L’Europe est entrée dans une année 2021 destinée à oublier le Covid

Après l’Océanie et l’Asie, le continent européen est entré dans l’année 2021 à coups de feux d’artifice, mais avec des festivités mesurées et sans embrassades pour cause de pandémie de coronavirus.

Rompus à des mois de restrictions voire de confinement en raison du Covid-19, qui a fait plus de 1,8 million de morts dans le monde, les nouvelles vagues épidémiques ont obligé la majorité des habitants de la planète à suivre les célébrations depuis leur canapé.

De Sydney à Rome, ils ont assisté aux feux d’artifice et aux spectacles derrière un écran de télévision ou d’ordinateur à condition que les festivités n’aient pas été annulées.

A Londres, durement touchée, la chanteuse américaine de 74 ans Patti Smith a donné un concert en livestream, en hommage aux soignants du NHS, le système public de santé du Royaume-Uni, décédés du Covid-19. Il a été diffusé en direct sur l’écran du Piccadilly Circus et diffusé sur YouTube. Au même moment, Big Ben a sonné le départ officiel du Royaume-Uni de l’Union européenne.

En Allemagne, dans ses vœux du Nouvel An, la chancelière Angela Merkel a prévenu que cette crise « historique » du coronavirus était appelée à se prolonger en 2021 même si le vaccin apporte de l' »espoir ».

Les Champs-Elysées et la Puerta del Sol vides

Paris a offert l’image de ses Champs-Elysées vides, alors que s’y pressent habituellement des centaines de milliers de personnes le dernier soir de l’année. Une vingtaine de policiers arrêtaient les rares véhicules pour vérifier les attestations dérogatoires des conducteurs et verbaliser les contrevenants.

La France vivait un « Réveillon du 31 » sous couvre-feu, encadré exceptionnellement par 100’000 policiers et gendarmes: tout déplacement entre 20h et 6h – sauf raison professionnelle – était interdit, toute violation du couvre-feu passible d’une forte amende.

A Madrid, l’une des villes d’Europe les plus frappées par la pandémie, la célèbre place de la Puerta del Sol, habituellement bondée aux douze coups de minuit, était vide quand un ancien membre du groupe Mecano, Nacho Cano, y a interprété un morceau au piano, en hommage aux victimes du Covid-19.

C’est depuis leur salon que les Romains ont dû assister aux festivités organisées au Circus Maximus, le plus ancien stade de la capitale italienne. Deux heures de spectacle étaient au programme ainsi qu’une illumination des sites les plus emblématiques. Mais la municipalité avait interdit les feux d’artifice et pétards qui d’habitude résonnent dans les rues et sur les places.

L’Italie est soumise à un confinement jusqu’au 7 janvier avec un couvre-feu à partir de 22h.

En Russie, le président Vladimir Poutine a reconnu dans son discours du Nouvel An qu’une deuxième vague d’infections frappait la nation: « Malheureusement, l’épidémie n’a pas encore été complètement arrêtée. La lutte contre l’épidémie ne s’arrête pas une minute », a-t-il déclaré.

Peu auparavant, une dizaine de personnes avaient comme chaque année nagé dans les eaux glacées du lac Baïkal en Sibérie, bravant des températures extrêmes oscillant entre -26 et -35°C.

Kiribati et Samoa en premiers

Le petit archipel des Kiribati et les îles Samoa, dans le Pacifique, avaient été à 11h les premiers à basculer en 2021, tandis que les îles inhabitées de Howland et Baker devront attendre 26 heures de plus.

La Nouvelle-Zélande – où seules quelques restrictions demeurent, faisant de ce pays l’un des seuls de la planète où les habitants peuvent célébrer le passage à 2021 sans écran interposé – avait suivi une heure plus tard, avec de grandes foules réunies à Auckland pour assister à un feu d’artifice.

Bien que largement épargnées par la pandémie, les nations du Pacifique connaissent un Nouvel An d’un nouveau genre en raison des mesures de fermeture des frontières, de couvre-feu et de confinement.

Pas de spectateurs à Sydney…

A Sydney, la plus grande ville d’Australie, le célèbre feu d’artifice a été tiré à 14h au-dessus de la Baie, mais en l’absence quasi-totale de spectateurs après l’apparition d’un récent foyer de contamination dans le nord de la ville qui totalise quelque 150 cas.

Même le projet d’autoriser à 5000 personnes travaillant en première ligne dans la lutte contre l’épidémie d’y assister pour les remercier de leurs efforts a été abandonné. La plupart des habitants ont donc dû se contenter de le regarder à la télévision en présence d’un nombre de convives limité à cinq.

Des milliers de personnes à Wuhan

A Hong Kong, malgré les restrictions, quelques rares fêtards et fêtardes se sont aventurés sur le front de mer du port Victoria pour faire des selfies.

La ville de Wuhan, en Chine, où le virus est apparu pour la première fois fin 2019, a vu des milliers de personnes se rassembler pour célébrer le Nouvel An. Même scènes à Taipei, capitale de Taïwan, qui a également organisé une célébration plus traditionnelle, avec des foules se rassemblant pour regarder des feux d’artifice.

Dans ses vœux aux Chinois, le président Xi Jinping a affirmé jeudi soir qu’ils avaient écrit « une épopée » par leur combat contre l’épidémie.

À Tokyo, où les habitants sont confrontés à la perspective de l’imposition de l’état d’urgence après un record de 1300 nouvelles infections quotidiennes, les gens faisaient la queue avec des masques et des gardes du visage pour offrir des prières du Nouvel An.

Des lendemains difficiles sont redoutés

A Dubaï, des milliers de personnes se sont réunies pour assister à un spectacle pyrotechnique et laser à Burj Khalifa, la plus haute tour du monde, en dépit de nouveaux cas. Toutes les personnes devaient porter un masque ou s’enregistrer à partir d’un QR code.

A Beyrouth, encore sous le choc de l’explosion meurtrière et dévastatrice du 4 août, les autorités ont également assoupli les mesures. Le couvre-feu a été repoussé à 3h du matin. Les bars, restaurants et boîtes de nuit ont rouvert et organisent de grandes fêtes pour le Nouvel An.

Au Brésil, deuxième pays le plus endeuillé par la pandémie, les festivités ont été annulées cette année à Rio de Janeiro, qui accueille habituellement l’une des plus grandes fêtes du Nouvel An au monde. La célèbre plage de Copacabana s’est trouvée presque vide aux douze coups de minuit, le monde étant tenu à l’écart par la police.

Sur les réseaux sociaux, circulent des vidéos de personnes faisant la fête sans masque et la télévision a diffusé des images de policiers fermant des bars bondés de clients.

De l’autre côté de la ville, des Brésiliens ont illuminé l’horizon avec leurs propres feux d’artifice. Et des manifestants ont crié « Sortez Bolsonaro! » depuis leurs fenêtres à Rio et à São Paulo, les deux plus grandes villes du Brésil, pour protester contre la gestion qu’ils jugent désastreuse de la pandémie par le président d’extrême droite Jair Bolsonaro.

L’optimisme de Joe Biden

A New York, le quartier de Manhattan était bouclé et la foule encouragée à suivre de chez elle le compte à rebours télévisé et les shows de Jennifer Lopez et Gloria Gaynor chargée d’interpréter, à 77 ans, son célèbre titre disco « I will survive » (« Je survivrai »).

Sur Times Square, qui déborde habituellement de personnes euphoriques pour la traditionnelle « tombée de la boule » sous une pluie de confettis, la foule a été remplacée cette année par un groupe de travailleurs en première ligne contre la pandémie, spécialement invités, et séparés par des barricades pour imposer la distanciation sociale.

Le maire Bill de Blasio a évoqué 2020 comme « sans doute la plus dure année de l’histoire de New York ». « En janvier, nous allons vacciner un million de New-Yorkais », a-t-il promis.

Les Etats-Unis sont le pays du monde qui compte le plus grand nombre de morts de Covid. Mais le président élu des Etats-Unis Joe Biden, qui entrera en fonction en janvier, a exprimé son optimisme dans un entretien vidéo accordé juste avant la nouvelle année à ABC: « L’Amérique peut tout faire et je suis absolument confiant, confiant que nous allons revenir et revenir encore plus forts que nous ne l’étions auparavant », a-t-il lancé.

World Opinions News – agences

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