
Reçus au ministère de l’Éducation dans le cadre de la mobilisation lycéenne, les syndicats étudiants se félicitent de la reprise du dialogue, tout en regrettant que de nombreuses revendications restent sans réponse. Des appels à poursuivre le mouvement la semaine prochaine sont déjà lancés.
En France, la tension est montée d’un cran jeudi dans la mobilisation des lycéens, avec des proviseurs agressés, des incendies et près de 2000 interpellations. Le ministre de l’Education nationale Edouard Geffray rencontre vendredi les représentants des syndicats étudiants pour tenter de calmer la situation.
« On a une situation qui s’est dégradée parce qu’en fait le mouvement a changé de nature, parce qu’il a été pris en otage très clairement par des groupuscules violents », a déploré Edouard Geffray sur BFM TV.
A l’échelle nationale, plus de 400 lycées restaient fermés vendredi, selon le ministre de l’Education nationale, qui précise que 1207 lycées ont fait l’objet de perturbations depuis le début du mouvement.
Les syndicats étudiants, qui ont dénoncé la proposition du ministre de l’Education de lancer une plateforme de concertation pour recueillir les doléances lycéennes, qualifiée d' »écran de fumée », doivent rencontrer Edouard Geffray dans la journée.
« On est 35 par classe »
« On demande un recrutement massif d’enseignants. Sur la question du bâti, il faut un plan d’urgence », a déclaré sur France Inter Ryad Rani, président de l’Union syndicale lycéenne.
Depuis le début de la mobilisation le 21 septembre, rejointe jeudi par les étudiants, les lycéens réclament, entre autres, davantage de moyens, une meilleure organisation et une rénovation des bâtiments scolaires: « On est 35 par classe. L’été, on crève de chaud avec le changement climatique. Et l’hiver, on a à peine du chauffage.
Darmanin inquiet d’une flambée de violence
Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, s’est inquiété au micro de RTL de risques de violences urbaines dans les jours à venir, alors que les syndicats lycéens et étudiants ont appelé à une nouvelle journée de manifestation mardi 6 octobre. « On est passés de manifestations de lycéens à un désordre à l’ordre public. Quand on s’en prend à des bus, quand on brûle les lycées, ce n’est plus un problème de manifestation, donc je crains des violences urbaines », a-t-il déclaré.
Au total, 2000 interpellations ont été effectuées depuis le début du mouvement, concernant à 90% des personnes mineures, a rapporté Gérald Daramnin. Le garde des Sceaux a par ailleurs demandé aux procureurs généraux, qu’il a réunis jeudi en visioconférence, de requérir la responsabilité civile des parents de mineurs auteurs de violences.
Plus de 300 policiers et gendarmes ont été blessés jeudi, selon les autorités françaises. De son côté, Edouard Geffray a annoncé que 65 membres du personnel de l’Education nationale – dont 40 proviseurs – et 170 élèves ont été blessés depuis le début du mouvement.

World Opinion + Agences




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