quatre semaines à sécher, et non une comme la p‘’village invisible’, car il est caché dans une gorge”.
Tous repartent en ayant appris à s’adapter et à respecter l’environnement et ses changements. “L’hiver signifie qu’on ne peut pas utiliser de matériaux à base d’eau pendant cinq mois. Il faut donc adapter son calendrier aux saisons, et non l’inverse”, explique par exemple Chemat Dorjey. Le sculpteur originaire de la région a créé des œuvres monumentales en bronze et en métaux de récupération qui abordent les menaces qui pèsent sur la nature. Des menaces plus que jamais présentes.
Plus d’informations sur le site de la Biennale de Ladakh.




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