
Dans «Le Roi du Game», il est mi-elfe, mi-pas elfe, dans une équipe de joueurs pas très doués mais forts attachants, incarnées par Alexandra Lamy, Hafid Benamar et Marc Labrèche. Rencontre.
Eric Judor revient au cinéma ce mercredi 21 octobre avec une comédie déjantée où un commercial parisien se retrouve embarqué malgré lui dans un jeu de rôles grandeur nature (GN).
Est-ce que vous connaissiez le monde du GN avant ce film ?
Eric Judor: Non, pas sous cette forme-là. Mais quand j’étais lycéen, j’ai participé à des jeux de rôles avec des cartes, chez mes parents. Je me suis beaucoup amusé, mais sûrement un peu trop aux yeux du game master: je me suis fait virer, parce que j’avais tendance à en rajouter, à faire des plaisanteries et à me distancer du jeu.
Avant le tournage, vous êtes allé assister à un GN: comment ça s’est passé?
Oui, nous nous y sommes rendus avec Hafid et des membres de mon équipe. Nous avons été accompagnés par un game master et une équipe de joueurs. Comme dans le film, j’ai dû me costumer pour pouvoir y assister. Et j’ai découvert des gens très sérieux, très organisés, des passionnés qui s’étaient préparés pendant des mois: c’est très technique.
Dans le film, on rit beaucoup du décalage entre votre personnage et les participants du jeu, mais vous ne vous moquez jamais…
C’était très important pour moi de respecter ces gens qui sont, comme les Zadistes de mon précédent film «Problemos», un peu à la marge. D’ailleurs, dans les avant-premières, je demande toujours s’il y a des «GNistes» dans la salle. En général, ils sont très contents du film. Bien sûr, on prend quelques libertés, car c’est une comédie et pas un vrai GN, mais dans l’ensemble, ils s’y retrouvent.
Il y a une scène où vous combattez un dragon: ça nous a rappelé les séries japonaises des années 1980, comme «Bioman», où les héros se battaient contre des monstres en carton-pâte… c’est une référence volontaire ?
Ha ha ha, oui c’est tout à fait ça! Malgré tout, le costume est super, mais il n’est pas à l’échelle. C’est là que naît la comédie, c’est vraiment une question d’échelle. Lorsqu’on m’a envoyé le scénario, j’ai vite compris que ce sujet-là se prêtait totalement à la comédie. C’était très cinématographique.
En plus de votre perruque d’elfe, vous portez deux casquettes: acteur et réalisateur: vous êtes hyperactif ?
Non, c’est davantage une question de contrôle. D’expérience, il m’est arrivé d’écrire un scénario et le résultat ne ressemblait pas à ce que je voulais. En étant réalisateur et acteur, je peux promouvoir quelque chose qui me correspond.
Donc vous préférez conduire plutôt qu’être conduit ?
Tout dépend par qui! Par exemple, Quentin Dupieux m’a dirigé dans son prochain film, qui sortira bientôt: je lui fais une totale confiance et dans ce cas, ça me va très bien d’être conduit.
J’ai vu que pour les avant-premières, les spectateurs étaient invités à venir costumés au cinéma…
Oui, des fois ça marche et d’autre fois pas du tout. C’est un pari risqué, on n’est pas aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne: à Nantes ou Toulon – je ne me souviens plus- il n’y a qu’une personne qui avait joué le jeu! Et en Suisse, personne!

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