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	<title>Archives des Roman - World Opinion | Alternative Média</title>
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	<title>Archives des Roman - World Opinion | Alternative Média</title>
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		<title>Livres. « 1984 » de George Orwell, un manuel pour décrypter les crises politiques actuelles?</title>
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		<pubDate>Sat, 21 Mar 2026 16:49:18 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>"1984", le célèbre roman dystopique de George Orwell, est partout ou presque: on l'achète en librairie, on le ressort de nos étagères, on le cite sur les réseaux sociaux, on s'en inspire au cinéma... Pourquoi les dystopies, regards effrayants sur l'avenir, sont-elles utilisées pour analyser notre présent?</p>
<p>L’article <a href="https://worldopinions.net/livres-1984-de-george-orwell-un-manuel-pour-decrypter-les-crises-politiques-actuelles/10934/">Livres. « 1984 » de George Orwell, un manuel pour décrypter les crises politiques actuelles?</a> est apparu en premier sur <a href="https://worldopinions.net">World Opinion | Alternative Média</a>.</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="800" height="500" src="https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2026/03/2k4gmw-25955054.jpg" alt="" class="wp-image-10935" srcset="https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2026/03/2k4gmw-25955054.jpg 800w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2026/03/2k4gmw-25955054-300x188.jpg 300w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2026/03/2k4gmw-25955054-768x480.jpg 768w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2026/03/2k4gmw-25955054-24x15.jpg 24w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2026/03/2k4gmw-25955054-36x23.jpg 36w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2026/03/2k4gmw-25955054-48x30.jpg 48w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:18px"><strong>« 1984 », le célèbre roman dystopique de George Orwell, est partout ou presque: on l&rsquo;achète en librairie, on le ressort de nos étagères, on le cite sur les réseaux sociaux, on s&rsquo;en inspire au cinéma&#8230; Pourquoi les dystopies, regards effrayants sur l&rsquo;avenir, sont-elles utilisées pour analyser notre présent?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand on lit « 1984 », on cherche « une bonne façon de réfléchir – par l&rsquo;imaginaire, par le détour de la fiction – sur notre société, sur les menaces, sur les dangers qui sont les nôtres aujourd&rsquo;hui, sur les risques réels », analyse dans Tout un monde Frédérique Leichter-Flack, professeure en littérature et humanités politiques à Sciences Po.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le roman de George Orwell « s&rsquo;applique presque mot pour mot à la réalité qu&rsquo;on vit, et pas seulement en Amérique, un peu partout dans le monde », souligne aussi sur France Inter le réalisateur Raoul Peck, qui vient de sortir le documentaire « Orwell 2+2=5 ».</p>



<h2 class="wp-block-heading">Novlangue trumpienne</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Un terme prend d&rsquo;ailleurs une place toujours plus importante dans le langage courant: « orwellien ». Ce mot « s&rsquo;est imposé un petit peu intuitivement l&rsquo;année dernière, au moment de l&rsquo;accession au pouvoir de Donald Trump », souligne dans Tout un monde Olivier Berné, astrophysicien au CNRS, responsable de projets avec le télescope spatial James Webb de la NASA et coauteur du livre « Le moment orwellien ».</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">Quand les mots n&rsquo;ont plus d&rsquo;attaches à la réalité, cela devient impossible de décrire le réelOlivier Berné, astrophysicien au CNRS</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cet ouvrage, les scientifiques ont appliqué la grille de lecture de « 1984 » aux attaques subies actuellement par la science en France et aux Etats-Unis. Ils se sont penchés notamment sur le concept de « novlangue » inventé par Orwell, soit un langage très appauvri, des mots vidés de leur sens, avec pour but l’anéantissement de la pensée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Cette transformation de la langue est beaucoup utilisée dans le discours trumpien, mais de manière générale, dans beaucoup de régimes illibéraux qui ont émergé ces dernières décennies. Elle fait partie du dispositif de dépossession du réel. Quand les mots ne veulent plus dire, n&rsquo;ont plus d&rsquo;attaches à la réalité, cela devient impossible de décrire le réel », illustre Olivier Berné.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">Avoir une forme de subversion, remettre en question, avoir un esprit critique, est une des premières formes de résistanceOlivier Berné, astrophysicien au CNRS</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;astrophysicien donne un exemple: « Dans le monde scientifique, ces dernières années, on a beaucoup parlé d&rsquo;excellence. Ce mot a été utilisé non pas pour qualifier ou pour soutenir vraiment la qualité du travail scientifique, mais plutôt pour justifier une espèce de mise en compétition tout le temps, partout, des scientifiques les uns contre les autres, ou des établissements universitaires en particulier les uns contre les autres. »</p>



<h2 class="wp-block-heading">Résister en s&rsquo;inspirant d&rsquo;Orwell</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les attaques contre la science, Olivier Berné en fait directement l’expérience, puisqu’il est désormais interdit de territoire aux Etats-Unis pour avoir pris part à des manifestations de soutien à la recherche. Avec ses collègues, ils formulent aussi des pistes pour résister, là encore inspirées d’Orwell.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Olivier Berné propose notamment de sortir de l&rsquo;orthodoxie qui consiste dans « 1984 » « à suivre le mouvement, sans jamais se poser la question de savoir si le sens du courant nous amène vraiment dans une direction qui est souhaitable ». Donc « sortir de cette espèce d&rsquo;orthodoxie, avoir une forme de subversion, remettre en question, avoir un esprit critique, est une des premières formes de résistance ».</p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://img.rts.ch/articles/2018/image/wfrhu8-27768123.image?mw=1280" alt="Une scène du film &quot;1984&quot; de Michael Radford. [AFP]" title="Une scène du film &quot;1984&quot; de Michael Radford. [AFP]"/><figcaption class="wp-element-caption">Une scène du film « 1984 » de Michael Radford. [AFP]</figcaption></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Limites de l&rsquo;analyse</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a toutefois des limites à utiliser les dystopies comme grille de lecture du présent, estime Frédérique Leichter-Flack, car il faut garder en tête que ces fictions ont été écrites dans leur contexte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Les dystopies sont une manière de saisir ce que le moment présent contient en germe. Or, ce moment présent, ce n&rsquo;est pas le même pour nous aujourd&rsquo;hui qu&rsquo;au moment où ces textes ont été écrits », relève Frédérique Leichter-Flack. Et de poursuivre: « Ça ne veut pas dire qu&rsquo;on ne peut plus les lire. Mais je crois qu&rsquo;il ne faut pas basculer dans une complaisance qui nous conduirait aujourd&rsquo;hui, parce que la technologie rend possible l&rsquo;univers d&rsquo;Orwell, à croire qu&rsquo;on est déjà à confondre démocratie et totalitarisme, et du coup à se tromper de signal d&rsquo;alarme. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Tout reste au fond une question de vigilance politique », conclut-elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:18px"><strong><em>World Opinion + <a href="https://www.rts.ch/info/monde/2026/article/1984-d-orwell-grille-de-lecture-des-derives-politiques-actuelles-29185187.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">RTS Culture</a></em></strong></p>
<p>L’article <a href="https://worldopinions.net/livres-1984-de-george-orwell-un-manuel-pour-decrypter-les-crises-politiques-actuelles/10934/">Livres. « 1984 » de George Orwell, un manuel pour décrypter les crises politiques actuelles?</a> est apparu en premier sur <a href="https://worldopinions.net">World Opinion | Alternative Média</a>.</p>
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		<title>Livres. En Algérie, une maison d’édition se saborde après une polémique visant l’un de ses romans, jugé immoral</title>
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		<pubDate>Sat, 20 Jul 2024 19:59:16 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Accusée de porter atteinte à la bienséance et aux valeurs religieuses, Inaam Bayoud, l’autrice de « Houaria », a été la cible d’une violente campagne sur les réseaux sociaux.</p>
<p>L’article <a href="https://worldopinions.net/livres-en-algerie-une-maison-dedition-se-saborde-apres-une-polemique-visant-lun-de-ses-romans-juge-immoral/9775/">Livres. En Algérie, une maison d’édition se saborde après une polémique visant l’un de ses romans, jugé immoral</a> est apparu en premier sur <a href="https://worldopinions.net">World Opinion | Alternative Média</a>.</p>
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<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img decoding="async" width="800" height="600" src="https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2024/07/31639a1_1721297622184-o-u-o-u-u-u-o-o-u-o-u-u-o-o-u-copy-1-scaled-1.jpg" alt="" class="wp-image-9776" style="width:800px;height:auto" srcset="https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2024/07/31639a1_1721297622184-o-u-o-u-u-u-o-o-u-o-u-u-o-o-u-copy-1-scaled-1.jpg 800w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2024/07/31639a1_1721297622184-o-u-o-u-u-u-o-o-u-o-u-u-o-o-u-copy-1-scaled-1-300x225.jpg 300w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2024/07/31639a1_1721297622184-o-u-o-u-u-u-o-o-u-o-u-u-o-o-u-copy-1-scaled-1-768x576.jpg 768w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2024/07/31639a1_1721297622184-o-u-o-u-u-u-o-o-u-o-u-u-o-o-u-copy-1-scaled-1-24x18.jpg 24w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2024/07/31639a1_1721297622184-o-u-o-u-u-u-o-o-u-o-u-u-o-o-u-copy-1-scaled-1-36x27.jpg 36w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2024/07/31639a1_1721297622184-o-u-o-u-u-u-o-o-u-o-u-u-o-o-u-copy-1-scaled-1-48x36.jpg 48w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:17px"><strong>Accusée de porter atteinte à la bienséance et aux valeurs religieuses, Inaam Bayoud, l’autrice de « Houaria », a été la cible d’une violente campagne sur les réseaux sociaux.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’affaire illustre les dégâts de la guerre culturelle à l’œuvre sur les réseaux sociaux en Algérie. La maison d’édition MIM a annoncé, mardi 16 juillet, son sabordage après la violente mise à l’index d’un de ses romans, <em>Houaria</em>, signé de l’autrice Inaam Bayoud. L’ouvrage venait pourtant d’être consacré par une prestigieuse récompense, le grand prix Assia Djebar du roman en langue arabe, remis à Alger le 9 juillet en présence de la ministre de la culture, Soraya Mouloudji. Créé en 2015 par l’Entreprise nationale de communication, d’édition et de publicité (ANEP), le prix Assia Djebar récompense les meilleures œuvres de fiction en langues arabe, amazighe et française.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;MIM a désormais fermé ses portes, contre le vent et contre le feu</em>,a annoncé cette petite maison d’édition dans un communiqué.<em> Nous n’étions que des défenseurs de la paix et de l’amour et nous ne cherchions qu’à diffuser cela</em>.<em> Préservez le pays de la dispersion et préservez le livre, car un peuple qui lit est un peuple qui ne peut être ni asservi ni affamé.&nbsp;»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’annonce a suscité un choc dans les milieux culturels, d’autant que la polémique renvoie l’image d’une Algérie polarisée. L’affrontement met aux prises les «&nbsp;progressistes&nbsp;», défenseurs de la liberté d’expression, et les «&nbsp;conservateurs&nbsp;», qui dénoncent des atteintes aux «&nbsp;valeurs&nbsp;» de la nation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les toutes premières réactions hostiles au roman, ainsi que le suggère le communiqué de MIM, adressé aux <em>«&nbsp;Algériens, aux intellectuels surtout, aux écrivains et aux écrivaillons, aux&nbsp;vraies maisons d’édition et aux pseudo-éditeurs&nbsp;»</em>, relèvent davantage des traditionnelles jalousies littéraires. L’auteur et éditeur Rabah Kheddouci, par exemple, fustige la <em>«&nbsp;fadeur&nbsp;»</em> stylistique du roman, qui ne le rend pas digne, selon lui, d’être couronné du grand prix Assia Djebar. <em>«&nbsp;Où sont la splendeur du mot et la magie de l’énoncé&nbsp;?&nbsp;»</em>, s’indigne-t-il. Tout comme l’écrivain Tayeb Sayad, pour qui la littérature doit permettre aux lecteurs de <em>«&nbsp;s’élever grâce à&nbsp;l’éloquence de l’expression, la nouveauté de la pensée ou la noblesse des sentiments humains&nbsp;».</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces critiques ont cependant vite dérapé vers des dénonciations moralisantes, reprochant à&nbsp;l’autrice l’usage d’expressions crues en langage vernaculaire (<em>darja</em>). Inaam Bayoud se&nbsp;retrouve accusée d’avoir <em>«&nbsp;outragé&nbsp;»</em> les femmes de l’Oranie, où le nom de Houaria – qui fait référence à Sidi El Houari, le saint patron de la ville d’Oran – est très courant. Des passages du roman ont été diffusés pour montrer que l’autrice s’attaque à la bienséance et aux valeurs religieuses. L’extrait le plus répandu est celui d’une admonestation violente adressée par un homme à une femme&nbsp;: <em>«&nbsp;Mais je te le dis et écoute-moi bien, même si tu rentres dans le cul d’une souris, je t’attraperai.&nbsp;»</em> Le fait que cela soit écrit en <em>darja</em> rend les propos encore plus crus aux yeux des défenseurs des bonnes mœurs.</p>



<h2 class="wp-block-heading">«&nbsp;Les censeurs sont des imbéciles&nbsp;»</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Inaam Bayoud a expliqué dans des déclarations aux médias que <em>Houaria</em> est inspiré d’une personne réelle et que son intention était de raconter la «&nbsp;décennie noire&nbsp;» (guerre qui opposa les autorités aux islamistes de 1991 à 2002) à travers une liseuse de lignes de la main qui rencontre des gens de toutes les strates de la société. <em>«&nbsp;Elle devient ainsi le personnage central à travers lequel je plonge dans la profondeur des autres personnages et tisse leurs vies.&nbsp;»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces réactions hostiles ont suscité des réponses fermes de la sphère culturelle aussi bien arabophone que francophone. Des écrivains, éditeurs, intellectuels et journalistes ont lancé une motion de soutien à la romancière et à la maison d’édition MIM, dénonçant <em>«&nbsp;les attaques indignes et les menaces à peine voilées ou assumées contre elles&nbsp;»</em>. La motion appelle la directrice de MIM à <em>«&nbsp;revenir sur sa décision de fermer sa maison suite aux pressions subies&nbsp;»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que le lectorat en Algérie est faible, voire anecdotique, cette polémique a donné une visibilité inattendue à <em>Houaria</em>. <em>«&nbsp;Quel que soit l’interdit, il ne peut pas tuer un livre, car celui-ci trouvera toujours le chemin vers son public, surtout à l’ère d’Internet et des réseaux sociaux</em>,affirme l’historien Hosni Kitouni sur sa page Facebook<em>. Voilà pourquoi les censeurs sont des imbéciles, mais des imbéciles dangereux, car, si on leur laisse les mains libres, ils risquent de poursuivre leur œuvre de destruction en visant autre chose, comme le droit d’aimer ou celui de s’émouvoir en écoutant Abdelhalim chanter sa lettre immortelle&nbsp;» </em>– référence à la chanson d’amour culte <em>Lettre de sous l’eau</em>, écrite par le poète Nizar Kabbani et chantée par Abdelhalim Hafez.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Même si les autorités ne s’impliquent pas dans cette polémique, beaucoup d’observateurs soulignent que ces attaques ne sont pas séparables du climat général de restriction des libertés publiques en Algérie. La police avait ainsi procédé, le 29&nbsp;juin, à l’interpellation, durant quelques heures, de l’écrivaine française Dominique Martre, alors qu’elle présentait à Béjaïa son livre <em>La Kabylie en partage. Dans l’intimité des femmes </em>(Koukou), qui relate ses souvenirs d’enseignante dans un village de Kabylie dans les années&nbsp;1970.</p>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph"><strong><em>Par Karim Amrouche (Alger, correspondance) &#8211;<a href="https://www.lemonde.fr/afrique/article/2024/07/18/en-algerie-une-maison-d-edition-se-saborde-apres-une-polemique-visant-l-un-de-ses-romans-juge-immoral_6252095_3212.html"> L</a><a href="https://www.lemonde.fr/afrique/article/2024/07/18/en-algerie-une-maison-d-edition-se-saborde-apres-une-polemique-visant-l-un-de-ses-romans-juge-immoral_6252095_3212.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">e</a><a href="https://www.lemonde.fr/afrique/article/2024/07/18/en-algerie-une-maison-d-edition-se-saborde-apres-une-polemique-visant-l-un-de-ses-romans-juge-immoral_6252095_3212.html"> Monde Livre</a></em></strong></p>
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		<title>Livres. Le premier Choix Goncourt organisé en Turquie est attribué à « Triste tigre » de Neige Sinno</title>
		<link>https://worldopinions.net/livres-le-premier-choix-goncourt-organise-en-turquie-est-attribue-a-triste-tigre-de-neige-sinno/9615/</link>
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		<pubDate>Sat, 20 Apr 2024 21:06:54 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le Choix Goncourt, organisé sous la présidence de l'écrivain Mathias Énard en Turquie : une première dans ce pays qui a su préserver sa longue histoire avec la francophonie malgré des relations parfois tumultueuses avec Paris.</p>
<p>L’article <a href="https://worldopinions.net/livres-le-premier-choix-goncourt-organise-en-turquie-est-attribue-a-triste-tigre-de-neige-sinno/9615/">Livres. Le premier Choix Goncourt organisé en Turquie est attribué à « Triste tigre » de Neige Sinno</a> est apparu en premier sur <a href="https://worldopinions.net">World Opinion | Alternative Média</a>.</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="800" height="600" src="https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2024/04/Le-roman-de-Neige-Sinno-Triste-tigre-.jpg" alt="" class="wp-image-9616" srcset="https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2024/04/Le-roman-de-Neige-Sinno-Triste-tigre-.jpg 800w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2024/04/Le-roman-de-Neige-Sinno-Triste-tigre--300x225.jpg 300w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2024/04/Le-roman-de-Neige-Sinno-Triste-tigre--768x576.jpg 768w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2024/04/Le-roman-de-Neige-Sinno-Triste-tigre--24x18.jpg 24w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2024/04/Le-roman-de-Neige-Sinno-Triste-tigre--36x27.jpg 36w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2024/04/Le-roman-de-Neige-Sinno-Triste-tigre--48x36.jpg 48w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></figure>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph"><strong>Le Choix Goncourt, organisé sous la présidence de l&rsquo;écrivain Mathias Énard en Turquie : une première dans ce pays qui a su préserver sa longue histoire avec la francophonie malgré des relations parfois tumultueuses avec Paris.</strong></p>



<blockquote class="twitter-tweet" data-media-max-width="560"><p lang="fr" dir="ltr">Le prix Choix Goncourt de la Turquie (Türkiye’nin Goncourt Seçimi) a été décerné à Ankara à Neige Sinno pour &quot;Triste tigre&quot; (P.O.L) – avec l’Institut Français en présence de Mathias Enard. C’est le 10e prix international pour &quot;Triste tigre&quot; &#8211; <a href="https://twitter.com/AcadGoncourt?ref_src=twsrc%5Etfw">@AcadGoncourt</a> <a href="https://twitter.com/ifturquie?ref_src=twsrc%5Etfw">@ifturquie</a> <a href="https://t.co/xRfWaDKuJS">pic.twitter.com/xRfWaDKuJS</a></p>&mdash; Éditions P.O.L (@editionsPOL) <a href="https://twitter.com/editionsPOL/status/1780602997317509257?ref_src=twsrc%5Etfw">April 17, 2024</a></blockquote> <script async src="https://platform.twitter.com/widgets.js" charset="utf-8"></script>



<p class="wp-block-paragraph">La Turquie a désigné mercredi&nbsp;17&nbsp;avril&nbsp;2024 son Choix&nbsp;Goncourt&nbsp;:&nbsp;<em>Triste Tigre de Neige Sinno</em>, sous la présidence de l&rsquo;écrivain français Mathias Énard.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le prix Goncourt se décline à l&rsquo;international à travers le&nbsp;<a href="https://www.academiegoncourt.com/choix-goncourt-internationaux" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Choix Goncourt</a>.&nbsp;Chaque année, depuis 1998, sous l&rsquo;égide des instituts français ou des instances de la francophonie, ce projet de critique littéraire est repris avec enthousiasme par tous les étudiants des universités du monde entier. Ils récompensent l&rsquo;un des auteurs présents dans la sélection de l&rsquo;année du prix Goncourt.&nbsp;Plus d&rsquo;une quarantaine de pays participent à ces éditions hors frontières du plus populaire des prix littéraires français. Parmi eux, l&rsquo;Espagne, la Corée du Sud, les États-Unis ou encore le Japon. Cette année&nbsp;2024 marque, pour la première fois, l&rsquo;entrée de la Turquie dans la prestigieuse académie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l&rsquo;occasion de cette première édition, un jury représentant une cinquantaine de lecteurs de tous âges, généralement étudiants et enseignants d&rsquo;Ankara, d&rsquo;Istanbul et d&rsquo;Izmir a récompensé ce mercredi 17 avril Neige Sinno pour <em>Triste tigre.</em> Son roman, publié chez P.O.L, a collectionné plusieurs récompenses fin 2023 dont le prix <a href="https://www.francetvinfo.fr/culture/livres/prix-litteraires/le-prix-femina-2023-decerne-a-neige-sinno-pour-triste-tigre_6167154.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Femina</a> et le <a href="https://www.francetvinfo.fr/culture/livres/prix-litteraires/ce-texte-ne-m-a-pas-servi-ce-n-est-pas-un-depotoir-la-litterature-dit-neige-sinno-a-propos-de-triste-tigre-prix-goncourt-des-lyceens-2023_6201837.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Goncourt des lycéens</a>. Les jurés ont souligné<em> « la délicatesse et l&rsquo;équilibre avec lesquels l&rsquo;écrivaine traite de son sujet difficile, l&rsquo;inceste »,</em> a indiqué le président du jury, Mathias Énard, en annonçant à Ankara la lauréate de ce premier Choix Goncourt de la Turquie. <em>Triste tigre</em> comptabilise déjà dix Choix Goncourt internationaux, parmi lesquels la Corée du Sud, l&rsquo;Orient, l&rsquo;Inde ou les Pays-Bas.</p>



<blockquote class="twitter-tweet" data-media-max-width="560"><p lang="fr" dir="ltr">Le prix Choix Goncourt de la Turquie (Türkiye’nin Goncourt Seçimi) a été décerné à Ankara à Neige Sinno pour &quot;Triste tigre&quot; (P.O.L) – avec l’Institut Français en présence de Mathias Enard. C’est le 10e prix international pour &quot;Triste tigre&quot; &#8211; <a href="https://twitter.com/AcadGoncourt?ref_src=twsrc%5Etfw">@AcadGoncourt</a> <a href="https://twitter.com/ifturquie?ref_src=twsrc%5Etfw">@ifturquie</a> <a href="https://t.co/xRfWaDKuJS">pic.twitter.com/xRfWaDKuJS</a></p>&mdash; Éditions P.O.L (@editionsPOL) <a href="https://twitter.com/editionsPOL/status/1780602997317509257?ref_src=twsrc%5Etfw">April 17, 2024</a></blockquote> <script async src="https://platform.twitter.com/widgets.js" charset="utf-8"></script>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;Espagne, quant à elle, a désigné&nbsp;<a href="https://www.francetvinfo.fr/culture/livres/prix-litteraires/jean-baptiste-andrea-prix-goncourt-2023-tres-emu-chez-drouant_6169410.html">Jean-Baptiste Andrea pour Veiller sur elle</a>,<a href="https://www.francetvinfo.fr/culture/livres/prix-litteraires/jean-baptiste-andrea-prix-goncourt-2023-tres-emu-chez-drouant_6169410.html"></a><em>&nbsp;</em>lauréat du prix Goncourt&nbsp;2023.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette première édition a aussi fourni l&rsquo;occasion de rappeler que&nbsp;<em>« la Turquie est au cœur du grand monde de la francophonie »,&nbsp;</em>a fait valoir Sylvie Lemasson, directrice de l&rsquo;Institut français de Turquie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec ses treize écoles et deux universités francophones, qui réunissent plus de 10&nbsp;000&nbsp;élèves et étudiants, la Turquie a su préserver une tradition de la francophonie qui remonte à l&#8217;empire ottoman, même si le français n&rsquo;est plus la première langue étrangère comme il l&rsquo;a été jusqu&rsquo;aux premières années de la République.</p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://www.francetvinfo.fr/pictures/43IZ9tmYwQyRocbu0wegSMGuQFY/0x0:2000x1334/fit-in/720x/2024/04/18/mathias-enard-et-sylvie-lemasson-6620f590067b4879726158.jpg" alt="Le président du jury du Choix Goncourt, l'écrivain français Mathias Énard, et la directrice de l'Institut français de Turquie, Sylvie Lemasson, lors de l'annonce du lauréat, à Ankara, le 17 avril 2024. (ADEM ALTAN / AFP)"/><figcaption class="wp-element-caption">Le président du jury du Choix Goncourt, l&rsquo;écrivain français Mathias Énard, et la directrice de l&rsquo;Institut français de Turquie, Sylvie Lemasson, lors de l&rsquo;annonce du lauréat, à Ankara, le 17&nbsp;avril&nbsp;2024.&nbsp;(ADEM ALTAN / AFP)</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Si le temps où les dirigeants turcs pouvaient parfaitement s&rsquo;exprimer en français, à l&rsquo;image du père fondateur Mustafa Kemal Atatürk, semble loin, la langue de Molière reste très présente,&nbsp;<em>« vue comme plus littéraire, plus culturelle que l&rsquo;anglais »,</em>&nbsp;remarque Mathias Énard.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« J&rsquo;ai une relation toute particulière avec la Turquie »,</em>&nbsp;affirme l&rsquo;auteur qui a notamment publié&nbsp;<em>Parle-leur de batailles, de rois et d&rsquo;éléphants</em>, consacré à Constantinople au XVIe&nbsp;siècle et&nbsp;<em>Boussole</em>, lauréat du prix Goncourt en 2015, qui évoque Istanbul aujourd&rsquo;hui.&nbsp;<em>« Ce qui est fascinant dans l&rsquo;histoire de la Turquie, c&rsquo;est sa façon de se confronter aux défis, aux transformations et de savoir se réinventer tout le temps »,</em>&nbsp;estime-t-il.</p>



<h2 class="wp-block-heading">« Rôle clé » face à l&rsquo;Occident</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les défis d&rsquo;Ankara se cachent aussi dans ses relations avec l&rsquo;Occident qui ont été, en particulier sous le gouvernement du président Recep Tayyip Erdoğan, marquées par les tensions particulièrement avec la France, à propos des droits d&rsquo;exploration gazière en Méditerranée orientale disputés à la Grèce et à Chypre. Des enseignants français de la prestigieuse université Galatasaray, à Istanbul, avaient été menacés d&rsquo;expulsion en 2021 après le refus des autorités turques de leur délivrer un permis de travail, dans ce contexte de mésentente et d&rsquo;amertume entre Ankara et Paris. Le président turc s&rsquo;était même interrogé sur la<em>&nbsp;« santé mentale »&nbsp;</em>de son homologue, Emmanuel Macron, et avait appelé à boycotter les produits français avant de revenir à des propos plus diplomatiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tiraillée entre son aspiration à devenir une démocratie européenne et son ambition d&rsquo;être une force politique et militaire régionale, la Turquie a souvent entretenu un rapport amour-haine avec l&rsquo;Occident, évoqué dans les romans de son célèbre prix Nobel, Orhan Pamuk. Ankara n&rsquo;est pas pourtant obligé de choisir entre ces deux mondes, avance Mathias Énard. <em>« La Turquie joue un rôle clé vis-à-vis de l&rsquo;Occident. Elle ne peut pas être uniquement moyen-orientale. Elle a cette possibilité d&rsquo;exister des deux côtés du Bosphore », </em>remarque-t-il en évoquant Istanbul, la métropole turque à cheval sur l&rsquo;Asie et l&rsquo;Europe.</p>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph"><strong><em>World Opinions &#8211;<a href="https://www.francetvinfo.fr/culture/livres/prix-litteraires/le-premier-choix-goncourt-organise-en-turquie-est-attribue-a-triste-tigre-de-neige-sinno_6493976.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener"> France Info Culture</a></em></strong></p>
<p>L’article <a href="https://worldopinions.net/livres-le-premier-choix-goncourt-organise-en-turquie-est-attribue-a-triste-tigre-de-neige-sinno/9615/">Livres. Le premier Choix Goncourt organisé en Turquie est attribué à « Triste tigre » de Neige Sinno</a> est apparu en premier sur <a href="https://worldopinions.net">World Opinion | Alternative Média</a>.</p>
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		<title>Livres. Alioune Badara Mbengue : « Les migrants vivent des choses qui les transforment »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 23 Sep 2023 20:04:55 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Auteur d’un premier roman, « Les Flots en sanglots », Alioune Badara Mbengue a fait une entrée remarquée dans le paysage sinistré de l’édition au Sénégal. À 37 ans, ce comptable de profession aborde les mécanismes de l’émigration clandestine avec subtilité et y laisse une part importante de lui-même. Portrait.</p>
<p>L’article <a href="https://worldopinions.net/livres-alioune-badara-mbengue-les-migrants-vivent-des-choses-qui-les-transforment/9307/">Livres. Alioune Badara Mbengue : « Les migrants vivent des choses qui les transforment »</a> est apparu en premier sur <a href="https://worldopinions.net">World Opinion | Alternative Média</a>.</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="720" height="520" src="https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/09/culture-senegal-portrait-alioune-badara-mbengue.jpg" alt="" class="wp-image-9308" srcset="https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/09/culture-senegal-portrait-alioune-badara-mbengue.jpg 720w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/09/culture-senegal-portrait-alioune-badara-mbengue-300x217.jpg 300w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/09/culture-senegal-portrait-alioune-badara-mbengue-24x17.jpg 24w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/09/culture-senegal-portrait-alioune-badara-mbengue-36x26.jpg 36w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/09/culture-senegal-portrait-alioune-badara-mbengue-48x35.jpg 48w" sizes="auto, (max-width: 720px) 100vw, 720px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:17px"><strong>Auteur d’un premier roman, « Les Flots en sanglots », Alioune Badara Mbengue a fait une entrée remarquée dans le paysage sinistré de l’édition au Sénégal. À 37 ans, ce comptable de profession aborde les mécanismes de l’émigration clandestine avec subtilité et y laisse une part importante de lui-même. Portrait.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">« Ô mer, Quelle facette peut-on bien retenir de toi ? Toi qui agis toujours sous plusieurs casquettes. Autant tu es généreuse et berceuse, autant tu es étouffante et étrangleuse. Avouez donc vos crimes, Ô flots en sanglots ! » À l’image de cette citation reprise sur la quatrième de couverture de son premier roman, <em>Les Flots en sanglots</em> (éditions Sirius), Alioune Badara Mbengue présente aussi deux facettes. Comptable le jour et écrivain la nuit, le Dakarois de 37 ans jongle depuis quelques années entre les chiffres et les lettres, avec la même aisance. Une double casquette qu’il mène avec passion et réalisme, conscient que vivre de la littérature au Sénégal relève de l’utopie.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Sembène et le virus de la lecture</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au pays de la Teranga, publier relève du parcours du combattant. Mais il en faudrait plus pour ôter le sourire accroché au visage de celui qui a vu le jour en 1986 dans « la ville tranquille et simple » de Diourbel. Troisième enfant d’une fratrie de six, Alioune Badara Mbengue grandit au rythme des matches de foot et de l’école, dans cette cité historique du bassin arachidier située sur la route de Touba.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est là qu’au début des années 2000, en classe de cinquième, il découvre la lecture en tombant sur les nombreux journaux écornés d’un papa douanier, vorace d’information. « Je voulais tout lire, tout m’intéressait, se souvient-il. J’ai chopé sur le coup le virus de la lecture ». Un virus qui se propage très vite de la presse à la littérature sénégalaise, dénichée dans les bibliothèques ou les centres culturels. « J’ai commencé à lire de nombreux romans et le premier qui m’a marqué est <em>Le Docker noir</em>, d’Ousmane Sembène. L’œuvre du cinéaste m’a énormément inspiré car la façon dont il adapte le cinéma dans la littérature est phénoménale. » Une écriture du réel qu’Alioune Badara Mbengue savoure aussi dans <em>La Collégienne</em>, de Marouba Fall, <em>L’Aventure ambiguë</em> de Cheikh Hamidou Kane, mais aussi dans la littérature étrangère d’Hector Malot, l’auteur de <em>Sans famille</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Chômage et billets d’humeur</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Après l’obtention de son bac, en 2005, Alioune Badara Mbengue réussit le concours de l’École supérieure polytechnique en finance et comptabilité et rallie la bruyante Médina de Dakar, à 150 km à l’ouest de Diourbel. Il en ressortira avec un DUT, point final d’un parcours scolaire sans faute dont le futur comptable est persuadé qu’il lui réserve un avenir serein. Pourtant, dès la sortie de l’école, le jeune diplômé est confronté aux galères du marché de l’emploi et enchaîne stages et découverte du chômage. À partir de 2011, dans le contexte politique effervescent du Sénégal, incarné par le mouvement citoyen «&nbsp;Y en a marre&nbsp;», Alioune Mbengue commence à écrire dans des journaux comme&nbsp;<em>Quotidien</em>. Il y rédige des «&nbsp;billets d’humeur contre le régime en place&nbsp;», dont la principale cible se nomme alors Abdoulaye Wade, président depuis 2000, qui brigue un troisième mandat. S’il «&nbsp;ne s’intéresse plus à la politique aujourd’hui, se contentant juste de voter&nbsp;», cette période militante permet au jeune homme de coucher sa frustration sur le papier. Cette première expérience d’écriture fait germer en lui l’idée d’un roman, «&nbsp;pour faire d’une pierre deux coups&nbsp;: assouvir sa passion et sortir tout ce qu’il a encore sur le cœur&nbsp;».</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">J’AI PENSÉ MONTER DANS UNE PIROGUE… MAIS JE N’AI PAS EU LE COURAGE</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Ce «&nbsp;besoin d’écrire&nbsp;» se matérialise en 2016. Pendant un an, Alioune Badara Mbengue écrit chaque jour sur le destin tragique de Tamsir, le personnage principal de son premier roman. Un jeune homme qui, malgré de brillantes études, ne parvient pas à trouver un emploi, allant de déconvenues en désillusions à Dakar. Malgré l’amour et le soutien de sa mère, il finit par se convaincre de tenter l’émigration clandestine, malgré ses lourdes conséquences… Un héros tiraillé, dont toute ressemblance avec l’auteur serait une coïncidence&nbsp;? «&nbsp;J’ai pensé monter dans une pirogue, à un moment où je galérais financièrement, mais je n’ai jamais eu le courage de partir, reconnaît l’auteur. Comme Tamsir, je n’avais pas d’issue, alors que j’estimais avoir tout bien fait. J’étais résigné face à tant de fatalité…&nbsp;»</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Vingt ans après&nbsp;<em>Le Ventre&nbsp;de&nbsp;l’Atlantique</em></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Presque vingt ans après la parution du classique de Fatou Diome <em>Le Ventre de l’Atlantique</em> – qu’il n’a jamais lu –, l’écrivain en herbe appuie son récit autobiographique sur le sujet brûlant des départs clandestins. Pour ce faire, le comptable a rencontré des personnes revenues d’Europe pour « savoir ce qu’elles avaient vu, ce qu’elles avaient vécu ». « Dans mon récit, il y a le Tamsir d’avant et celui d’après, car les migrants vivent des choses qui les transforment, dit-il. Je trouve cet aspect psychologique fondamental. » D’autant que pour l’auteur, « la société sénégalaise est dure envers les jeunes et les familles leur mettent beaucoup de pression ». « Ici, c’est toujours de ta faute si tu ne réussis pas », déplore celui qui s’est également rendu au tribunal pour rendre son récit le plus réel possible. Au fil des 222 pages, le regard qu’il nous livre sur ce sujet tragique, qui a encore fait la une des journaux au Sénégal cet été, est juste et subtil.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">AU SÉNÉGAL, L’ÉCRITURE NE NOURRIT PAS SON HOMME</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Son ouvrage terminé, Alioune Mbengue propose le manuscrit à l’Harmattan Sénégal, qui l’apprécie beaucoup. Problème, au pays de la Teranga, il faut souvent payer pour être édité. «&nbsp;Ils m’ont demandé 900 000 francs [CFA, soit près de 1 380 euros], ce qui était hors de portée. C’était mort.&nbsp;» Devenu comptable pour une entreprise dakaroise de transport, Alioune laisse tomber, se lance dans l’aventure de l’auto-édition avec Amazon et vend… 5 exemplaires. En 2019, il tombe par hasard sur une petite maison d’édition indépendante nommée Sirius. Le patron, David Sylla Ndeye, lui demande 150 000 francs CFA (230 euros) pour faire tirer à 100 exemplaires&nbsp;<em>Les Flots en sanglots</em>. Le livre paraît en décembre 2021.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré les retours positifs et les invitations dans quelques médias, sa visibilité reste limitée. « Au Sénégal, c’est à l’auteur de faire l’édition, la promotion, la distribution… L’écriture ne nourrit pas son homme. » S’il ne sait même pas s’il a gagné de l’argent, le jeune aspirant écrivain sait que ses 100 livres se sont écoulés et que le 16 septembre, il tiendra sa première séance de dédicace à la librairie de l’Harmattan. Un clin d’œil amusant pour un auteur qui, bien qu’il ait écrit un recueil de nouvelles et un recueil de poèmes, a du mal à envisager une carrière d’écrivain. « On se revendique pays de littérature, mais rien n’est fait au Sénégal pour l’encourager ou la soutenir. Si un jour, je suis à l’abri financièrement, je rêve surtout de faire le tour du monde et de partager mon expérience par écrit pour rendre à la littérature ce qu’elle m’a apporté : le partage et l’évasion. »</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="720" height="520" src="https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/09/Les-Flots-en-sanglots.jpg" alt="" class="wp-image-9309" srcset="https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/09/Les-Flots-en-sanglots.jpg 720w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/09/Les-Flots-en-sanglots-300x217.jpg 300w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/09/Les-Flots-en-sanglots-24x17.jpg 24w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/09/Les-Flots-en-sanglots-36x26.jpg 36w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/09/Les-Flots-en-sanglots-48x35.jpg 48w" sizes="auto, (max-width: 720px) 100vw, 720px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Les Flots en sanglots</em>, Alioune Badara Mbengue, Sirius Éditions, disponible à la librairie de l’Harmattan, à Dakar.</strong></p>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph"><strong><em>World Opinions + <a href="https://www.jeuneafrique.com/1482019/culture/alioune-badara-mbengue-ecrivain-sans-calcul/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">jeuneafrique.com</a></em></strong></p>
<p>L’article <a href="https://worldopinions.net/livres-alioune-badara-mbengue-les-migrants-vivent-des-choses-qui-les-transforment/9307/">Livres. Alioune Badara Mbengue : « Les migrants vivent des choses qui les transforment »</a> est apparu en premier sur <a href="https://worldopinions.net">World Opinion | Alternative Média</a>.</p>
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		<title>Livres. « Glory », ou la ferme des « animals » de NoViolet Bulawayo</title>
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		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 12 Aug 2023 13:10:32 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est le roman de tous les superlatifs. La Zimbabwéenne NoViolet Bulawayo - Elizabeth Zandile Tshele pour l’état civil - revient avec un livre qui fera date. Glory (éditions Autrement) est une fable animalière, à la hauteur de La Ferme des animaux d'Orwell (1945)..</p>
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<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:17px"><strong>L’écrivaine zimbabwéenne NoViolet Bulawayo revient avec une satire politique féroce, une fable animalière qui ne va pas sans rappeler « La ferme des animaux » de George Orwell. Chef-d’œuvre. Sortie : le 23 août.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est le roman de tous les superlatifs. La Zimbabwéenne NoViolet Bulawayo &#8211; Elizabeth Zandile Tshele pour l’état civil &#8211; revient avec un livre qui fera date.&nbsp;<em>Glory</em>&nbsp;(éditions Autrement) est une fable animalière, à la hauteur de&nbsp;<em>La Ferme des animaux</em>&nbsp;d&rsquo;Orwell (1945), sur les indépendances africaines mais le propos est universel. L’écrivaine, née en 1981, situe son récit dans son pays d’origine, le Zimbabwe, même si le nom n’est jamais cité. Elle sème des indices tout au long du roman, certains plus directs que d’autres. Ironique, bienveillante, empathique, l’écriture de NoViolet Bulawayo est éblouissante, un vrai feu d’artifice. Une fois le livre entamé, il est difficile de s’arrêter.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Que sont nos indépendances devenues&nbsp;?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il était une fois, peut-être pas… Sous nos yeux se déroule l’Histoire du Zimbabwe, un pays béni des dieux et violenté par ses dirigeants. Pourtant, tout a commencé d’une façon idéale. Les « animals » étaient contents de s’être débarrassés des colonisateurs. La libération promettait des lendemains qui chantent pour tous les « animals ». Enfin, certains plus que d’autres. Le nouveau dirigeant, le guide suprême, le grand libérateur est un cheval tyrannique, la Vieille Carne. Son règne a duré si longtemps que les mémoires défaillent quand il faut se souvenir. La Vieille Carne aime son peuple, elle aime aussi discourir. La Vieille carne s’en prend à l’ennemi extérieur (l’Occident) et intérieur (opposition), tous jaloux de sa réussite. Le peuple, ventre vide, se tait. Il n’a pas intérêt à râler. Les Défenseurs sont là pour faire des exemples des récalcitrants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Vieille Carne n’a pas vu venir son naufrage, la vieillesse. Sa jeune épouse,<strong>&nbsp;</strong>l&rsquo;ambitieuse ânesse Merveilleuse, si. Toute ressemblance avec l’ancien autocrate&nbsp;Robert Mugabe&nbsp;n’est pas fortuite. Et surgit le nouveau libérateur. Et l’histoire bégaie de nouveau. Encore et encore. Un éternel recommencement qu’un imprévu, une jeune fille, fera démentir. Une autre vie est possible. Là réside la force de NoViolet Bulawayo qui démonte tout ce système prédateur avec une langue riche, imagée et originale. Dans son premier livre paru en 2014,&nbsp;<em>Il nous faut des nouveaux noms&nbsp;</em>(Gallimard), elle avait déjà marqué les esprits par son écriture et sa liberté de ton.&nbsp;<em>Glory,</em>&nbsp;satire politique ironique et féroce. NoViolet Bulawago, une écrivaine de grand talent.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Glory</em>, NoViolet Bulawayo, traduit de l&rsquo;anglais par Claro, éditions Autrement, 23,90 euros. Parution : 23 août 2023.</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="600" src="https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/08/913LAKeCK-L._AC_UF10001000_QL80_.jpg" alt="" class="wp-image-9178" srcset="https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/08/913LAKeCK-L._AC_UF10001000_QL80_.jpg 800w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/08/913LAKeCK-L._AC_UF10001000_QL80_-300x225.jpg 300w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/08/913LAKeCK-L._AC_UF10001000_QL80_-768x576.jpg 768w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/08/913LAKeCK-L._AC_UF10001000_QL80_-24x18.jpg 24w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/08/913LAKeCK-L._AC_UF10001000_QL80_-36x27.jpg 36w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/08/913LAKeCK-L._AC_UF10001000_QL80_-48x36.jpg 48w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px" /></figure>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph"><strong><em>World Opinions + <a href="https://www.francetvinfo.fr/culture/livres/roman/glory-ou-la-ferme-des-animals-de-noviolet-bulawayo_5999546.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">France Culture </a></em></strong></p>
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		<title>Livres. Les Dieux de la brousse ne sont pas invulnérables.. Itinéraires de tirailleurs sénégalais</title>
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		<pubDate>Sat, 17 Jun 2023 16:02:41 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Avec « Les Dieux de la brousse ne sont pas invulnérables », son troisième roman, l’écrivain Ibrahima Hane ouvre une trilogie historique sur les militaires sénégalais entre la fin du XIXe siècle et l’indépendance. Il a obtenu pour ce livre une mention spéciale du prix Orange du livre en Afrique.</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="720" height="520" src="https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/06/maxresdefault-00.jpg" alt="" class="wp-image-8905" srcset="https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/06/maxresdefault-00.jpg 720w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/06/maxresdefault-00-300x217.jpg 300w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/06/maxresdefault-00-24x17.jpg 24w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/06/maxresdefault-00-36x26.jpg 36w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/06/maxresdefault-00-48x35.jpg 48w" sizes="auto, (max-width: 720px) 100vw, 720px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:17px"><strong>Avec « Les Dieux de la brousse ne sont pas invulnérables », son troisième roman, l’écrivain Ibrahima Hane ouvre une trilogie historique sur les militaires sénégalais entre la fin du XIXe siècle et l’indépendance. Il a obtenu pour ce livre une mention spéciale du prix Orange du livre en Afrique.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Haute stature, élégance rare, lunettes de soleil, Ibrahima Hane est un jeune auteur sénégalais à suivre de près. À l’âge de 76 ans, il vient d’obtenir une mention spéciale du jury du<a href="https://www.jeuneafrique.com/1357241/culture/michele-rakotoson-la-colonisation-cest-voir-lautre-comme-un-outil-de-production-a-bas-prix/"> prix Orange du livre en Afrique</a> (Pola) pour son troisième roman, <em>Les Dieux de la brousse ne sont pas invulnérables</em>, titre qui renvoie à une citation de l’écrivain malien Amadou Hampâté Ba.</p>



<p class="wp-block-paragraph">eune auteur alors qu’il est né le 4 juillet 1947 à Dakar ? On peut le dire ainsi puisque son premier roman publié date de 2016 (<em>Errance</em>, United Press) et son deuxième de 2020 (<em>L’Écume du temps</em>, L’Harmattan Sénégal). Longtemps, l’homme fut banquier. Après des études de droit à l’Université Cheikh-Anta-Diop de Dakar, il travailla ainsi pour le Crédit lyonnais et l’Union des banques suisses. Ce n’est que parvenu à l’âge de la retraite qu’il décida de se consacrer, enfin, pleinement à l’écriture.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une retraite en écriture</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il serait néanmoins naïf de croire que ses années de vie active l’ont empêché de batailler avec phrases et mots. En réalité, même s’il ne publiait pas, Ibrahima Hane n’a jamais cessé d’écrire. «&nbsp;J’ai commencé très tôt, au collège des pères maristes, confie-t-il. J’ai notamment participé au journal de l’école, puis j’ai continué et, surtout, je me suis beaucoup intéressé à la littérature. J’ai eu une nouvelle primée par RFI en 1994, mais je n’avais pas le temps d’écrire vraiment. Je n’ai pu rédiger mon premier roman qu’à l’heure de la retraite.&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si son deuxième texte publié,&nbsp;<em>L’Écume du temps</em>, avait une dimension autobiographique et se déroulait à l’époque contemporaine,&nbsp;<em>Les Dieux de la brousse ne sont pas invulnérables</em>&nbsp;inaugure un cycle historique extrêmement&nbsp;ambitieux&nbsp;sur l’époque coloniale et les deux guerres mondiales.</p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://prod.cdn-medias.jeuneafrique.com/cdn-cgi/image/q=100,f=auto,metadata=none,width=1256,height=844/https://prod.cdn-medias.jeuneafrique.com/medias/2023/06/09/jad20230708-cm-ibrahimahane-tirailleurs.jpg" alt="Tirailleurs sénégalais à Longchamp (Paris) le 14 juillet 1913. &copy; Maurice-Louis Branger/Roger-Viollet"/><figcaption class="wp-element-caption">Tirailleurs sénégalais à Longchamp (Paris) le 14 juillet 1913. © Maurice-Louis Branger/Roger-Viollet</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">« Mon grand-père était un rescapé du Chemins des Dames, où il a perdu ses sept frères de même mère et de même père, raconte Ibrahima Hane. Lui seul est revenu, transformé, aphone, silencieux. Je suppose que le choc qu’il avait vécu l’empêchait de parler. Quand on touchait au sujet de la guerre, il ne l’évoquait qu’avec des généralités. J’étais très attaché à mon grand-père. Il lui arrivait parfois de s’exposer, et je pouvais alors recueillir quelques bribes. Je sais qu’il était passé au fort de Douaumont, occupé pendant huit mois par les Allemands. En revenant, de la guerre il a rapporté, en 1918, une malle contenant ses affaires. À l’intérieur, il y avait la revue des<em> Tirailleurs</em>, des souvenirs, des balles, des cartouches. À sa mort, j’ai hérité de tout cela ; personne n’en voulait. »</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>À la croisée des XIX</strong><sup>e&nbsp;</sup><strong>et&nbsp;</strong><strong>XX</strong><sup>e&nbsp;</sup><strong>siècles</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En vérité, Ibrahima Hane a hérité de bien plus qu’une malle : il a reçu le goût de l’Histoire. Et c’est avec un remarquable talent de conteur qu’il nous entraîne au Tchad à la fin du XIX<sup>e&nbsp;</sup>siècle, nous invite dans le Dakar colonial et nous transporte jusqu’en Rhénanie (Allemagne), après la capitulation allemande. La première phrase des&nbsp;<em>Dieux de la brousse ne sont pas invulnérables</em>&nbsp;donne le ton d’une vaste saga d’amour et de mort : «&nbsp;Le mirador était dressé à l’abri d’un rideau d’arbres, non loin du cadavre de bœuf à moitié dévoré.&nbsp;»</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">LES INFORMATIONS HISTORIQUES ET LES DATES SONT TOUTES VÉRIFIÉES, MAIS LES FAITS, JE LES TRANSFORME UN PEU. J’AVAIS ENVIE D’OFFRIR AU LECTEUR UN PEU D’AGRÉMENT AVEC LA FICTION</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Des cadavres, il y en aura beaucoup dans les 428 pages de ce premier tome où l’on suit les parcours de nombreux personnages – plus d’une quarantaine tout de même ! – et en particulier ceux de Mamadel Ba (« Maréchal des logis, spahi sénégalais, garde personnel du gouverneur et interprète ») et de son fils, lui aussi militaire, Amadou Ba. À travers la vie de ces deux hommes d’une grande rigueur morale et d’une subtile intelligence, Ibrahima Hane nous raconte les affres de la fin d’un siècle et les horreurs qui accompagnent la naissance du suivant.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="700" height="500" src="https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/06/maxresdefault-1.jpg" alt="" class="wp-image-8907" srcset="https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/06/maxresdefault-1.jpg 700w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/06/maxresdefault-1-300x214.jpg 300w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/06/maxresdefault-1-24x17.jpg 24w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/06/maxresdefault-1-36x26.jpg 36w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/06/maxresdefault-1-48x34.jpg 48w" sizes="auto, (max-width: 700px) 100vw, 700px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Le livre commence en effet avec l’histoire terrible de la mission Voulet-Chanoine entamée en janvier 1899. Au cours de cette campagne militaire de triste mémoire, les commandants français semèrent la désolation tout au long de leur périple en massacrant les populations qui ne voulaient pas leur fournir hommes, femmes ou nourriture, voire en exécutant sans raison particulière ceux qui se trouvaient simplement sur leur passage – jusqu’à ce que les deux commandants soient abattus par leurs propres troupes mutinées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Dans ce roman, j’ai voulu parler des tirailleurs sénégalais, mais j’ai aussi raconté la vie de Français de l’époque et j’ai découvert des choses horribles, comme la folie de la mission Voulet-Chanoine, qui devait faire la “jonction de l’Afrique”. Comme elle manquait de moyens, les militaires ont accaparé les ressources trouvées en chemin et ont exploité les populations en commettant au passage des crimes », explique Ibrahima Hane, qui s’est documenté sur Internet et qui a pu, par ailleurs, compulser d’anciennes archives militaires.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La légende de Blaise Diagne égratignée</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Revenu vivant de cette campagne, Mamadel Ba va un temps vivre à Dakar où il entretient une relation de respect avec le gouverneur paternaliste William Merlaud-Ponty (1866-1915), et lui sert de messager quand il souhaite retrouver son épouse sénégalaise Madjiguene Paye… Avec une remarquable virtuosité et un sens aiguë du détail, Hane croise les vies de personnages réels et imaginaires. Aucun d’eux n’est monochrome, aucun n’est caricatural : tous sont vivants, pétris de contradictions. «&nbsp;Les informations historiques et les dates sont toutes vérifiées, mais les faits, je les transforme un peu, confie l’auteur. C’est une forme de pédagogie pour le lecteur, j’avais envie de lui offrir un peu d’agrément avec la fiction.&nbsp;»</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">L’ESSENTIEL DE MON PROPOS, C’EST LA CONDITION DES MILITAIRES SÉNÉGALAIS, EMBARQUÉS DANS DES GUERRES QUI N’ÉTAIENT PAS LES LEURS. JE RÈGLE MES&nbsp;COMPTES AVEC UN TEMPS, UNE SITUATION</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a donc, on l’aura compris, dans cette histoire de bruits et de fureur, des moments d’amour, d’amitié, de trahison, de fidélité… Et certains personnages réels en prennent pour leur grade. C’est le cas de Blaise Diagne, premier député de l’Afrique noire dont Ibrahima Hane égratigne la légende en le montrant sous un jour bien peu favorable. Plus intéressé par sa carrière que par la liberté de ses concitoyens sénégalais, il apparaît comme un ambitieux manipulé par les Français.</p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://prod.cdn-medias.jeuneafrique.com/cdn-cgi/image/q=100,f=auto,metadata=none,width=1256,height=844/https://prod.cdn-medias.jeuneafrique.com/medias/2023/06/09/jad20230708-cm-ibrahimahane-blaisediagne.jpg" alt="Paul Reynaud, ministre des Colonies, et le sous-secrétaire d'état aux Colonies Blaise Diagne, accompagnés de l'architecte Albert Laprade et du sculpteur Alfred Janniot, inaugurent le Palais des colonies à l’Exposition coloniale internationale le 16 mai 1931 à Paris. &copy; Gamma-Rapho-Keystone France via Getty Images"/><figcaption class="wp-element-caption">Paul Reynaud, ministre des Colonies, et le sous-secrétaire d&rsquo;état aux Colonies Blaise Diagne, accompagnés de l&rsquo;architecte Albert Laprade et du sculpteur Alfred Janniot, inaugurent le Palais des colonies à l’Exposition coloniale internationale le 16 mai 1931 à Paris. © Gamma-Rapho-Keystone France via Getty Images</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi William Merlaud-Ponty rappelle-t-il à Blaise Diagne : «&nbsp;Quelle que soit la couleur de votre peau, vous êtes un citoyen français aux yeux de la loi ! Le Sénégal est une colonie française qui a le même statut qu’une région de France. Vous n’êtes donc ni plus ni moins qu’un citoyen français élu député dans une contrée de notre patrie.&nbsp;» Et plus loin, il précise à l’administrateur colonial François Joseph Clozel (1860-1918) : «&nbsp;C’est un message destiné à tous ceux qui rêvent d’indépendance. Blaise Diagne sera leur rêve brisé. C’est un citoyen qui oeuvrera uniquement pour la mère patrie : la France.&nbsp;»</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une histoire portée depuis l’enfance</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Naviguant dans les milieux diplomatiques et militaires avec autant d’aise qu’il décrit la vie quotidienne des Sénégalais les plus pauvres, Ibrahima Hane conduit son récit à travers les grands événements historiques et l’achève après la Première Guerre mondiale, quand nombre de tirailleurs sénégalais furent envoyés en Rhénanie, où ils subirent un violent racisme. « L’essentiel de mon propos, c’est la condition des militaires sénégalais, embarqués dans des guerres qui n’étaient pas les leurs, avec des armes qu’ils ne savaient pas manipuler, dit-il. Je règle mes comptes avec un temps, une situation. »</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Les Dieux de la brousse ne sont pas invulnérables</em> n’est que le premier tome d’une trilogie intitulée <em>Le Monde en gésine. </em>Le second tome, <em>L’Embrasement</em>, est déjà achevé et se déroule entre 1938 et 1945 – sans évoquer le terrible massacre de Thiaroye. Le dernier tome aura pour titre <em>Après le silence des canons</em>… « Cette histoire, je la porte depuis l’enfance, je l’avais dans les tripes, répète Ibrahima Hane. Je voulais la recracher, mais pas sous une forme historique, qui m’aurait bridé. » Nul doute qu’en la lisant, nombreux sont ceux qui découvriront des pans méconnus de l’histoire du Sénégal, et de celle de la France.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="700" height="510" src="https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/06/Les-Dieux-de-la-brousse-ne-sont-pas-invulnerables.jpg" alt="" class="wp-image-8906" srcset="https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/06/Les-Dieux-de-la-brousse-ne-sont-pas-invulnerables.jpg 700w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/06/Les-Dieux-de-la-brousse-ne-sont-pas-invulnerables-300x219.jpg 300w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/06/Les-Dieux-de-la-brousse-ne-sont-pas-invulnerables-24x17.jpg 24w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/06/Les-Dieux-de-la-brousse-ne-sont-pas-invulnerables-36x26.jpg 36w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/06/Les-Dieux-de-la-brousse-ne-sont-pas-invulnerables-48x35.jpg 48w" sizes="auto, (max-width: 700px) 100vw, 700px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’Harmattan Sénégal, 428 pages, 30 euros</strong></p>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph"><strong><em>World Opinions + <a href="https://www.jeuneafrique.com/1450416/culture/itineraires-de-tirailleurs-senegalais/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Jeune Afrique</a></em></strong></p>
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		<title>Livres. « Les sources », l&#8217;implacable dernier roman de Marie-Hélène Lafon sur la violence d&#8217;un mari dans une ferme isolée du Cantal</title>
		<link>https://worldopinions.net/livres-les-sources-limplacable-dernier-roman-de-marie-helene-lafon-sur-la-violence-dun-mari-dans-une-ferme-isolee-du-cantal/8112/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[worldOpinions]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 11 Feb 2023 12:43:22 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le dernier roman de Marie-Hélène Lafon plonge aux sources de son œuvre à travers l'histoire intime d'une famille installée dans une ferme isolée du Cantal, sous le joug d'un mari et père violent.</p>
<p>L’article <a href="https://worldopinions.net/livres-les-sources-limplacable-dernier-roman-de-marie-helene-lafon-sur-la-violence-dun-mari-dans-une-ferme-isolee-du-cantal/8112/">Livres. « Les sources », l&rsquo;implacable dernier roman de Marie-Hélène Lafon sur la violence d&rsquo;un mari dans une ferme isolée du Cantal</a> est apparu en premier sur <a href="https://worldopinions.net">World Opinion | Alternative Média</a>.</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="700" height="500" src="https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/02/Les-sources.jpg" alt="" class="wp-image-8113" srcset="https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/02/Les-sources.jpg 700w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/02/Les-sources-300x214.jpg 300w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/02/Les-sources-24x17.jpg 24w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/02/Les-sources-36x26.jpg 36w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/02/Les-sources-48x34.jpg 48w" sizes="auto, (max-width: 700px) 100vw, 700px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:17px">Le dernier roman de Marie-Hélène Lafon plonge aux sources de son œuvre à travers l&rsquo;histoire intime d&rsquo;une famille installée dans une ferme isolée du Cantal, sous le joug d&rsquo;un mari et père violent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après&nbsp;<a href="https://www.francetvinfo.fr/culture/livres/roman/histoire-du-fils-nouveau-roman-de-marie-helene-lafon-une-fresque-familiale-en-forme-de-puzzle_4047119.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><em>Histoire du fils</em>, Prix Renaudot en 2020,</a>&nbsp;vendu à plus de 160 000 exemplaires, Marie-Hélène Lafon publie&nbsp;<em>Les sources,&nbsp;</em>un court roman dans lequel elle concentre et dessine les sources de tout ce qui fait le sel de son œuvre. Le livre est paru le 5 janvier aux éditions Buchet-Chastel.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L&rsquo;histoire :</strong>&nbsp;une femme, presque trente ans, mère de trois enfants, et un mari. Cette famille en apparence normale vit dans une ferme isolée du Cantal, dans la vallée de la Santoire. Ce samedi de juin 1967, la mère s&rsquo;active dans la maison. C&rsquo;est jour de<em>&nbsp;« grande toilette des enfants »</em>. Il faut faire la lessive, ranger la maison. Se tenir prêt pour la visite le lendemain chez les grands-parents.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant que le père fait la sieste (un répit), elle repense au passé, à son enfance, à ce qu&rsquo;elle est devenue aujourd&rsquo;hui. Elle est mariée depuis huit ans, son corps s&rsquo;est alourdi.&nbsp;<em>« Trente ans, trois enfants, Isabelle, Claire et Gilles, deux filles et un garçon, sept, cinq et quatre ans, une ferme, une belle ferme, trente-trois hectares, une grande maison, vingt-sept vaches, un tracteur, un vacher, un commis, une bonne, une voiture, un permis de conduire »</em>. Sur le papier une belle vie. En vrai, un calvaire qui a démarré&nbsp;<em>« aussitôt après le mariage »</em>. Pour tenir, elle fait des listes, et s&rsquo;y accroche.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">En trois actes</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Marie-Hélène Lafon décrit dans ce roman court, très dense, l&rsquo;intimité d&rsquo;une famille qui vit la violence au quotidien, dans le silence et l&rsquo;isolement, et ses suites. Nous sommes à la fin des années 60, dans une région rurale où&nbsp;<em>« il faut faire semblant devant les gens »</em>, où l&rsquo;orgueil&nbsp;<em>« bloque les mots ».&nbsp;</em>La romancière articule son récit en trois mouvements, autour de la maison familiale. Trois mouvements et trois points de vue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On démarre avec celui de la mère, 1967, dans les jours qui précèdent son émancipation. Puis vient celui du père, dans les années 70, resté seul dans une maison vide, qui rumine&nbsp;<em>« cette drôle d&rsquo;époque »</em>&nbsp;où&nbsp;<em>« les femmes veulent prendre la place des hommes »</em>, et sa nostalgie du Maroc, où il y eut le service militaire, la chaleur, et une femme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le père pense aussi à ses filles, qui réussissent, et à sa tante Jeanne, professeure de mathématiques à Paris, figures féminines lumineuses, et rassurantes, motifs de fierté dans son esprit, tandis que pour son fils, son « garçon »,&nbsp;<em>« il n&rsquo;y voit pas clair, il sent que Gilles est tout du côté de sa mère et de son grand-père maternel ; ils en feront une nouille, pas un homme capable de tenir une ferme ».&nbsp;</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Et enfin dans le troisième et dernier chapitre, on retrouve Claire, la seconde fille devenue adulte, cinquante ans plus tard, à l&rsquo;automne 2021, sur le seuil de sa maison d&rsquo;enfance, celle du calvaire puis des visites alternées, qui vient d&rsquo;être vendue.</p>



<h2 class="wp-block-heading">« Ça passe vite, la vie, le temps »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">D&rsquo;une écriture pressée, chaque mot pesé, à sa place, sans gras, la romancière parvient à suggérer une atmosphère tendue comme un arc par la violence du mari, qui fait régner dans la maison une terreur sourde, dans laquelle chacun mesure ses gestes, son souffle, pour ne pas déclencher&nbsp;<em>« le cirque, la corrida ».&nbsp;</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le deuxième mouvement, plus court, plus relâché, la romancière peint l&rsquo;impuissance et l&rsquo;incompréhension du mari et père. Pas de jugement. On comprend entre les lignes combien pèsent sur tous les injonctions de l&rsquo;époque (<em>« Les femmes suivaient les maris »</em>), combien le milieu rural, agricole, pèse sur les corps,&nbsp;<em>« abîmés »</em>,&nbsp;<em>« viande lourde »,&nbsp;</em>et sur les esprits. Le père sait qu&rsquo;aucun de ses enfants ne reprendra la ferme,&nbsp;<em>« qu&rsquo;il n&rsquo;aura pas de suite »,</em>&nbsp;et c&rsquo;est pour lui une tragédie.<em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le troisième et dernier « acte », court, mais plein de langueur comme une dernière note tenue, apporte un dénouement apaisant.&nbsp;<em>« Claire respire dans la cour l&rsquo;odeur tiède et sucrée des feuilles alanguies »</em>. La cour, l&rsquo;érable, la balançoire n&rsquo;ont pas bougé mais le temps a passé. Claire n&rsquo;entre pas, elle reste à l&rsquo;extérieur, le refuge de son enfance, elle est là pour dire adieu à cette&nbsp;<em>« maison des petites années »</em>, aux&nbsp;<em>« sources »&nbsp;</em>(terme que Claire préfère au mot « racines »), d&rsquo;une vie et aussi d&rsquo;une œuvre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est ici question d&rsquo;émancipation. On l&rsquo;entend dans le texte, remarquablement écrit, mais aussi à travers les ellipses, deux sauts dans le temps, scandés par trois dates qui structurent le roman, donnant à voir en off le chemin parcouru par les différents protagonistes. La construction du livre, trois chapitres de plus en plus courts, appuie cette idée&nbsp;<em>« que ça passe vite, la vie, le temps ».</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">La terre (sa terre, le Cantal), la famille, l&rsquo;émancipation, la transmission, le silence, le langage des corps, des objets, des paysages, les chemins de vie et les mots qui jaillissent comme une source après avoir été retenus…&nbsp;<a href="https://www.francetvinfo.fr/culture/livres/roman/livre-paris-quot-corps-paysans-corps-du-romanquot-la-flanerie-litteraire-de-marie-helene-lafon_3386287.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Tous les thèmes qui occupent Marie-Hélène Lafon depuis ses débuts en littérature</a>&nbsp;sont ici pressés jusqu&rsquo;à en extraire une sève corsée qui irrigue l&rsquo;ensemble de ce grand roman.</p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://www.francetvinfo.fr/pictures/7muRJ-t6CvG8sK4KY61zkRcny2M/fit-in/720x/2023/02/08/63e374c6f385d_img-20221105-105807.jpg" alt="Couverture du roman de MArie-Hélène Lafon, &quot;Les sources&quot;, janvier 2023 (Buchet-Chastel)"/><figcaption class="wp-element-caption">Couverture du roman de MArie-Hélène Lafon, « Les sources », janvier 2023&nbsp;(Buchet-Chastel)</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Les sources</em></strong><strong>, de Marie-Hélène Lafon (Buchet-Chastel, 128 p., 16,50€)</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Extrait :</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">« Elle pense à sa mère et à ses tantes qui disent toujours que ça passe vite, la vie, le temps, les années de jeunesse où on a les enfants petits avec soi dans les maisons. Elle commence à le comprendre, elle déglutit dans le silence de la sieste, elle appuie son menton sur ses mains et ses coudes sur la toile cirée, de part et d&rsquo;autre de son assiette, elle déglutit encore. Bientôt huit années depuis son mariage; elle compte, dans six mois et dix-sept jours, ils se sont mariés le 30 décembre 1959. Elle n&rsquo;aime pas penser à ça, il ne faut pas. Huit ans de mariage, et quatre ans à la ferme, ici, loin de tout, au bout du monde. Elle voudrait se lever, sortir, aller ramasser la lessive, faire ce qu&rsquo;il faut, prendre un peu d&rsquo;avance avant la grande toilette des enfants, la toilette du samedi qui est plus longue quand on descend le lendemain chez les grands-parents, chez elle et chez lui, il faut que les trois soient impeccables, toujours. Son corps pèse. Elle attend. » (<em>Les sources</em>, p.15)</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="700" height="500" src="https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/02/mariehelenelafon.jpg" alt="" class="wp-image-8114" srcset="https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/02/mariehelenelafon.jpg 700w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/02/mariehelenelafon-300x214.jpg 300w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/02/mariehelenelafon-24x17.jpg 24w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/02/mariehelenelafon-36x26.jpg 36w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/02/mariehelenelafon-48x34.jpg 48w" sizes="auto, (max-width: 700px) 100vw, 700px" /></figure>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph"><em><strong>World Opinions &#8211; <a href="https://www.francetvinfo.fr/culture/livres/la-rentree-litteraire/les-sources-l-implacable-dernier-roman-de-marie-helene-lafon-sur-la-violence-d-un-mari-dans-une-ferme-isolee-du-cantal_5645561.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">France Culture</a></strong></em></p>
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		<title>Livres. Giuliano da Empoli reçoit le Grand Prix de l&#8217;Académie française pour son roman « Le Mage du Kremlin »</title>
		<link>https://worldopinions.net/livres-giuliano-da-empoli-recoit-le-grand-prix-de-lacademie-francaise-pour-son-roman-le-mage-du-kremlin/7444/</link>
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		<pubDate>Sat, 29 Oct 2022 11:20:32 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L'écrivain italo-suisse a reçu jeudi le Grand Prix du roman de l'Académie française pour "Le Mage du Kremlin", un récit qui plonge au cœur du pouvoir russe.</p>
<p>L’article <a href="https://worldopinions.net/livres-giuliano-da-empoli-recoit-le-grand-prix-de-lacademie-francaise-pour-son-roman-le-mage-du-kremlin/7444/">Livres. Giuliano da Empoli reçoit le Grand Prix de l&rsquo;Académie française pour son roman « Le Mage du Kremlin »</a> est apparu en premier sur <a href="https://worldopinions.net">World Opinion | Alternative Média</a>.</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="940" height="788" src="https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2022/10/progetto_senza_titolo3.png" alt="" class="wp-image-7445" srcset="https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2022/10/progetto_senza_titolo3.png 940w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2022/10/progetto_senza_titolo3-300x251.png 300w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2022/10/progetto_senza_titolo3-768x644.png 768w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2022/10/progetto_senza_titolo3-24x20.png 24w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2022/10/progetto_senza_titolo3-36x30.png 36w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2022/10/progetto_senza_titolo3-48x40.png 48w" sizes="auto, (max-width: 940px) 100vw, 940px" /></figure>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph">L&rsquo;écrivain italo-suisse a reçu jeudi le Grand Prix du roman de l&rsquo;Académie française pour « Le Mage du Kremlin », un récit qui plonge au cœur du pouvoir russe.</p>



<blockquote class="twitter-tweet"><p lang="fr" dir="ltr">🏆 <a href="https://twitter.com/hashtag/PRIXLITT%C3%89RAIRE?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw">#PRIXLITTÉRAIRE</a><br>Toutes nos félicitations à Giuliano da Empoli qui vient de remporter le Grand Prix du Roman de l’Académie française 2022 pour son roman &quot;Le mage du Kremlin&quot; ! 🎉👏😍<br><br>Découvrez-le ici 👉 <a href="https://t.co/10wScjmUpW">https://t.co/10wScjmUpW</a> <a href="https://t.co/EP7uV9y28k">pic.twitter.com/EP7uV9y28k</a></p>&mdash; Gallimard (@Gallimard) <a href="https://twitter.com/Gallimard/status/1585643914349801473?ref_src=twsrc%5Etfw">October 27, 2022</a></blockquote> <script async src="https://platform.twitter.com/widgets.js" charset="utf-8"></script>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce roman publié en avril aux éditions Gallimard, il dresse un panorama des mécanismes du pouvoir en Russie au cours des 30 dernières années.&nbsp;Giuliano da Empoli, 49 ans, né à Neuilly-sur-Seine, a été le conseiller politique du président du Conseil italien Matteo Renzi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le long monologue qu&rsquo;il imagine dans la bouche du conseiller fictif du Kremlin Vadim Baranov s&rsquo;inspire du parcours de Vladislav Sourkov, cofondateur du parti Russie unie de Vladimir Poutine pour l&rsquo;élection présidentielle de 2001. Vadim Baranov confie le cynisme d&rsquo;un président qu&rsquo;il appelle « le Tsar », l&rsquo;occasion de revenir sur les événements qui ont secoué l&rsquo;histoire de la Russie depuis l&rsquo;éclatement de l&rsquo;Union soviétique en 1991.</p>



<h2 class="wp-block-heading">En lice aussi pour le Goncourt</h2>



<p class="wp-block-paragraph">« <em>Mon livre est vraiment imprégné d&rsquo;une certaine littérature française, qui a sa place à l&rsquo;Académie depuis longtemps, et qui décortique le pouvoir, qui l&rsquo;observe</em>« , a déclaré le lauréat à la presse.&nbsp;Giuliano&nbsp;da Empoli a obtenu neuf voix, contre cinq à Jean Michelin, un militaire de carrière, et trois à la journaliste Pascale Robert-Diard. Ce choix a peu surpris car le prix est présidé par une secrétaire de l&rsquo;Académie française russisante, Hélène Carrère d&rsquo;Encausse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Giuliano da Empoli peut également remporter le 3 novembre le prix Goncourt, dont il est l&rsquo;un des quatre finalistes. Obtenir ces deux prix littéraires la même année est un exploit qu&rsquo;ont réalisé peu d&rsquo;auteurs, car les deux Académies, française et Goncourt, tiennent généralement à l&rsquo;indépendance de leur choix.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce Grand Prix est le plus convoité et prestigieux parmi les nombreux décernés par les Immortels. Il est doté de 10 000 euros.</p>



<blockquote class="twitter-tweet"><p lang="fr" dir="ltr">C’est un parfait hasard, mais je vais commencer aujourd’hui la lecture de l’ouvrage de Giuliano Da Empoli, « Le mage du Kremlin », lauréat hier du Grand Prix du Roman de l’Academie, publié chez <a href="https://twitter.com/Gallimard?ref_src=twsrc%5Etfw">@Gallimard</a>. <a href="https://t.co/mXVcXqFcOO">pic.twitter.com/mXVcXqFcOO</a></p>&mdash; 📚Mémo’Art d’Adrien📚 (@memoart_dadrien) <a href="https://twitter.com/memoart_dadrien/status/1585891022319542273?ref_src=twsrc%5Etfw">October 28, 2022</a></blockquote> <script async src="https://platform.twitter.com/widgets.js" charset="utf-8"></script>



<h3 class="wp-block-heading">Lola Lafon remporte le prix Décembre</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La romancière Lola Lafon a remporté mercredi le prix Décembre pour « Quand tu écouteras cette chanson ». Ce livre sur Anne Frank fait écho à des drames intimes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour cet ouvrage publié par les éditions Stock en août, c&rsquo;est la deuxième récompense, après le prix du roman ou récit français des Inrockuptibles. La critique littéraire a salué la justesse de ce texte, paru dans la collection « Ma nuit au musée ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lola Lafon, 48 ans, a eu le privilège de passer une nuit dans la Maison Anne Frank à Amsterdam, lors de l&rsquo;été 2021. « Cette nuit, je la passerai là où huit personnes, vingt-cinq mois durant, ont dû se plier au silence, en apprendre toutes les nuances, des chuchotements jusqu&rsquo;aux pas feutrés en passant par l&rsquo;immobilité totale », écrit la romancière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Je suis juive ashkénaze et une grande partie de ma famille a disparu dans les camps. J&rsquo;ai beaucoup réfléchi à ça », expliquait Lola Lafon au journal Libération en 2020.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="940" height="788" src="https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2022/10/progetto_senza_titolo3.png" alt="" class="wp-image-7445" srcset="https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2022/10/progetto_senza_titolo3.png 940w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2022/10/progetto_senza_titolo3-300x251.png 300w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2022/10/progetto_senza_titolo3-768x644.png 768w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2022/10/progetto_senza_titolo3-24x20.png 24w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2022/10/progetto_senza_titolo3-36x30.png 36w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2022/10/progetto_senza_titolo3-48x40.png 48w" sizes="auto, (max-width: 940px) 100vw, 940px" /></figure>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph"><em><strong>World Opinions &#8211; Agences</strong></em></p>
<p>L’article <a href="https://worldopinions.net/livres-giuliano-da-empoli-recoit-le-grand-prix-de-lacademie-francaise-pour-son-roman-le-mage-du-kremlin/7444/">Livres. Giuliano da Empoli reçoit le Grand Prix de l&rsquo;Académie française pour son roman « Le Mage du Kremlin »</a> est apparu en premier sur <a href="https://worldopinions.net">World Opinion | Alternative Média</a>.</p>
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		<title>Révolution française : la nuit où tout a basculé</title>
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		<dc:creator><![CDATA[worldOpinions]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 22 Jan 2022 17:30:44 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans un roman à la fois érudit et drôle, Bertrand Guillot raconte le déroulement de la nuit du 4 août 1789, quand les privilèges de l’Ancien Régime furent abolis.</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="660" height="430" src="https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2022/01/22734852lpw.jpg" alt="" class="wp-image-5679" srcset="https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2022/01/22734852lpw.jpg 660w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2022/01/22734852lpw-300x195.jpg 300w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2022/01/22734852lpw-24x16.jpg 24w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2022/01/22734852lpw-36x23.jpg 36w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2022/01/22734852lpw-48x31.jpg 48w" sizes="auto, (max-width: 660px) 100vw, 660px" /></figure>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph">Dans un roman à la fois érudit et drôle, Bertrand Guillot raconte le déroulement de la nuit du 4 août 1789, quand les privilèges de l’Ancien Régime furent abolis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Qui a dit qu&rsquo;il ne se passait jamais rien en août ? En 1789, en tout cas, ce mois d&rsquo;été a été particulièrement chargé ! Deux écrivains nous le rappellent. À l&rsquo;automne dernier, Henri Lœvenbruck évoquait, en marge d&rsquo;un thriller très réussi (<em>L&rsquo;Assassin de la rue Voltaire</em>, XO éditions), la rédaction de la Déclaration des droits de l&rsquo;homme et du citoyen entre le 9 et le 29 août 1789.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En ce début d&rsquo;année, Bertrand Guillot y revient avec un roman historique de belle facture traitant de « la nuit du 4 Août » : cette soirée au cours de laquelle la jeune Assemblée nationale décida, en quelques heures, de « détruire le régime féodal ». Cet événement majeur de l&rsquo;histoire de la Révolution française est peu enseigné au lycée. Il contribua pourtant à abolir les privilèges de l&rsquo;aristocratie (qui bénéficiait jusque-là d&rsquo;exemption d&rsquo;impôts, d&#8217;emplois réservés et de droits particuliers, comme celui de la chasse…) et du clergé. Mais, cette nuit-là, furent aussi annulés d&rsquo;autres privilèges : les statuts spécifiques de certaines villes, dont les habitants jouissaient de prérogatives dérogatoires du droit commun.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;épisode a permis l&rsquo;avènement d&rsquo;un «&nbsp;monde nouveau&nbsp;» plus égalitaire, renvoyant dans les oubliettes de l&rsquo;Histoire le système de quasi-castes&nbsp;qui régissait, jusque-là, la société française. Sans lui, l&rsquo;article&nbsp;1 de la Déclaration des droits de l&rsquo;homme et du citoyen (rédigée par Jean-Joseph Mounier et adoptée par la représentation nationale le 20&nbsp;août 1789) aurait été vide de sens. Si ce texte a finalement pu proclamer que «&nbsp;les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits&nbsp;», c&rsquo;est bien grâce au 4&nbsp;Août.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Des figures historiques oubliées</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Mais alors ? Que s&rsquo;est-il vraiment passé cette nuit-là ? Comment un millier d&rsquo;hommes réunis dans un ancien entrepôt de décors servant aux fêtes royales (l&rsquo;hôtel des Menus-Plaisirs à Versailles) est-il parvenu à ébranler en moins de trois heures cet « Ancien Régime » qui prévalait depuis mille ans dans l&rsquo;Hexagone ? Qui sont les acteurs de ce moment historique ? C&rsquo;est à toutes ces questions que s&rsquo;attache à répondre de manière érudite et joyeuse Bertrand Guillot dans ce livre à la fois intelligent et drôle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Suivant les pas d&rsquo;une douzaine de protagonistes qui jouèrent un rôle clé lors de cette soirée cruciale, l&rsquo;auteur nous fait toucher du doigt la réalité de ces heures folles. Leurs noms sont un peu oubliés aujourd&rsquo;hui, mais ils eurent autant d&rsquo;importance, ce soir-là, que Danton, Robespierre ou l&rsquo;abbé Grégoire plus tard. Ils se nommaient Adrien Duquesnoy, Joseph Delaville, Pierre-François Lepoutre, Isaac Le Chapelier, Jean-Jacques Duval d&rsquo;Eprémesnil, Guy Target, mais aussi Louis Marie Antoine de Noailles, Armand du Plessis, Guy Le Guen de Kerangal, Anne Louis Henri de La Fare, ou encore Jean-Baptiste de Lubersac… Tous jouèrent un rôle décisif en ce 4 août 1789.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Une impressionnante enquête</h3>



<p class="wp-block-paragraph">À la faveur de courts chapitres, écrits tout en nerf, Bertrand Guillot les ressuscite. Son livre se décompose subtilement en trois parties. Dans la premièe, il nous fait découvrir l&rsquo;événement de l&rsquo;intérieur. Dans la deuxième, il rembobine le film pour nous expliquer comment et pourquoi nous en sommes arrivés là. Avant, dans une troisième partie, de nous faire revivre cette inoubliable nuit, avec la même ingéniosité qu&rsquo;un Christopher Nolan, sous un nouveau jour, fort des enseignements que l&rsquo;on vient de glaner.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est en compulsant des centaines de journaux intimes et de correspondances de témoins de l&rsquo;époque, que l&rsquo;auteur a réuni la matière qui lui permet de croquer chacun des protagonistes&nbsp;sur le vif. Multipliant&nbsp;les saynètes cocasses&nbsp;et les dialogues désopilants, Bertrand Guillot convoque des figures variées et multiplie les points de vue afin de&nbsp;trousser un roman effervescent&nbsp;qui restitue l&rsquo;électricité de ces heures décisives.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est la fille du ministre Necker (Germaine, future Madame de Staël) qui observe un à un les débatteurs depuis les tribunes. Ce sont les chroniqueurs de l&rsquo;époque : Le Hodey et Beaulieu qui jouent les éditorialistes politiques avant l&rsquo;heure. Mais également les acteurs eux-mêmes de cette nuit fameuse, les curés Pinelle, Jallet et Chevallier qui, siégeant au premier rang de cette assemblée, ont tout noté de ce qu&rsquo;ils voyaient. Guillot cite même les écrits de Johann (Joachim) Heinrich Campe,débarqué à Paris pour couvrir l&rsquo;événement comme un « envoyé spécial ».</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter"><img decoding="async" src="https://static.lpnt.fr/images/2022/01/21/22734852lpw-22736937-embed-libre-jpg_8513930.jpg" alt=""/><figcaption>Bertrand Guillot, né en 1974, signe là son cinquième roman. Il est également cofondateur du prix littéraire de la Page 111.&nbsp;© Chloé Vollmer-Lo pour Delcourt</figcaption></figure></div>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;abondante documentation rassemblée par l&rsquo;auteur n&rsquo;est jamais pesante. Juste, parfois, un peu étourdissante. Car elle nous est livrée à un train d&rsquo;enfer et nous réserve de nombreuses surprises. Ni Mirabeau ni Sieyès n&rsquo;assistèrent ainsi à cette séance décisive. Ce furent des aristocrates réformateurs qui décidèrent, eux-mêmes, de renoncer à leurs avantages, bientôt suivis par une frange libérale de l&rsquo;Église catholique. Leur audacieuse décision, saluée (et appuyée) par les représentants du tiers état, fut habilement mise en scène au sein du cercle des Bretons qui devait, par la suite se transformer en club des Jacobins.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Théories du complot</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Des théories du complot ne manquèrent pas de fleurir ici et là, dans les milieux les plus conservateurs, pour tenter de discréditer l&rsquo;événement. Et les révolutionnaires employèrent tous les moyens de communication à leur disposition pour contrer les initiatives émanant de l&rsquo;aile la plus réactionnaire du régime, qui tentait d&rsquo;obtenir que le texte&nbsp;émancipateur de l&rsquo;Assemblée ne soit jamais suivi&nbsp;d&rsquo;effets.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Convaincu que ce combat pour une société plus juste n&rsquo;a rien perdu de son actualité, Bertrand Guillot multiplie les parallèles&nbsp;entre&nbsp;1789&nbsp;et aujourd&rsquo;hui. Dépeignant sans caricature des individus qui doutent, des personnages historiques (le roi mais aussi ses ministres) traversés par des envies et des rêves contradictoires, l&rsquo;écrivain rend ces héros étrangement proches. La manière dont il nous restitue ce&nbsp;4&nbsp;août 1789, loin d&rsquo;être binaire et manichéenne, se révèle alors inspirante. Dans un dernier chapitre, particulièrement enlevé, Guillot conclut de manière sentencieuse en évoquant le regard qu&rsquo;on portera sur son travail, dans une génération ou deux&nbsp;: «&nbsp;Un jour, ce livre sera un livre d&rsquo;ancien régime. Il ne s&rsquo;en plaindra pas.&nbsp;»&nbsp;Qui vivra, verra.</p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://static.lpnt.fr/images/2022/01/21/22734852lpw-22736927-embed-libre-jpg_8513931.jpg" alt=""/><figcaption>C’est un État en déficit chronique, où les plus riches échappent à l’impôt. Un régime à bout de souffle. Un peuple à bout de nerfs, qui réclame justice et ne voit rien venir. Un pays riche mais bloqué, en proie aux caprices d’un climat déréglé́. Telle est la France à l’été 1789. Jusqu’à ce qu’en une nuit, à Versailles, tout bascule. C’est la nuit du 4 Août.© DR</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>*L&rsquo;Abolition des privilèges,</strong></em> de Bertrand Guillot, Les Avrils éditeurs, 280 pages, 20 €.</p>



<p class="has-text-align-right has-medium-font-size wp-block-paragraph"><strong>World Opinions <a href="https://www.lepoint.fr/culture/revolution-francaise-la-nuit-ou-tout-a-bascule-21-01-2022-2461506_3.php" target="_blank" rel="noreferrer noopener">+ Le Point</a></strong></p>
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		<title>Livre : “Le Doorman” ou quarante années aux côtés d’un portier new-yorkais</title>
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		<pubDate>Sat, 13 Mar 2021 17:56:45 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Premier roman de Madelein Assas, “Le Doorman”, décrit New York à travers les yeux d’un portier. Il se dévore à toute vitesse, tant il est impossible de s'en détacher.</p>
<p>L’article <a href="https://worldopinions.net/livre-le-doorman-ou-quarante-annees-aux-cotes-dun-portier-new-yorkais/3348/">Livre : “Le Doorman” ou quarante années aux côtés d’un portier new-yorkais</a> est apparu en premier sur <a href="https://worldopinions.net">World Opinion | Alternative Média</a>.</p>
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<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><a href="https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2021/03/Le-Doorman.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="620" height="390" src="https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2021/03/Le-Doorman.jpg" alt="" class="wp-image-3349" srcset="https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2021/03/Le-Doorman.jpg 620w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2021/03/Le-Doorman-300x189.jpg 300w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2021/03/Le-Doorman-24x15.jpg 24w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2021/03/Le-Doorman-36x23.jpg 36w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2021/03/Le-Doorman-48x30.jpg 48w" sizes="auto, (max-width: 620px) 100vw, 620px" /></a></figure></div>



<h3 class="has-vivid-cyan-blue-color has-text-color wp-block-heading">Premier roman de&nbsp;Madelein&nbsp;Assas, “Le&nbsp;Doorman”, décrit New York à&nbsp;travers&nbsp;les yeux d’un portier.&nbsp;Il se dévore à toute vitesse, tant il est impossible&nbsp;de s&rsquo;en&nbsp;détacher.</h3>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:17px">Madeleine&nbsp;Assas&nbsp;a mis quinze ans pour rédiger&nbsp;<em>Le&nbsp;Doorman</em>&nbsp;son tout premier&nbsp;livre.&nbsp;Il raconte l’histoire de Ray, un pied-noir d’origine espagnole.&nbsp;Il a perdu son père en 1942 et sa mère disparu dans une émeute en 1961 à Oran.&nbsp;Fils unique,&nbsp;plus rien ne le rattache alors à l’Algérie.&nbsp;Il décide donc de tout laisser derrière lui pour partir à New York, aux États-Unis.&nbsp;Il débarque en bateau, seul.&nbsp;Après avoir exercé plusieurs métiers, on lui propose de devenir&nbsp;doorman, portier.</p>



<h3 class="has-vivid-cyan-blue-color has-text-color wp-block-heading">Il arpente la ville de part en&nbsp;part</h3>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:17px">Ray s’occupe d’un immeuble de luxe, situé dans une artère mythique de la mégalopole.&nbsp;<em>“Il va passer quarante années dans ce building incroyable”</em>, précise Anne-Marie&nbsp;Revol, journaliste culture sur le plateau du&nbsp;23h&nbsp;du jeudi 11 mars.&nbsp;Taiseux, contemplatif, solitaire, il va observer les habitants de cet immeuble et nouer avec eux des liens plus ou moins forts.&nbsp;En parallèle, il arpente la ville de part en part, entraînant le lecteur dans ses pas.</p>



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<p class="has-text-align-center has-vivid-cyan-blue-color has-text-color wp-block-paragraph" style="font-size:18px"><strong>World Opinions Culture /<a href="https://www.francetvinfo.fr/culture/livres/livre-ledoorman-ou-quarante-annees-aux-cotes-dun-portier-new-yorkais_4330281.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener"> France Culture</a></strong></p>
<p>L’article <a href="https://worldopinions.net/livre-le-doorman-ou-quarante-annees-aux-cotes-dun-portier-new-yorkais/3348/">Livre : “Le Doorman” ou quarante années aux côtés d’un portier new-yorkais</a> est apparu en premier sur <a href="https://worldopinions.net">World Opinion | Alternative Média</a>.</p>
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