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	<title>Archives des Reportage - World Opinion | Alternative Média</title>
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	<title>Archives des Reportage - World Opinion | Alternative Média</title>
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		<title>En Afrique du Sud, un ramadan corsé par les délestages</title>
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		<pubDate>Wed, 19 Apr 2023 18:27:44 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>REPORTAGE. Alors que l’hiver approche, le pays plonge dans une routine de huit à douze heures de coupure de courant par jour qui n’épargne pas les musulmans.</p>
<p>L’article <a href="https://worldopinions.net/en-afrique-du-sud-un-ramadan-corse-par-les-delestages/8562/">En Afrique du Sud, un ramadan corsé par les délestages</a> est apparu en premier sur <a href="https://worldopinions.net">World Opinion | Alternative Média</a>.</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="720" height="520" src="https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/04/24414646l.jpg" alt="" class="wp-image-8563" srcset="https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/04/24414646l.jpg 720w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/04/24414646l-300x217.jpg 300w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/04/24414646l-24x17.jpg 24w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/04/24414646l-36x26.jpg 36w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2023/04/24414646l-48x35.jpg 48w" sizes="(max-width: 720px) 100vw, 720px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:17px">REPORTAGE. Alors que l’hiver approche, le pays plonge dans une routine de huit à douze heures de coupure de courant par jour qui n’épargne pas les musulmans.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quartier de Crosby, à Johannesburg, à majorité musulmane. Un soleil de feu s&rsquo;apprête à se coucher sur la mosquée Masjid Muaaz bin Jabal et ses deux minarets blancs, tandis que les croyants se pressent pour la prière à l&rsquo;appel du muezzin. Certains ont pris un casse-croûte, prêts pour l&rsquo;iftar. Le ramadan se termine dans quelques jours, et cette année il aura apporté son lot de sacrifices supplémentaires : avec la crise énergétique qui empire de mois en mois, les coupures de courant sont de plus en plus longues et fréquentes. Elles sont planifiées par tranches de deux à quatre heures et peuvent être très handicapantes pour les musulmans qui pratiquent le jeûne sacré. « Nous avons treize heures de jeûne pendant la journée. Alors, s&rsquo;il y a une coupure de courant avant 5 heures du matin, on doit manger froid et c&rsquo;est plus difficile de passer la journée, » explique Hammad, ingénieur pour une entreprise de téléphonie.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Manger froid avant le jeûne</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le sehri – repas du matin pendant le ramadan – est aussi le plus compliqué à gérer pour Zahrah Singh, data scientifique de 25 ans. « Normalement, je prends une tasse de thé chaud avec mon sehri mais je n&rsquo;ai pu le faire que cinq fois ce mois-ci. Le ramadan a été complètement différent cette année car les délestages ne sont d&rsquo;habitude pas si importants. Étant une jeune professionnelle qui vient de quitter la maison familiale, je n&rsquo;ai pas les moyens de m&rsquo;offrir les options alternatives du solaire ou de la cuisinière à gaz. Donc je dois aussi souvent rompre le jeûne en prenant un repas à emporter, et ça me coûte cher. » Certaines femmes se plaignent aussi d&rsquo;avoir des difficultés à naviguer autour des coupures pour la préparation des repas, sans que cela affecte leurs prières. Sur les réseaux sociaux, plusieurs appellent l&rsquo;entreprise nationale de production d&rsquo;électricité Eskom à tenir compte du ramadan dans ses plannings de délestage, en épargnant les heures précédant l&rsquo;aube et le coucher de soleil. Des appels demeurés lettre morte alors que la communauté musulmane ne représente que 1,5 % de la population.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les coupures ne gênent pas que les repas, mais aussi les ablutions rituelles avant chaque prière, explique Faizal Suffla, barbe et kufi blancs. Certains habitants se trouvent momentanément privés d&rsquo;eau par les pompes à l&rsquo;arrêt, tandis que d&rsquo;autres ne peuvent pas la réchauffer. « La mosquée dispose d&rsquo;un générateur, mais tout le monde ne peut pas venir se laver ici. Et beaucoup de fidèles, notamment les femmes, font leurs prières à la maison. » Certaines parties du quartier sont parfois privées d&rsquo;électricité pendant plusieurs jours d&rsquo;affilée à cause de dysfonctionnements.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Résilience</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Riaz Nabee, homme imposant drapé dans un qamis (tunique longue) blanc, garde le sourire. «&nbsp;Tout est question de préparation. Il faut encore plus que d&rsquo;habitude anticiper, mais les délestages ne datent pas d&rsquo;hier.&nbsp;»&nbsp;Lui-même a décidé de s&rsquo;affranchir en partie des contraintes du réseau électrique&nbsp;en installant des panneaux solaires sur sa maison. «&nbsp;Ça fonctionne moins la nuit, forcément, mais c&rsquo;est déjà un grand soulagement.&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Islamic Relief South Africa, ONG d&rsquo;assistance aux populations déshéritées, a publié un guide sur son site à l&rsquo;attention des croyants&nbsp;pour les aider à appréhender le jeûne sacré dans les périodes de délestage. «&nbsp;Le ramadan apporte la lumière quand Eskom l&rsquo;a enlevée&nbsp;», introduit l&rsquo;article avec humour. Parmi les recommandations&nbsp;: télécharger le coran sur son téléphone pour ne pas être embêté par l&rsquo;obscurité, garder de l&rsquo;eau chaude dans un thermos pour les ablutions matinales, profiter des coupures pour manger chez les uns et les autres selon le planning du jour&nbsp;et, bien sûr, «&nbsp;se tourner vers Allah&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi que le conclut l&rsquo;imam d&rsquo;une autre mosquée : « le mois de ramadan est un mois de sacrifices. Nous sommes habitués à gérer ce genre de situation, nous faisons avec. »</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Par notre correspondante à Johannesburg, Joséphine Kloeckner &#8211;<a href="https://www.lepoint.fr/afrique/en-afrique-du-sud-un-ramadan-corse-par-les-delestages-18-04-2023-2516771_3826.php" target="_blank" rel="noreferrer noopener"> Le Point Afrique</a></em></strong></p>
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		<title>Autonomisation économique : le long chemin de croix des Africaines</title>
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		<pubDate>Tue, 27 Dec 2022 16:41:58 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>REPORTAGE. Malgré leur dynamisme en tant qu’entrepreneures et leur fort impact économique, les femmes d’Afrique butent plus que de raison sur des obstacles discriminants.</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="660" height="487" src="https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2022/12/23963274lpw.jpg" alt="" class="wp-image-7903" srcset="https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2022/12/23963274lpw.jpg 660w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2022/12/23963274lpw-300x221.jpg 300w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2022/12/23963274lpw-24x18.jpg 24w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2022/12/23963274lpw-36x27.jpg 36w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2022/12/23963274lpw-48x35.jpg 48w" sizes="(max-width: 660px) 100vw, 660px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:18px">REPORTAGE. Malgré leur dynamisme en tant qu’entrepreneures et leur fort impact économique, les femmes d’Afrique butent plus que de raison sur des obstacles discriminants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« <em>No bird can fly with one wing.</em> [Aucun oiseau ne peut voler avec une seule aile]. » Tel est le mantra que répète inlassablement le président de la Banque africaine de développement (BAD), Akinwumi Adesina, lorsqu&rsquo;on l&rsquo;interroge sur les fonds conséquents investis pour l&rsquo;autonomisation des femmes. Depuis plusieurs années, le sujet figure parmi les priorités de l&rsquo;institution panafricaine, à importance égale avec d&rsquo;autres sujets de premier plan tels que les infrastructures ou l&rsquo;énergie. Régulièrement, la BAD lance des initiatives dédiées. Depuis 2016 par exemple, il y a l&rsquo;Affirmative Finance Action for Women in Africa (AFAWA), conjointement avec le Fonds africain de garantie (AGF). Elle vise à combler le déficit de financement qui affecte les femmes en Afrique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un impact économique fort constaté</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Lors de l&rsquo;Africa Investment Forum, la grand-messe de la BAD tenue début novembre cette année à Abidjan, un panel a été consacré à « l&#8217;empowerment » au féminin. Objectif ? Convaincre les investisseurs de placer leur argent sur des projets portés par des femmes. Précision de taille ajoutée : les activités de celles-ci ont davantage d&rsquo;impact sur le développement que celles des hommes. En effet, selon la Banque mondiale, leur taux de participation au marché du travail s&rsquo;élève à 55 %, soit un niveau supérieur à celui observé dans les pays les plus avancés, 53 %, et à la moyenne mondiale, 48 %. Surtout, les femmes réinvestissent jusqu&rsquo;à 90 % de leurs revenus dans l&rsquo;éducation, la santé et la nourriture de leur famille et de leur communauté, contre seulement 40 % pour les hommes, d&rsquo;après la BAD. Logique donc que l&rsquo;institution mette en avant les femmes pour être les dirigeantes de demain. À Abidjan, huit projets présentés dans les salles de transaction virtuelles étaient présentés par des femmes, pour une valeur potentielle d&rsquo;environ 4,93 milliards de dollars.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des freins qui coûtent très cher sur&nbsp;le plan économique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Si l&rsquo;enthousiasme a été de mise, la présidente de l&rsquo;Éthiopie, Sahle-Work Zewde, présente à l&rsquo;événement, a tenu à nuancer. « Nous pouvons faire bien plus », a-t-elle déclaré. « Ce n&rsquo;est pas facile car nous devons toujours, encore plus que les hommes, prouver que nous sommes compétentes. De nombreux secteurs de l&rsquo;économie leur sont encore presque exclusivement réservés. Où que j&rsquo;aille, dans les institutions comme dans les entreprises que je visite, je me pose toujours la même question : Où sont les femmes ? »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Véritable « colonne vertébrale » de l&rsquo;économie, difficile pour les femmes en effet de percer le plafond de verre. Discriminations, manque de moyens, violences de genre et mariages précoces… : les freins perdurent, surtout dans les zones rurales. Et cette situation a un coût. Dans son rapport de 2016 sur le développement humain en Afrique, le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) estime que les inégalités de genre génèrent un manque à gagner de 95 milliards de dollars par an en moyenne en Afrique subsaharienne.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;entrepreneuriat féminin, un atout à exploiter…</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour contourner les obstacles qui entravent leur accès à l&#8217;emploi, les femmes africaines ont une solution : l&rsquo;entrepreneuriat. D&rsquo;après une étude publiée par le cabinet Rolland Berger pour Women in Africa (WIA) en 2018, près de 24 % des Africaines en âge d&rsquo;exercer un emploi sont impliquées dans la création d&rsquo;entreprises. C&rsquo;est bien plus que partout ailleurs. À titre de comparaison, ce taux est de 11 % en Asie du Sud-Est et dans le Pacifique, des régions pourtant parmi les plus pourvoyeuses d&rsquo;entrepreneurs. Chefs d&rsquo;État comme institutions, tous s&rsquo;accordent désormais à faire de l&rsquo;entrepreneuriat au féminin une clé de voûte du développement. En août 2022, la BAD, par l&rsquo;intermédiaire du fonds AFAWA, a approuvé plus de 700 millions de dollars de prêts de rétrocession à 3 000 entrepreneures dans 23 pays différents, via 40 institutions financières. Globalement, l&rsquo;initiative vise à débloquer 5 milliards de dollars sur 5 ans pour soutenir les petites et moyennes entreprises des femmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Outre les institutions, les États eux-mêmes commencent doucement à prendre en compte ce potentiel. Les efforts du Gabon, parti de loin, ont d&rsquo;ailleurs été salués par le dernier rapport « Femmes, entreprises et droits » de la Banque mondiale qui évalue les efforts des pays africains pour l&rsquo;égalité économique entre les hommes et les femmes. Ce pays d&rsquo;Afrique centrale a, par exemple, atteint la note maximale de l&rsquo;indicateur « Entrepreneuriat » en permettant aux femmes d&rsquo;ouvrir un compte bancaire au même titre que les hommes et en facilitant leur accès au crédit grâce à l&rsquo;interdiction des discriminations fondées sur le sexe dans les services financiers. Le Gabon affiche aussi la note de 100 de l&rsquo;indicateur « Travail » puisqu&rsquo;il permet désormais à une femme d&rsquo;occuper un emploi sans l&rsquo;autorisation de son mari.</p>



<h2 class="wp-block-heading">… malgré des financements encore difficiles à trouver…</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré une dynamique bien lancée, les objectifs d&rsquo;égalité sont encore loin d&rsquo;être à bonne portée. D&rsquo;après la BAD, le déficit de financement pour les femmes entrepreneures en Afrique s&rsquo;élève aujourd&rsquo;hui à 42 milliards de dollars. Pour Rajakumari Jandhyala, présidente de YAATRA Ventures, invitée à l&rsquo;AIF, « le problème, c&rsquo;est qu&rsquo;il y a un fossé constant entre la volonté des politiques et celle des investisseurs privés. Ils ont du mal à accorder leurs violons », regrette-t-elle. Et de poursuivre : « C&rsquo;est cet équilibre qu&rsquo;il faut restaurer. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Nigeria, « le gouvernement fait ce qu&rsquo;il peut, il tente des choses », affirme Haowa Bello, fondatrice de la marque de maroquinerie Madame Coquette. « À mes débuts, les autorités m&rsquo;ont versé une aide de 25 000 dollars. C&rsquo;était une belle surprise et ça a permis au moins de se lancer. Si on cherche bien, on peut trouver des financements publics au Nigeria. Du côté des banques, en revanche, je n&rsquo;ai pas reçu le même enthousiasme. » Selon l&rsquo;entrepreneure, « leur confiance est difficile à gagner, cela a toujours été [s]on plus gros problème ». « En tant que femme, on doit travailler deux fois plus pour obtenir leur respect. Surtout en tant que femme célibataire. Quand il n&rsquo;y a ni père ni mari, c&rsquo;est difficile d&rsquo;asseoir sa légitimité », a-t-elle ajouté. Cela dit, après 14 ans aux manettes de Madame Coquette, Haowa Bello est satisfaite. Son atelier fabrique 40 sacs par mois et les affaires « marchent bien » au Nigeria. Son prochain défi, désormais, c&rsquo;est de s&rsquo;agrandir. « Mais là encore, j&rsquo;ai toujours le même problème qu&rsquo;à mes débuts : l&rsquo;accès aux financements. »</p>



<h2 class="wp-block-heading">… et des&nbsp;initiatives tous azimuts</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ces difficultés, les femmes y sont confrontées en milieu urbain comme dans les zones les plus reculées. Dans le secteur agricole, le déficit de financement pour les femmes entrepreneures est, à lui seul, de 15,6 milliards de dollars. Pour parer à cette situation, des initiatives public-privé voient le jour. Le 10 mars 2022, ONU Femmes France a signé une convention de partenariat avec la Fondation Orange autour du projet « Buy From Women ». Ce dernier, qui vise à garantir l&rsquo;autonomisation économique et l&rsquo;amélioration des conditions de vie des femmes en milieu rural, existe depuis 2016. Mais avec le soutien d&rsquo;une entreprise comme Orange, ONU Femmes France se pare « du bagage technique » qui lui manquait, assure Fanny Benedetti, sa directrice exécutive, à Paris. Formation, accès à une plateforme numérique dédiée aux cultures, service d&rsquo;aide aux garanties et accompagnement vers la transition énergétique : le programme est « multidimensionnel ». « Orange nous aide à ce que notre initiative, implantée au Liberia et au Mali, soit utile aux femmes. Construire des projets avec le secteur privé permet de dépasser le caritatif, de construire un modèle qui perdure. Nous ne voulons pas d&rsquo;une coquille vide », indique-t-elle.</p>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph"><strong><em>Par  Marlène Panara &#8211; <a href="https://www.lepoint.fr/afrique/autonomisation-economique-le-long-chemin-de-croix-des-africaines-27-12-2022-2502942_3826.php" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Le Point Afrique</a></em></strong></p>
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		<title>Soudan : l’insoutenable hausse du prix du pain </title>
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		<pubDate>Tue, 05 Apr 2022 16:55:25 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C'est le triplement du prix du pain qui avait poussé des milliers de Soudanais dans les rues en décembre 2018. Peu à peu, les revendications sociales et politiques s'étaient greffées à l'indignation suscitée par cette augmentation. Cela avait amplifié le soulèvement populaire jusqu'à évincer le dictateur Omar el-Béchir, pourtant agrippé au pouvoir depuis 30 ans. </p>
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<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph">REPORTAGE. Depuis le coup d’État d&rsquo;octobre, l’inflation s’est envolée faisant flamber le prix du pain, symbole de la révolution de décembre 2018.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est le triplement du prix du pain qui avait poussé des milliers de Soudanais dans les rues en décembre 2018. Peu à peu, les revendications sociales et politiques s&rsquo;étaient greffées à l&rsquo;indignation suscitée par cette augmentation. Cela avait amplifié le soulèvement populaire jusqu&rsquo;à évincer le dictateur Omar el-Béchir, pourtant agrippé au pouvoir depuis 30 ans. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Or, depuis le coup d&rsquo;État perpétré le 25 octobre, cette denrée centrale des tablées soudanaises s&rsquo;est vue multipliée par dix. La miche qui se vendait 5 livres soudanaises (SDG) en octobre a atteint 50 SDG début avril – soit un passage d&rsquo;environ un centime d&rsquo;euros à 10 centimes d&rsquo;euros d&rsquo;après le taux de change fixé par la Banque centrale soudanaise ce 4 avril. Cette flambée résulte principalement du gel de plus de 4,5 milliards d&rsquo;euros d&rsquo;aide internationale pour sanctionner les auteurs du putsch.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Certains citoyens renoncent au pain</h3>



<p class="wp-block-paragraph">« Le pain est devenu trop cher. Nous devons le remplacer par du riz ou des lentilles », témoigne Aziza Isaq, 39 ans. Cette mère de neuf enfants, dont la petite dernière n&rsquo;a que cinq mois, a récemment perdu son mari. Ses maigres revenus de femme de ménage l&rsquo;ont par ailleurs contrainte à renoncer au lait et partiellement au sucre, dont le prix a doublé en un mois. Ces importantes hausses touchent en effet l&rsquo;ensemble du secteur alimentaire, ainsi que l&rsquo;électricité, le carburant ou encore les transports en commun.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Beaucoup de Soudanais continuent malgré tout à aller acheter leur sac de pains individuels, ronds ou en forme de baguettes. Les habitants du quartier de Manshiya, dans l&rsquo;est de Khartoum, récupèrent leur précieux butin au comptoir vert d&rsquo;eau de Mohamed Ahmed. Propriétaire de trois boulangeries dans la capitale, ce trentenaire emploie treize salariés. Il administre en parallèle un groupe d&rsquo;entraide sur Facebook qui rassemble près de 24 000 boulangers. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette dépendance inquiète également l&rsquo;économiste Mujahid Khalfalla. Ce dernier estime que « les Soudanais consomment 2,7 millions de tonnes de blé par an. Seulement 700 000 kg sont produits localement. Tandis que les trois quarts du blé importé proviennent de Russie et d&rsquo;Ukraine ». Cependant, le chercheur se soucie davantage de l&rsquo;inflation nationale. « La valeur de notre monnaie décline quotidiennement. C&rsquo;est pour cela que le prix du pain augmente, explique-t-il. Il y a évidemment une hausse du prix du blé au niveau mondial liée à la guerre en Ukraine. Mais les prix sont en moyenne multipliés par 1,5 et non par 10 comme au Soudan ! »</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les putschistes impriment plus de billets</h3>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;économiste accuse donc, lui aussi, les putschistes.&nbsp;«&nbsp;Les dépenses du gouvernement, incluant la mise en place de l&rsquo;accord de paix signé à Juba en octobre 2020, devaient être financées par le soutien international. Maintenant que le gouvernement a perdu ces sommes, sa seule option consiste à imprimer plus de billets. Ce qui accroît l&rsquo;inflation&nbsp;», détaille Mujahid Khalfalla.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À court de ressources, les militaires ont dû lever les subventions qui maintenaient auparavant le pain à un coût relativement bas. Une erreur, selon le boulanger Mohamed Ahmed&nbsp;:&nbsp;«&nbsp;L&rsquo;État ne devrait pas libéraliser les prix des produits de première nécessité. Un tiers des Soudanais sont sans-emploi. Leurs conditions de vie et leurs salaires sont modestes. S&rsquo;ils dépensent tout leur argent dans le pain, comment peuvent-ils payer le reste&nbsp;?&nbsp;»&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce 6 avril, les Soudanais retourneront dans les rues pour marquer le troisième anniversaire du sit-in ayant conduit à la chute de l&rsquo;ancien régime. Ils espèrent désormais faire tomber les généraux qui se sont, entre-temps, accaparé le palais présidentiel. </p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="660" height="420" src="https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2022/04/23028133lpw-230283.jpg" alt="" class="wp-image-6153" srcset="https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2022/04/23028133lpw-230283.jpg 660w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2022/04/23028133lpw-230283-300x191.jpg 300w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2022/04/23028133lpw-230283-24x15.jpg 24w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2022/04/23028133lpw-230283-36x23.jpg 36w, https://worldopinions.net/wp-content/uploads/2022/04/23028133lpw-230283-48x31.jpg 48w" sizes="(max-width: 660px) 100vw, 660px" /></figure>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph">World Opinions <a href="https://www.lepoint.fr/afrique/soudan-l-insoutenable-hausse-du-prix-du-pain-05-04-2022-2470907_3826.php" target="_blank" rel="noreferrer noopener">&#8211; Le Point Afrique</a></p>
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