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	<title>Archives des Stratégie - World Opinion | Alternative Média</title>
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	<description>Débats De Société, Questions, Opinions et Tribunes.. La Voix Des Sans-Voix &#124; Alternative Média</description>
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	<title>Archives des Stratégie - World Opinion | Alternative Média</title>
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		<title>Rapport. Sept personnes sur 10 sont protégées par au moins une mesure de lutte antitabac</title>
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		<dc:creator><![CDATA[worldOpinions]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 Jul 2023 18:45:11 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Seuls quatre pays - Brésil, Turquie, Maurice et Pays-Bas - ont adopté l'ensemble des mesures antitabac préconisées par l'OMS. L'organisation basée à Genève salue malgré tout les progrès réalisés dans le monde au cours des 15 dernières années.</p>
<p>L’article <a href="https://worldopinions.net/rapport-sept-personnes-sur-10-sont-protegees-par-au-moins-une-mesure-de-lutte-antitabac/9119/">Rapport. Sept personnes sur 10 sont protégées par au moins une mesure de lutte antitabac</a> est apparu en premier sur <a href="https://worldopinions.net">World Opinion | Alternative Média</a>.</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="800" height="600" src="https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/07/00.jpg" alt="" class="wp-image-9120" srcset="https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/07/00.jpg 800w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/07/00-300x225.jpg 300w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/07/00-768x576.jpg 768w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/07/00-24x18.jpg 24w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/07/00-36x27.jpg 36w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/07/00-48x36.jpg 48w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:17px"><strong>Un nouveau<a href="https://www.who.int/fr/news/item/31-07-2023-seven-out-of-10-people-protected-by-at-least-one-tobacco-control-measure" target="_blank" rel="noreferrer noopener"> rapport de l’Organisation mondiale de la Santé</a> (OMS) souligne que 5,6 milliards de personnes, soit 71% de la population mondiale, sont désormais protégées par au moins une politique de bonnes pratiques visant à sauver des vies du tabagisme mortel, soit cinq fois plus qu’en 2007.&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Seuls quatre pays &#8211; Brésil, Turquie, Maurice et Pays-Bas &#8211; ont adopté l&rsquo;ensemble des mesures antitabac préconisées par l&rsquo;<a href="https://www.who.int/fr/news/item/31-07-2023-seven-out-of-10-people-protected-by-at-least-one-tobacco-control-measure" target="_blank" rel="noreferrer noopener">OMS</a>. L&rsquo;organisation basée à Genève salue malgré tout les progrès réalisés dans le monde au cours des 15 dernières années.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 15 ans, le taux mondial de tabagisme est descendu de 22,8% en 2007 à 17,0% en 2021.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Lentement mais sûrement, de plus en plus de personnes sont protégées contre les méfaits du tabac », a déclaré son directeur Tedros Adhanom Ghebreyesus dans un communiqué.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Réduire la demande de tabac</h3>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;OMS a mis en place en 2008 son programme MPOWER &#8211; un ensemble de mesures pour aider les pays à réduire la demande de tabac &#8211; autour de six politiques: protéger la population contre la fumée du tabac, augmenter les taxes, surveiller la consommation, offrir une aide à ceux qui veulent arrêter, mettre en garde contre les dangers et faire respecter l&rsquo;interdiction de publicité en faveur du tabac.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;OMS estime que sans les mesures prises depuis par les pays, il y aurait 300 millions de fumeurs en plus dans le monde aujourd&rsquo;hui. « Ce ne sont pas que des chiffres. Ces mesures ont littéralement changé nos vies », a relevé le directeur du département de la Promotion de la santé à l&rsquo;OMS, le Dr Ruediger Krech, en conférence de presse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, 2,3 milliards de personnes dans 44 pays ne sont toujours protégées par aucune des mesures recommandées par l&rsquo;OMS, et 53 pays n&rsquo;ont toujours pas imposé d&rsquo;interdiction totale de fumer dans les établissements de santé.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Nombreux décès</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque année, quelque 8,7 millions de personnes décèdent dans le monde de maladies liées au tabac, dont 1,3 million sont victimes du tabagisme passif. Mais seuls le Brésil, la Turquie, Maurice et les Pays-Bas sont arrivés au niveau des meilleures pratiques en ce qui concerne la lutte antitabac, selon l&rsquo;OMS, qui dénonce les pressions exercées par cette industrie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Pour huit pays, il ne manque qu&rsquo;une politique du programme MPOWER pour qu&rsquo;ils rejoignent les chefs de file de la lutte antitabac: l&rsquo;Espagne, l&rsquo;Ethiopie, l&rsquo;Iran, l&rsquo;Irlande, la Jordanie, Madagascar, le Mexique et la Nouvelle-Zélande », a indiqué le Dr Krech.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« L&rsquo;industrie du tabac est une industrie puissante et pleine de ressources qui, aujourd&rsquo;hui encore, continue de croître en termes de profits et d&rsquo;influence. Mais nous pouvons riposter », a-t-il assuré.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Besoin de discussions avec l&rsquo;industrie du tabac</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Lors de la conférence de presse, le ministre de la Santé mauricien Kailesh Jagutpal a expliqué la nécessité pour les pays de discuter avec l&rsquo;industrie du tabac avant la mise en oeuvre de nouvelles réglementations, en fixant par exemple des délais pour que les sociétés aient le temps de s&rsquo;adapter. « Sinon, l&rsquo;industrie est prête à développer toutes les tactiques pour vous combattre », a-t-il mis en garde.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon l&rsquo;OMS, près de 40% des pays prévoient désormais des lieux publics clos totalement non-fumeurs. Certains pays vont même plus loin, s&rsquo;est félicité le Dr Krech: 25 pays, dont l&rsquo;Australie, ont ainsi rendu illégal le fait de fumer dans une voiture transportant des enfants.</p>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph"><strong>Six stratégies de lutte antitabac</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce dispositif, les environnements sans tabac aident les gens à respirer de l’air pur, protègent le public du tabagisme passif mortel, motivent les gens à arrêter de fumer, dénormalisent le tabagisme et aident à empêcher les jeunes de commencer à fumer ou à utiliser des e-cigarettes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Bien que les taux de tabagisme soient en baisse, le tabac reste la principale cause de décès évitable dans le monde, en grande partie grâce aux campagnes de marketing incessantes de l’industrie du tabac », a fait valoir Michael R. Bloomberg, ambassadeur mondial de l’OMS pour les maladies non transmissibles et fondateur de Bloomberg Philanthropies.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis 2006 et le lancement du premier rapport MPOWER, l’OMS mise sur six stratégies de lutte antitabac, notamment en encourageant les gouvernements à augmenter les taxes sur le tabac et à faire respecter les interdictions relatives à la publicité et à la promotion du tabac.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il s’agit ainsi de surveiller le tabagisme et les politiques de prévention, mais aussi de protéger les personnes de la fumée du tabac. L’OMS entend également miser sur une campagne antitabac, en avertissant les gens des dangers du tabac tout en proposant de l’aide pour arrêter de fumer.</p>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph"><em><strong>World Opinions + <a href="https://www.who.int/fr/news/item/31-07-2023-seven-out-of-10-people-protected-by-at-least-one-tobacco-control-measure" target="_blank" rel="noreferrer noopener">OMS</a></strong></em></p>
<p>L’article <a href="https://worldopinions.net/rapport-sept-personnes-sur-10-sont-protegees-par-au-moins-une-mesure-de-lutte-antitabac/9119/">Rapport. Sept personnes sur 10 sont protégées par au moins une mesure de lutte antitabac</a> est apparu en premier sur <a href="https://worldopinions.net">World Opinion | Alternative Média</a>.</p>
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		<title>Afrique : quelle stratégie économique pour demain ?</title>
		<link>https://worldopinions.net/afrique-quelle-strategie-economique-pour-demain/8916/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[worldOpinions]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 20 Jun 2023 17:01:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ÉCONOMIE | Débats Éco Affaires Économiques]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>De nombreux pays africains sont désormais aux prises avec une inflation en hausse sur les prix de l'énergie et l'alimentaire, en plus des exigences de service de la dette, qui sont de plus en plus difficiles à tenir. « Structurellement, rien n'a changé, excepté la montée des taux d'intérêt, s'agace Romuald Wadagni, ministre de l'Économie et des Finances du Bénin. </p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="700" height="520" src="https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/06/9599182.jpg" alt="" class="wp-image-8917" srcset="https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/06/9599182.jpg 700w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/06/9599182-300x223.jpg 300w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/06/9599182-24x18.jpg 24w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/06/9599182-36x27.jpg 36w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/06/9599182-48x36.jpg 48w" sizes="(max-width: 700px) 100vw, 700px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:17px"><strong>ANALYSE. Au milieu du gué, comment l’Afrique conçoit-elle les solutions aux défis qui se présentent à elle ? Éléments de réponse avec le think thank économique <a href="http://anewroad.fr/pacte-de-responsabilite/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">A New Road</a>.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Trois ans après l&rsquo;apparition du Covid-19 et l&rsquo;annonce de différentes initiatives de la communauté internationale en faveur des économies africaines, qu&rsquo;en est-il concrètement sur le terrain ? Un petit rappel s&rsquo;impose pour comprendre les enjeux en cours. Avant 2020, neuf des dix économies à la croissance la plus rapide se trouvaient en Afrique. Mais une grande partie de ces gains a été anéantie par la pandémie et la crise économique qui a suivi dans son sillage. </p>



<p class="wp-block-paragraph">De nombreux pays africains sont désormais aux prises avec une inflation en hausse sur les prix de l&rsquo;énergie et l&rsquo;alimentaire, en plus des exigences de service de la dette, qui sont de plus en plus difficiles à tenir. « Structurellement, rien n&rsquo;a changé, excepté la montée des taux d&rsquo;intérêt, s&rsquo;agace Romuald Wadagni, ministre de l&rsquo;Économie et des Finances du Bénin. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons un problème structurel de financement de nos économies, insiste le ministre d&rsquo;État, en raison de la perception du risque, qui est décorrélée de la réalité, poursuit-il. « Des États comme le Bénin et d&rsquo;autres n&rsquo;ont pas connu de défaut de paiement depuis 20-30 ans, mais les différents classements sur le risque de certaines des plus importantes institutions internationales les catégorisent comme hyperrisqués ! lance-t-il, à quelques minutes de prendre part au conseil des ministres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout est parti de la Réserve fédérale américaine, lorsqu&rsquo;elle a décidé de relever les taux d&rsquo;intérêt à un rythme effréné, s&rsquo;attaquant à l&rsquo;inflation, qui montait en flèche en raison de la hausse mondiale des prix du carburant et des denrées alimentaires après l&rsquo;invasion russe de l&rsquo;Ukraine. Un véritable casse-tête pour les banques centrales du monde entier et particulièrement en Afrique. De nombreux pays ont, alors, institué des subventions sur le carburant ou l&rsquo;alimentation pour aider à réduire l&rsquo;impact, mais cela a plutôt eu pour effet d&rsquo;augmenter les déficits budgétaires, entraînant une hausse des niveaux d&rsquo;endettement à un moment où justement le financement de cette dette est soudain devenu beaucoup plus coûteux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme si la situation n&rsquo;était pas assez difficile, la plupart des pays africains comptent encore sur la dette libellée en dollars américains pour aider à financer leurs économies.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les enjeux actuels du financement des économies africaines</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Plus qu&rsquo;un sujet qui fait s&rsquo;étrangler le ministre béninois, la question du financement constitue un véritable nœud gordien pour tous les gouvernements d&rsquo;Afrique. La situation est très complexe, car si les économies africaines ont fait preuve de résilience suite au choc de la pandémie, elles font, depuis, face à de nombreuses difficultés externes et internes, soulignent les derniers rapports sur l&rsquo;économie africaine de la Banque africaine de développement et de l&rsquo;Agence française de développement (AFD). Dans « L&rsquo;économie africaine en 2023 », les experts de l&rsquo;AFD mettent en avant la résilience des économies les plus diversifiées (Bénin, Sénégal, Côte d&rsquo;Ivoire), qui ont retrouvé en 2022 leur niveau d&rsquo;avant-crise, mais pointent « les besoins urgents de diversification de ces économies pour contrecarrer l&rsquo;évolution démographique et les nombreux autres défis, notamment climatiques ». </p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à ces enjeux bien identifiés, la capacité des gouvernements à agir est pour partie obérée par deux éléments : l&rsquo;endettement, qui n&rsquo;a fait que grimper ces dernières années, et des conditions financières internationales nettement resserrées. « Depuis l&rsquo;an dernier, avec la montée en cascade des taux d&rsquo;intérêt, que ce soit la Fed, la BCE et même certaines banques centrales locales, l&rsquo;accès au financement au niveau international devient compliqué et coûte cher à nos pays », analyse Romuald Wadagni, ancien Associé chez Deloitte. « Ces grandes problématiques sur lesquelles nous travaillions, avant que la cascade de crises – Covid-19 et guerre en Ukraine – ne se déclenche, sont toujours d&rsquo;actualité, résume le ministre béninois. De son avis, tout cela est dû au fait que le décalage de l&rsquo;appréciation du risque africain par rapport à la réalité existe toujours, ajoute-t-il.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;environnement des affaires reste difficile sur le continent</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le doute concernant le risque africain a ressurgi dans les années 2015-2016, soit à un moment où&nbsp;la croissance continentale repassait sous la barre des 2&nbsp;%, notamment sous l&rsquo;effet conjugué de la baisse du cours des matières premières&nbsp;et de la menace terroriste grandissante&nbsp;dans plusieurs États, notamment au Sahel. L&rsquo;approche problématique de la gouvernance dans un certain nombre de pays a également servi dans l&rsquo;argumentaire des investisseurs frileux et de certaines institutions. «&nbsp;Encore aujourd&rsquo;hui, lorsque les investisseurs veulent&nbsp;prêter&nbsp;à un État africain, ils ont du mal à le faire, sur du&nbsp;long terme, parce qu&rsquo;ils ont du mal à se projeter et lorsqu&rsquo;ils sautent le pas, c&rsquo;est bien souvent à des taux plus élevés que la moyenne, parce qu&rsquo;ils se disent que le risque de défaut est trop élevé en Afrique&nbsp;», constate, amer, Romuald Wadagni, dont le pays avait réussi en&nbsp;2021&nbsp;à émettre des eurobonds sur une durée de trente ans.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et c&rsquo;est là qu&rsquo;intervient&nbsp;le think thank A New Road on African Debt, dévolu aux questions des dettes africaines et aux financements des économies du continent, et&nbsp;qui réunit des décideurs, des institutions, des banques, de nombreux opérateurs privés, mais aussi des experts financiers et juridiques. Lancé, en pleine pandémie, à Abidjan, en Côte d&rsquo;Ivoire,&nbsp;<a href="http://anewroad.fr/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">ses membres publient, ces jours-ci, un «&nbsp;pacte de responsabilité&nbsp;»</a>*, destiné aussi bien aux dirigeants africains qu&rsquo;aux responsables des institutions financières internationales, ou encore au secteur privé. Soit&nbsp;un&nbsp;premier texte&nbsp;sous forme de charte&nbsp;qui rassemble&nbsp;des pistes de&nbsp;réflexion&nbsp;et surtout de solutions, pensées depuis le continent et d&rsquo;autres parties du monde, sur la trajectoire économique de l&rsquo;Afrique dans le concert des nations. «&nbsp;L&rsquo;avenir de notre monde se joue en Afrique. Son développement, le développement de ses économies et l&rsquo;amélioration de la qualité de vie de ses populations doivent demeurer une préoccupation partagée et prioritaire malgré les crises géopolitiques, sécuritaires et sanitaires actuelles&nbsp;», peut-on lire dans le préambule mis en ligne récemment.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le deux poids, deux mesures réservé à l&rsquo;Afrique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce think thank économique appelle à un sursaut collectif afin de provoquer un changement de paradigme dans la prise en compte des urgences économiques africaines. Il s&rsquo;adresse également aux dirigeants africains, et les invite à faire de la singularité de la situation économique mondiale actuelle un tournant pour réinventer leurs modèles de développement, en partant de leurs réalités. « Nous sommes entrés dans un monde de multicrises. Il ne s&rsquo;agit plus uniquement du Covid-19 ni de la guerre en Ukraine, avance Anne-Laure Kiechel, présidente fondatrice de Global Sovereign Advisory (GSA), malheureusement, nous serons confrontés à d&rsquo;autres crises, c&rsquo;est inévitable. » Elle poursuit : « Les pays africains n&rsquo;ont pas la marge fiscale nécessaire pour pouvoir faire face à ce genre de chocs, ni les mêmes outils pour y répondre comme l&rsquo;Occident l&rsquo;a fait », analyse-t-elle, dans une allusion à peine voilée à la politique du carnet de chèques redevenue la norme parmi les pays développés, deux ans après les plans d&rsquo;aide massifs liés aux confinements, et malgré des dettes publiques historiquement élevées. « De toutes les manières, n&rsquo;ayant pas les mêmes armes, il faut, quelque part, leur permettre d&rsquo;avoir de l&rsquo;impact immédiat à grande échelle, dit-elle. Quelques soient les actions engagées, au final l&rsquo;objectif est toujours de mobiliser des financements ».</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des promesses et si peu de résultats</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, de nombreuses promesses ont été faites aux États africains dans le contexte de la pandémie de Covid-19, que ce soit l&rsquo;initiative de suspension du service de la dette, qui avait été présentée comme une avancée majeure, ou le « cadre commun » pour la restructuration de la dette des pays pauvres et mis en place par le G20 pour faciliter les négociations en réunissant des pays créanciers comme la Chine et les membres du Club de Paris, ou encore l&rsquo;émission des droits de tirages spéciaux du Fonds monétaire international. Mais au bout du compte, force est de constater que ces initiatives, pour plusieurs raisons, n&rsquo;ont pas eu les effets escomptés. Déjà, en décembre 2021, la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, a déclaré que le cadre commun du G20 « doit être renforcé » pour répondre aux perspectives difficiles de la dette en 2022. « Il y a beaucoup d&rsquo;initiatives mais pas de changement », constate Nicolas Jean, cofondateur de A New Road, associé et membre du comité exécutif du cabinet Gide Loyrette Nouel.</p>



<p class="wp-block-paragraph"> « Notre pacte de responsabilité correspond plus à une charte, autour de laquelle nous aimerions rassembler un maximum d&rsquo;acteurs économiques du continent, y compris des représentants de la société civile, détaille-t-il au Point Afrique. Le but est de proposer des mesures concrètes pays par pays ou région par région, selon les cas ou les thématiques, poursuit-il. Concrètement, les signataires du texte pourront proposer des mesures de mise en œuvre bien précises sur la base des principes généraux, objectifs et engagements figurant dans le pacte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Nous sommes dans un monde dans lequel le fait d&rsquo;avoir des chocs – que ce soit des chocs sur les exportations, des chocs sur les importations, des chocs plus globaux – doit être pris en compte, soutient Anne-Laure Kiechel, ceci d&rsquo;autant que, de temps en temps, on oublie de le rappeler, même avant le Covid-19, l&rsquo;Afrique, qu&rsquo;on dit souvent trop endettée, en fait, est sous-financée y compris sur des financements qui ont été promis par les institutions internationales mais qui, pour plusieurs raisons, n&rsquo;arrivent pas à destination et ne seront pas effectivement déboursés », citant l&rsquo;exemple frappant des DTS. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Grâce à cet outil, la communauté internationale a pu réunir 650 milliards de dollars et, sur ce montant, à peu près 30 milliards sont allés aux pays à bas revenus dont 23 milliards pour l&rsquo;Afrique subsaharienne, en proportion du PIB de chaque pays et sans conditionnalités. Il a ensuite été question, lors d&rsquo;un Sommet sur le financement des économies africaines tenu à Paris en mai 2021, de réallouer une partie des DTS (100 milliards) des pays riches vers les économies en développement. Or, trois ans plus tard, seuls 73 milliards de dollars ont été promis. Des contraintes institutionnelles, et le manque de volonté politique sont pointés dans l&rsquo;échec probant de cette démarche. « Ce que l&rsquo;on observe, a contrario, c&rsquo;est un recul des décaissements des financements promis dus à la complexité des processus, souligne Anne-Laure Kiechel, ces instruments de financement ne sont pas aussi adaptés que ça aux besoins des pays. »</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des financements, oui, mais à impacts</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les pays surendettés n&rsquo;ont pas nécessairement un stock de dette élevé – ce qui compte, c&rsquo;est leur capacité à assurer le service de leur dette, qui est mise à l&rsquo;épreuve par les coûts actuels élevés de financement dans des conditions financières difficiles. « Ce dont nous nous sommes rendu compte, c&rsquo;est que les économies africaines n&rsquo;ont pas de problème à lever la dette, avance Roselyne Chambrier Chalobah, présidente directrice générale d&rsquo;Arise Côte d&rsquo;Ivoire, un groupe panafricain créé par le tycoon indien Gagan Gupta. Le problème, c&rsquo;est le coût, et aujourd&rsquo;hui, encore plus qu&rsquo;avant la pandémie, se pose la question de l&rsquo;impact de ces financements sur des secteurs clés tels que l&rsquo;éducation, la santé, sur les vrais problèmes immédiats que connaissent les pays africains », appuie la cofondatrice d&rsquo;A New Road. La situation devient de plus en plus urgente. D&rsquo;ici 2024, les pays africains devraient connaître des pics temporaires des coûts du service de la dette, également connus sous le nom de « murs de la dette ». « La balle est dans les deux camps, les pays africains doivent continuer à travailler pour avoir une meilleure gouvernance, pour rassurer les prêteurs et démontrer que le risque n&rsquo;est pas si élevé qu&rsquo;on le perçoit. Et de l&rsquo;autre côté, les marchés doivent revoir leurs canaux de collecte de données d&rsquo;appréciation des risques pays », martèle Romuald Wadagni.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le think thank, d&rsquo;autres approches, que les pays africains peuvent adopter pour restaurer la croissance de manière durable et à l&rsquo;abri des vents contraires de l&rsquo;économie mondiale, peuvent être explorées&nbsp;: «&nbsp;On ne regarde peut-être pas assez les stratégies d&rsquo;exportation ou les moyens de réduire la dette, parce qu&rsquo;il ne s&rsquo;agit pas seulement de réduire des dépenses, insiste Anne-Laure Kiechel. Il faut surtout que l&rsquo;exigence soit moins autour d&rsquo;une orthodoxie budgétaire et plus autour d&rsquo;un vrai travail sur les vulnérabilités et de la création de valeur et d&rsquo;exportation, soutient-elle. Cela veut dire que si vous prêtez beaucoup d&rsquo;argent à un pays, il doit travailler à gérer ses importations et ceci parce que certains pays sont pénalisés par ça. Ne pas permettre à ces pays de s&rsquo;endetter de temps en temps, c&rsquo;est aussi les condamner sur des choses plus fondamentales à long terme.&nbsp;», s&rsquo;impatiente-t-elle.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le pari de l&rsquo;industrialisation</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette question de la préparation de l&rsquo;avenir sur le continent est prise très au sérieux, car pour les plus optimistes, la production sur le continent contribuerait à atténuer certains des défis de la chaîne d&rsquo;approvisionnement mondiale. La Banque africaine de développement a récemment publié l&rsquo;Indice d&rsquo;industrialisation de l&rsquo;Afrique 2022, confirmant que les économies les plus industrialisées d&rsquo;Afrique sont celles qui ont produit le plus d&rsquo;efforts pour s&rsquo;éloigner de la dépendance économique vis-à-vis des industries extractives vers des secteurs à valeur ajoutée. « Les acteurs privés ont tout intérêt à prendre leurs responsabilités et accompagner les gouvernements dans les processus de transformation et d&rsquo;industrialisation en cours, avance Roselyne Chambrier Chalobah, ancienne directrice du développement du groupe Olam au Gabon, filiale du géant singapourien d&rsquo;agroalimentaire. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui est très encourageant et concret, c&rsquo;est que la plupart des gouvernements ont pris conscience de la multipolarisation des chaînes de valeur. Ils peuvent, désormais, dans le cadre de partenariats public-privé, s&rsquo;appuyer sur un secteur privé agile pour créer un cercle vertueux, et au bout, nous avons de la création d&#8217;emplois, il y a des effets d&rsquo;entraînement sur les PME et même les bailleurs de fonds regardent ces modèles où l&rsquo;État a un rôle de régulateur pour la transformation industrielle, souligne Roselyne Chambrier Chalobah. Évidemment, cela prendra du temps, peut-être des décennies, le temps que les filières soient compétitives. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les pays qui ont enregistré les plus grands progrès au cours de la dernière décennie sont le Sénégal, qui occupe la 7<sup>e</sup>&nbsp;place, l&rsquo;Éthiopie, qui s&rsquo;est hissée à la 2<sup>e</sup>&nbsp;place et aussi&nbsp;le Bénin, qui a bondi de&nbsp;14&nbsp;places à la 11<sup>e</sup>&nbsp;place<strong>,</strong>&nbsp;la Tanzanie et l&rsquo;Ouganda suivent de près. C&rsquo;est un changement de cap majeur pour ces États historiquement&nbsp;dépendants des exportations de matières premières avec une transformation locale minimale, voire inexistante. Ces secteurs ont fourni des devises, des recettes fiscales et des emplois, mais n&rsquo;ont pas permis à ces pays d&rsquo;obtenir des gains de productivité soutenus.</p>



<h2 class="wp-block-heading">C&rsquo;est le moment d&rsquo;y aller&nbsp;!</h2>



<p class="wp-block-paragraph">D&rsquo;autres pays africains ont déjà montré la voie, comme l&rsquo;Afrique du Sud, le Maroc, l&rsquo;Égypte ou encore Maurice, avec des politiques&nbsp;industrielles proactives et axées sur le marché, ce qui a été la clé des progrès qu&rsquo;ils ont réalisés en termes de PIB par habitant, de niveau de vie et de développement humain.&nbsp;«&nbsp;Même des personnes qui avaient une perception du risque assez élevée viennent ouvrir des usines localement, participent à la formation de ressources humaines, avec des centres de formation professionnelle qui sont dédiées aux métiers qu&rsquo;on retrouve dans les zones industrielles, insiste Roselyne Chambrier Chalobah.&nbsp;La dynamique est là afin que la valeur soit créée localement, sans que nos États n&rsquo;aient besoin de recourir à des endettements auprès des institutions qui pratiquent des taux très élevés.&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Sous prétexte que la perception du risque est extrêmement élevée en Afrique, les investisseurs arrivaient avec certains a priori, ils augmentaient tout, et attendaient des aides pour financer tout cela. Aujourd&rsquo;hui, les temps ont changé, veut croire Nicolas Jean. Les PME, qu&rsquo;elles soient françaises ou internationales, devraient considérer que l&rsquo;Afrique est un terrain d&rsquo;exploration économique privilégié, car, selon lui, les outils sont en train d&rsquo;être mis en place, les matières premières sont là-bas, la main-d&rsquo;œuvre aussi, grâce à la démographie. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut maintenant tout simplement continuer à marteler le message suivant : “l&rsquo;aventure africaine est structurée”, avec des partenariats public-privé, avec des entreprises locales qui ont aussi des compétences à apporter. Autre point important, ajoute Nicolas Jean, les partenariats privés Sud-Sud sont également une partie de la solution aux problèmes de financement des économies africaines. » Le continent vit donc un moment historique qui ne saurait être appréhendé uniquement sous le prisme des conflits géopolitiques et géoéconomiques mondiaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;Lorsque tu ne sais pas où tu vas, dit un proverbe africain, regarde d&rsquo;où tu viens.&nbsp;» C&rsquo;est la démarche dans laquelle se sont résolument inscrits les membres de A New Road, qui donne rendez-vous&nbsp;à Cotonou, au Bénin, pour poursuivre les débats.</p>



<p class="wp-block-paragraph">* Les membres signataires&nbsp;<a href="http://anewroad.fr/pacte-de-responsabilite/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">du « Pacte de responsabilité » est à retrouver sur le site d&rsquo;A New Road</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><a href="https://www.lepoint.fr/journalistes-du-point/viviane-forson"></a></em></p>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph"><strong><em>Par Viviane Forson &#8211; <a href="https://www.lepoint.fr/afrique/afrique-quelle-strategie-economique-pour-demain-08-03-2023-2511239_3826.php" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Le Point Afrique</a></em></strong></p>
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		<title>Débats. Au Sénégal, Ousmane Sonko contre Macky Sall ou la stratégie de la tension</title>
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		<pubDate>Fri, 24 Mar 2023 20:10:02 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La mise en scène est pour le moins inhabituelle. Sweat gris sur le dos, capuche sur la tête et perfusion au bras, Ousmane Sonko est assis sur un lit d’hôpital. Quatre jours après sa comparution houleuse devant la justice et son face-à-face avec les forces de l’ordre, jeudi 16 mars, l’accusé accuse. « Il ne s’agit ni plus ni moins d’une énième tentative d’assassinat…</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="664" height="443" src="https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/03/af72e46_1679413777176-000-33bf9ml.jpg" alt="" class="wp-image-8380" srcset="https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/03/af72e46_1679413777176-000-33bf9ml.jpg 664w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/03/af72e46_1679413777176-000-33bf9ml-300x200.jpg 300w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/03/af72e46_1679413777176-000-33bf9ml-24x16.jpg 24w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/03/af72e46_1679413777176-000-33bf9ml-36x24.jpg 36w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/03/af72e46_1679413777176-000-33bf9ml-48x32.jpg 48w" sizes="(max-width: 664px) 100vw, 664px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:17px">L’opposant sénégalais est apparu en vidéo depuis son lit d’hôpital après avoir été malmené par la police lors de son procès, jeudi 16 mars. A un an de la présidentielle, il promet au président sénégalais de répondre « œil pour œil, dent pour dent ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">La mise en scène est pour le moins inhabituelle. Sweat gris sur le dos, capuche sur la tête et perfusion au bras, Ousmane Sonko est assis sur un lit d’hôpital. Quatre jours après sa comparution houleuse devant la justice et son face-à-face avec les forces de l’ordre, jeudi 16&nbsp;mars, l’accusé accuse. <em>«&nbsp;Il ne s’agit ni plus ni moins d’une énième tentative d’assassinat… d’assassinat sinon d’attentat contre mon intégrité physique&nbsp;»</em>, dénonce-t-il dans une vidéo rendue publique tard dans la soirée lundi 20&nbsp;mars.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les policiers <em>« m’ont aspergé d’un liquide à bout portant. Un liquide extrêmement toxique qui produit des effets aussi bien respiratoires, des effets au niveau des yeux, des effets au niveau de la peau, des effets au niveau de l’appareil digestif. Ces produits, nous ne savons pas encore exactement de quoi il s’agit ».</em> Le principal opposant sénégalais est hospitalisé depuis la tumultueuse journée qui a entouré la reprise de son procès, jeudi. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ousmane Sonko est poursuivi pour diffamation par le ministre du tourisme sénégalais, Mame Mbaye Niang, qu’il accuse de détournements de fonds. L’affaire pourrait rendre inéligible celui qui est le plus sérieux candidat de l’opposition pour la présidentielle de 2024, alors que le chef de l’Etat, Macky Sall, laisse planer le doute sur sa volonté d’effectuer un troisième mandat.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Relayée en direct sur les réseaux sociaux par les militants du Pastef (Les Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité), le parti de Sonko, la journée du 16&nbsp;mars fut émaillée de heurts et de scènes de forte tension qui ont fait au moins trois morts. Parmi elles, celle où l’on voit l’opposant être sorti de force de son véhicule par un gendarme pour être conduit au tribunal a marqué les esprits. Elle rappelle celle survenue quelques semaines plus tôt&nbsp;: lors de la première comparution de Sonko, un agent avait brisé la vitre de son véhicule pour le ramener chez lui.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un martyr persécuté par le régime</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Au Sénégal, les régimes successifs ont maltraité leurs opposants. Entre 1988 et 2000, Abdoulaye Wade a subi plusieurs actes de violence du régime d’Abdou Diouf</em>, se souvient Seydi Gassama, directeur exécutif de la section d’Amnesty international au Sénégal. <em>Des membres de son parti ont été arrêtés, torturés par la police. Aujourd’hui, l’usage disproportionné de la force contre Ousmane Sonko démontre que le pays fait un bond de vingt ans en arrière.&nbsp;»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis la présidentielle de 2019, Ousmane Sonko, ancien inspecteur des impôts radié pour avoir dénoncé des faits de fraude, n’a pas cessé son ascension. Il est très populaire auprès des jeunes, urbains, diplômés, une population souvent sans perspective d’emploi. Pour ses partisans, ses démêlés judiciaires en ont fait un martyr persécuté par le régime. Ils se souviennent ainsi de Khalifa Sall, le maire de Dakar, écarté de la course à la présidentielle à cause d’une condamnation à de la prison ferme. Avant lui, Karim Wade, le fils d’Abdoulaye Wade, avait connu le même sort. Il n’en faut pas plus à certains militants pour crier au complot politico-judiciaire orchestré par Macky Sall. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Contrairement à ses prédécesseurs, Sonko refuse de <em>«&nbsp;faire confiance&nbsp;»</em> à une justice qu’il estime aux ordres. En mars&nbsp;2021, lorsque Adji Sarr, une employée de salon de massage, l’accuse de viols, une foule de ses partisans descend dans la rue. Les affrontements avec les forces de sécurité ont fait au moins 14&nbsp;morts et 500&nbsp;blessés.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Ces images sont une honte pour un pays qui se prévaut d’être un modèle démocratique,</em> assène Alioune Tine, à la tête du think tank Afrikajom Center. <em>Elles sont terribles pour nos forces de sécurité, pourtant reconnues pour leur professionnalisme dans les missions extérieures.&nbsp;»</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">«&nbsp;M.&nbsp;Sonko se pense au-dessus de la loi&nbsp;»</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Autour d’Ousmane Sonko, on se dit <em>«&nbsp;inquiet&nbsp;»</em>. <em>«&nbsp;Nous avons peur pour notre propre sécurité&nbsp;»</em>, explique El Malick Ndiaye, le secrétaire national du Pastef à la communication. Celui-ci dénonce les <em>«&nbsp;nervis du pouvoir munis de gourdins qui opèrent auprès des forces de l’ordre&nbsp;»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une peur irraisonnée, clame-t-on du côté du gouvernement. <em>«&nbsp;Le vrai problème, c’est que M.&nbsp;Sonko se pense au-dessus de la loi. A chaque convocation, il ameute ses soutiens, appelle à l’insurrection. Face à la surenchère, les forces de sécurité font plutôt preuve de retenue et de professionnalisme&nbsp;»</em>, se défend Oumar Youm, président du groupe parlementaire Benno bokk yakaar («&nbsp;Unis par l’espoir&nbsp;»), la coalition présidentielle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La violence, dans les actes comme dans les mots, semble néanmoins omniprésente. Dès son arrivée au pouvoir en 2012, le président Macky Sall avait promis de réduire <em>« l’opposition à sa plus simple expression ». « Gatsa gatsa </em>[œil pour œil, dent pour dent]<em> »</em>, répond aujourd’hui en wolof Ousmane Sonko, qui promet un <em>« combat mortel »</em> face au président en exercice. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Ces discours va-t-en-guerre musellent ceux qui pensent différemment. Aujourd’hui, pour les partisans du Pastef, vous êtes soit avec leur chef, soit contre lui. Emettre une opinion divergente fait de vous un corrompu. Les intellectuels, les guides religieux ont peur désormais de porter une parole critique contre Ousmane Sonko. Ils craignent les invectives et les attaques, notamment en ligne</em>, regrette Oumar Mboup, militant du mouvement citoyen Jammi Gox Yi, <em>Le débat politique a été confisqué par cette bipolarisation extrême.&nbsp;»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">La prochaine journée à haut risque à Dakar est annoncée pour le 30 mars, date à laquelle le procès d’Ousmane Sonko doit reprendre. Alors que nombre de ses soutiens réclamaient qu’il soit évacué pour des raisons sanitaires à l’étranger, l’opposant a prévenu qu’il n’envisageait pas de quitter son pays. « <em>C’est un combat pour la survie de notre patrie, de notre démocratie largement compromise par Macky Sall et son régime dictatorial. C’est pourquoi je resterai ici au Sénégal »</em>, a-t-il assuré dans la vidéo.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="700" height="500" src="https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/03/Senegal.jpg" alt="" class="wp-image-8381" srcset="https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/03/Senegal.jpg 700w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/03/Senegal-300x214.jpg 300w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/03/Senegal-24x17.jpg 24w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/03/Senegal-36x26.jpg 36w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/03/Senegal-48x34.jpg 48w" sizes="auto, (max-width: 700px) 100vw, 700px" /></figure>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph"><em><strong>Par Coumba Kane &#8211; <a href="https://www.lemonde.fr/afrique/article/2023/03/21/au-senegal-ousmane-sonko-contre-macky-sall-ou-la-strategie-de-la-tension_6166439_3212.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Le Monde Afrique</a></strong></em></p>
<p>L’article <a href="https://worldopinions.net/debats-au-senegal-ousmane-sonko-contre-macky-sall-ou-la-strategie-de-la-tension/8379/">Débats. Au Sénégal, Ousmane Sonko contre Macky Sall ou la stratégie de la tension</a> est apparu en premier sur <a href="https://worldopinions.net">World Opinion | Alternative Média</a>.</p>
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