Donald Trump a plus gouverné avec Twitter et Facebook qu’avec l’élite administrative du pays

Les réseaux sociaux ont été des relais complaisants du président américain, diffusant de façon virale ses « fausses nouvelles ». Ils ont fragilisé la démocratie et portent une responsabilité dans la polarisation de la vie politique.

Que l’expérience trumpiste s’arrête en janvier ou qu’elle se poursuive quatre ans de plus, elle ouvre une nouvelle ère : la démocratie au temps des réseaux sociaux. Donald Trump a plus gouverné avec Twitter et Facebook qu’avec l’élite administrative du pays – ceux que John Kennedy appelait « les meilleurs et les plus intelligents ». Il a passé plus de temps à tweeter qu’à recevoir des parlementaires. Sur Twitter, il est en campagne électorale depuis quatre ans, occupé à cultiver ses fidèles et à dénigrer ses adversaires.

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Cela ne veut pas dire qu’il devra son éventuel second mandat aux réseaux sociaux. Mais il s’en est servi pour façonner cette image d’« homme fort qui va protéger l’Amérique du monde extérieur » – pour reprendre la juste expression de la politologue Sylvie Laurent. C’est sur cet autoportrait qu’il a réuni l’électorat républicain – plus que sur un programme. Pas une voix républicaine ne lui manqué. Dans l’exercice, les « réseaux » ont été à son service, plates-formes de relais complaisantes du fatras de « trumperies » qui forment l’univers mental de Donald Trump.

Il a menti dès les premiers jours de 2017. Mais le mensonge, dira-t-on, fait partie de la politique, même en démocratie. Dans la catégorie gros mensonges d’Etat, nombre de ses prédécesseurs, républicains ou démocrates, se sont distingués : Lyndon Johnson et Richard Nixon pendant la guerre du Vietnam ; George W. Bush sur les armes de destruction massive en Irak, pour ne citer que quelques exemples. Trump n’a commis aucune bourde de cette ampleur en politique étrangère. Sa pratique du mensonge est autre.

Par Alain Frachon – lemonde.fr

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